La biotech au firmament

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Les frontières s’estompent entre les "majors" et les nouveaux acteurs. Et ces trois dernières années, même les moins bons produits ont réalisé des performances supérieures à 25%!

Durant les trois dernières années, investir dans un fonds biotech ou pharmaceutique aurait été l’une des meilleures stratégies d’investissement possibles. Même les moins bons produits ont encore réalisé des progressions annuelles supérieures à 25%.

Propagation

Avec des hausses de près de 50% par an, ce sont (sans surprise) deux fonds biotech qui s’arrogent les premières marches du podium, avec une large marge d’avance sur le troisième. Vu l’engouement des investisseurs belges pour les valeurs biotech et les performances historiques de ces fonds, il est d’ailleurs assez étonnant qu’actuellement, seuls quatre fonds de ce type soient accessibles aux investisseurs particuliers.

Cette faible représentation s’explique aussi en partie par l’hybridation de la plupart des fonds pharma ou healthcare. Pratiquement tous comptent aujourd’hui trois ou quatre grandes valeurs biotech parmi leurs 10 principales positions, à savoir principalement Celgene (8 nominations), Biogen (7), Amgen (6), ou Gilead (5). Il ne faut toutefois pas s’y tromper, la volatilité des fonds biotech reste encore significativement plus importante que celle des fonds plus généralistes. Il ne faut donc les conseiller qu’à des investisseurs capables de supporter des variations de cours parfois fort élevées.

Certaines stratégies sont néanmoins plus diversifiées. Le fonds Pictet Generics n’investit par exemple que dans des producteurs de médicaments génériques. C’est également le seul produit qui a moins de 50% d’actifs sous gestion investis aux Etats-Unis. De même, un fonds comme Polar Capital Healthcare Opportunities cherchera des opportunités de croissance dans tous les segments du marché, que ce soit dans l’assurance, les technologies médicales, les génériques ou les biotechs. Enfin, tous les fonds repris dans le classement affichent des actifs sous gestion supérieurs à 350 millions de dollars. Pas de place ici pour les poids plumes.

Optimisme

Avec des rapports cours/bénéfice qui tournent actuellement autour de 22 pour les 10 fonds repris dans le classement, il est important de savoir si ce mouvement haussier n’est pas en train de toucher à sa fin, en particulier pour le secteur biotech. "Je pense que le secteur va encore continuer à réaliser une performance supérieure au reste du marché, à un rythme qui sera peut-être un peu moins soutenu que durant les cinq dernières années", souligne Rudi Van den Eynde, gestionnaire du fonds Candriam Equities Biotechnology.

Le fonds de Candriam est récemment revenu sur Galapagos, avant l’annonce des très importants résultats du programme d’essais cliniques de Phase II, qui devraient être publiés dans les prochains mois. "Si les données sont très fortes, le cours de 20 euros pourrait être considéré comme un très bon niveau d’entrée, souligne Rudi Van den Eynde. Le fait que de nombreux patients aient choisi de poursuivre le traitement à la fin de la Phase II constitue un bon indice qu’un résultat négatif serait très surprenant."

Le gestionnaire estime que les facteurs qui ont justifié cette performance remarquable resteront en grande partie présents dans le futur. "La capacité du secteur à répondre à des besoins thérapeutiques inédits ou à découvrir des traitements plus efficaces que les médicaments disponibles, resteront des éléments prépondérants pour la performance du secteur". Rudi Van den Eynde est également confiant dans la capacité des groupes biotechs à négocier des prix élevés pour des traitements innovants, un facteur essentiel pour permettre la poursuite de l’innovation thérapeutique.

Dans le même temps, le gestionnaire de Candriam voit également un bon œil l’arrivée de génériques bio-similaires pour les traitements des groupes biotech: cela va permettre de faire baisser les prix de ces traitements onéreux. "Les groupes qui seront les plus exposés à cette problématique seront les plus anciens des groupes biotech, comme Amgen ou Genentech (qui fait partie désormais de Roche). Il faudra toutefois réaliser des essais cliniques très importants pour convaincre les médecins que les produits sont comparables, ce qui limitera la pression sur les prix (à environ 30%) par rapport à ce que l’on a connu sur les médicaments traditionnels, où un marché pouvait pratiquement disparaître du jour au lendemain."

Pharmacie

Pour ce qui est des groupes pharmaceutiques plus traditionnels, Daniel Mahony, co-gestionnaire du fonds Polar Capital Healthcare Opportunities, souligne "ne pas être négatif sur les grandes valeurs pharmaceutiques en tant que telles, mais préférer d’autres segments du marché qui présentent plus de perspectives de croissance. Sur les majors, il faudra être attentif à préférer les groupes qui dégageront une croissance supérieure dans le futur." Roche et Johnson & Johnson se retrouvent à six reprises parmi les dix premières positions, suivis par Merck, Novartis et Bayer avec quatre nominations. Lourde défaite franco-britannique, GlaxoSmithkline et AstraZeneca ne récoltent aucun vote, tandis que Sanofi n’en remporte qu’un.

"Je ne pense pas qu’il y ait une bulle sur le secteur à l’heure actuelle", souligne Rudi Van den Eynde (Candriam). Contrairement à ce que l’on a pu voir au niveau des valeurs internet à la fin des années 90. Les grandes sociétés de biotech bien établies, ("les doyens") sont très rentables, et peuvent être valorisées comme n’importe quelle autre société. "Avec un rapport cours/bénéfice moyen de 19 pour les résultats attendus en 2015, la valorisation de ces sociétés est encore loin d’être excessive", en particulier en comparaison avec les multiples élevés du secteur TMT au début du nouveau millenium.

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