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analyse

Les 5 choses à retenir des fonds au premier semestre

America first, aussi en Bourse. ©Photo News

Alors que l’année 2017 avait été dominée par les fonds exposés aux actions européennes et asiatiques, les six premiers mois de 2018 ont vu le retour au premier plan des actions américaines avec pas moins de 33 fonds dans les 100 meilleurs produits commercialisés dans le retail en Belgique. Le secteur technologique fournit le deuxième plus important contingent avec 17 fonds, suivi par les fonds exposés aux actions internationales avec 12 produits.

Si le Japon et l’Europe sont parvenus à placer quelques fonds en ordre utile, c’est surtout l’absence des fonds asiatiques et émergents qui est remarquable, à l’exception de trois fonds exposés à l’Afrique et au Moyen-Orient. Enfin, de nombreux secteurs se sont distingués, avec notamment l’énergie, la consommation (et plus particulièrement le luxe) et la santé.

Pour établir ce classement, nous avons éliminé les fonds explicitement indiciels, les fonds protégés contre la baisse de l’euro face au dollar, les fonds dont le ticket d’entrée est trop élevé pour être considérés comme des produits destinés au grand public (typiquement ceux dont le seuil d’entrée dépasse les 15.000 euros), ainsi que les produits dont les actifs sous gestion ne dépassent pas 10 millions d’euros.

©Mediafin

Nous avons également donné la préférence au compartiment libellé en euro (quand il était disponible) ou dollar ainsi qu’aux fonds de capitalisation. Enfin, pour chaque classe d’actifs, nous avons limité le nombre de fonds éligibles à un seul par gestionnaire, en conservant celui affichant la meilleure performance semestrielle.

1. Domination de BNP Paribas AM

Avec huit fonds repris dans le classement, BNP Paribas Asset Management a réalisé la performance la plus convaincante en plaçant des fonds dans pratiquement toutes les grandes catégories qui ont dominé ce panorama semestriel. Les circonstances ont été particulièrement difficiles pour les gestionnaires d’actifs et il n’est donc pas étonnant de retrouver des gestionnaires réputés pour leur gestion active comme Fidelity, Comgest, T.Rowe Price ou Franklin Templeton parmi les gestionnaires les plus présents dans le classement.

2. America first

Après un exercice 2017 décevant, les actions américaines ont repris le devant de la scène, avec une forte performance des grandes capitalisations de croissance, mais également des petites et moyennes capitalisations. C’est d’ailleurs sur ce dernier segment que la meilleure performance semestrielle a été enregistrée. Les mesures de soutien de Donald Trump devraient bénéficier plus directement aux entreprises domestiques, avec une croissance des résultats par action qui devrait atteindre 25% sur l’exercice en cours.

3. Faible performance moyenne du top 100

La progression moyenne de 11,8% des 100 fonds repris dans notre classement est la plus mauvaise performance semestrielle depuis que nous réalisons ce classement. Par exemple, à la fin des six premiers mois en 2016 et 2017, la performance moyenne des fonds du top 100 avait été respectivement de 26% et de 19%. Ceci confirme que le premier semestre a été particulièrement difficile à négocier, avec des écarts de performance très importants au sein d’une même classe d’actifs.

4. Les thématiques ont la cote

La mode des fonds thématiques ne devrait pas connaître de ralentissement durant les prochains mois. Parmi les 17 fonds technologiques qui sont entrés dans le top 100, de nombreux produits sont exposés à une thématique bien précise, notamment la robotique (Crédit Suisse), l’intelligence artificielle (Allianz), les Fintech (Robeco), les sociétés disruptives (Parvest) ou l’économie digitale (Axa IM et Pictet AM).

5. Flop des émergents

Les marchés émergents ont très largement dominé le classement des plus mauvaises performances trimestrielles, notamment les fonds exposés à un pays isolé (en principe plus vulnérable qu’un fonds plus diversifié). Plus particulièrement, les fonds en actions turques ont encaissé des reculs moyens supérieurs à 25%. Le pays est fortement dépendant des financements étrangers avec un déficit important de la balance courante, la dette du pays pourrait voir sa note dégradée par les agences de notation durant les prochains mois en raison des incertitudes sur la politique économique, et la lire turque a plongé ces derniers mois en raison de la force du dollar avec une inflation qui atteint des niveaux affolants. Les fonds en actions brésiliennes (et exposés à l’Amérique latine), indiennes ou indonésiennes ont également enregistré des reculs tournant autour de 15%.

Fonds flexibles qui pleurent, fonds income qui rient

©Mediafin

Les fonds mixtes flexibles, qui ont théoriquement l’opportunité d’augmenter la proportion détenue sur les marchés boursiers, ont connu un premier semestre encore plus difficile, avec un recul moyen de 1,35% pour les 21 fonds composant notre échantillon. Une petite poignée de produits a dégagé une performance positive, BlackRock Global Allocation affichant la meilleure performance.

Pas moins de 7 fonds ont affiché un recul supérieur à 2%, ce qui n’est pas spécialement une bonne nouvelle pour des produits supposés protéger les investisseurs contre les remous sur les marchés. En terme d’actifs sous gestion, ils ont reculé (parfois significativement) pour 7 fonds, tandis que trois produits (M&G Dynamic AllocationFlossbach von Storch Multiple Opportunities et DNCA Eurose) ont concentré l’essentiel de la croissance. Dans l’ensemble, les actifs des 21 fonds de notre échantillon ont fondu de plus de 4,5 milliards d’euros.

Une partie des flux perdus par les grands fonds flexibles s’est dirigée vers les fonds mixtes "income" qui proposent un revenu (trimestriel ou annuel) à leurs investisseurs. Si ces produits ont connu un premier trimestre encore plus difficile (avec des reculs moyens de 3,3%), ce recul s’explique en partie par un dividende moyen proche de 5%, avec des actifs sous gestion pour les sept fonds de notre échantillon qui ont progressé de plus de 2 milliards d’euros. Il y a donc clairement eu un arbitrage des investisseurs vers des formules qui proposent une rente régulière dans un environnement troublé où les fonds flexibles ont peiné à dégager la moindre performance pour leurs investisseurs.

©Mediafin

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