"La volatilité sera au rendez-vous en 2019"

Selon Paul Donovan (UBS), la consommation restera soutenue aux Etats-Unis, grâce à la faiblesse du taux de chômage. ©REUTERS

Paul Donovan (UBS) s’attend à un contexte 2019 favorable aux actions mais aussi à une persistance de la volatilité. Il faudra donc veiller à la diversification des risques.

"Les perspectives pour l’économie globale n’ont pas été fondamentalement modifiées ces derniers mois, et elles restent raisonnablement bonnes alors que nous allons débuter une nouvelle année", indique Paul Donovan, global chief economist du groupe UBS. Aux Etats-Unis, la consommation domestique restera largement soutenue par la faiblesse du taux de chômage. "Suite à l’épuisement des effets du plan fiscal de Donald Trump, la progression de l’activité économique devrait toutefois retomber entre 2 et 2,5% en 2019."

Dans le même temps, la faiblesse récente des cours pétroliers devrait permettre à l’inflation américaine de rester sous contrôle et à la Fed, la banque centrale américaine, de limiter la hausse de son taux directeur à trois ou quatre relèvements en 2019, avant de faire une pause au début 2020. Le seul élément qui pourrait remettre en cause cette problématique sera une attitude plus agressive sur les tarifs douaniers.

"Je ne pense toutefois pas que cela sera le cas. Je m’attends à une forme d’accord avec les autorités chinoises lors de la prochaine réunion du G20", précise Paul Donovan, qui souligne aussi que ce protectionnisme est une "politique d’un autre siècle".

"Les entreprises ont subtilement réussi à modifier leurs chaînes logistiques pour éviter une grande partie de l’impact économique des tarifs qui ont été jusqu’ici mis en place. Entre 50 et 75% des tarifs déjà mis en place auraient ainsi été évités par les entreprises", constate Paul Donovan. Et de souligner que "la problématique autour des tarifs douaniers concerne davantage les marchés financiers que l’économie réelle".

Croissance soutenue en Europe

Au niveau de la zone euro, il souligne que la faiblesse du troisième trimestre devrait être compensée par un rebond rapide au quatrième. "Les données en provenance du secteur automobile allemand semblent indiquer que ce scénario est probable. Avec un marché du travail qui reste bien orienté et des revenus qui sont en hausse, la croissance économique devrait rester soutenue."

Dans cette optique, il s’attend à ce que le successeur de Mario Draghi s’engage dans une normalisation des taux à partir de septembre 2019.

Le cas italien ne semble pas inquiéter Paul Donovan, qui souligne le caractère essentiellement domestique de la dette transalpine. "L’Italie reste un pays riche, avec un patrimoine qui est quatre fois plus élevé que la dette publique. Le pays a les moyens de résoudre ses problèmes, d’autant que le refinancement de la dette continue de permettre une baisse régulière de son coût financier". Il indique toutefois qu’à plus long terme, le problème de l’endettement pourrait devenir plus problématique si le pays affiche un déficit budgétaire élevé. "Je ne suis toutefois pas convaincu que l’équipe dirigeante parviendra à se maintenir au pouvoir jusqu’à cette échéance. Les changements de gouvernement sont relativement fréquents dans ce pays."

"La croissance des résultats des entreprises cotées tournera autour de 9% au niveau global en 2019."
Paul donovan
UBS

Enfin, Paul Donovan souligne que la Chine continuera à contrôler étroitement sa croissance économique, qui devrait toutefois continuer à ralentir vers 5%. "Dans ce contexte, l’Asie du Sud-Est devrait enregistrer un ralentissement, qui ne devrait toutefois pas être dramatique."

Limiter la volatilité

Au niveau de la politique d’investissement, Paul Donovan souligne que les obligations souveraines resteront à éviter. "En relatif, les marchés d’actions devraient mieux se comporter, avec une croissance des résultats attendue autour de 9% au niveau global en 2019. La volatilité devrait toutefois rester au rendez-vous, et la progression ne sera pas continue. Il conviendra donc de rester diversifié et de mettre en place des stratégies afin de limiter la volatilité dans les portefeuilles."

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