Le marché belge des fonds décroche un record après 10 ans

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Grâce à l’énorme popularité des fonds mixtes, le secteur des fonds va enfin retrouver cette année son niveau de fin 2006.

À la fin de l’an dernier, le marché belge des fonds comptabilisait 177,2 milliards d’euros d’investissements. Le record de la fin 2006, soit 179,1 milliards d’euros, est donc à portée de main et ce, grâce à la popularité des fonds mixtes et à la hausse des Bourses.

Près de 10 ans après la crise des crédits, l’aversion au risque commence à s’estomper. "De plus en plus d’épargnants troquent leur compte d’épargne (qui ne rapporte quasi plus rien) pour des investissements, en commençant par des fonds mixtes", explique Hugo Lasat, président de l’association professionnelle des gestionnaires de fonds, la Beama. Les fonds mixtes investissent dans un large éventail de classes d’actifs, allant des actionsaux obligations. À la fin de l’an dernier, ils représentaient 76,7 milliards d’euros.

Parmi les fonds mixtes, les fonds faîtiers ont le vent en poupe. Certaines banques lancent des fonds de fonds sur la base d’un profil de risque prédéfini et investissent exclusivement dans leurs propres fonds maison. D’autres fonds faîtiers investissent dans des fonds de tiers et modifient leur stratégie en fonction des conditions du marché. "Les fonds faîtiers permettent aux investisseurs de réduire l’impact des coûts et des taxes (boursières) à long terme", explique Hugo Lasat.

Certains investisseurs vont encore plus loin et optent résolument pour des fonds d’actions. Au quatrième trimestre de 2016, cette catégorie s’est enrichie de 6,9 milliards d’euros, en particulier grâce à des souscriptions nettes, constate la Beama. Cette remontée a permis de compenser une grande partie du recul observé en 2015. Les fonds obligataires ont également affiché une hausse en 2016, mais le quatrième trimestre a montré quelques faiblesses suite à des flux sortants nets.

Le retour du goût du risque se manifeste également par le recul des fonds monétaires. Dans cette catégorie, les investisseurs institutionnels donnent le ton. En 2015, les turbulences du marché ont poussé certains fonds vers une stratégie de "surveillance du niveau plancher". En d’autres termes, ils ont vendu des actions et placé cet argent dans des fonds monétaires. Cette stratégie a été abandonnée l’an dernier. Résultat: les fonds monétaires ont vu s’échapper 14 milliards d’euros.

Comment la Belgique s’en sort-elle par rapport aux autres pays européens? "Si vous comparez la dynamique du marché des fonds européens avec la Belgique, vous constatez que notre pays s’est heureusement remis au diapason des tendances européennes. L’actif net en Belgique a ainsi augmenté entre 2013 et aujourd’hui, avec une belle envolée ces dernières années. Alors qu’entre 2009 et 2012, le marché belge des fonds affichait un sérieux retard sur le peloton européen", explique la secrétaire générale de la Beama, Josette Leenders.

Il faut dire que l’augmentation sensible de la fiscalité sur les fonds a laissé des traces. En particulier la "Taxe Reynders" (introduite en 2006), qui porte sur les revenus d’intérêts des fonds obligataires, mais qui a été nettement élargie depuis, à la fois au niveau des taux (qui sont passés de 15 à 30%), de la base taxable (des revenus d’intérêts aux plus-values) et de sa portée (des fonds obligataires aux fonds mixtes comprenant au moins 25% d’obligations). Et ces taxes ont été introduites au moment où les Belges étaient plus allergiques au risque que leurs alter egos européens.

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