Les actifs alternatifs également accessibles aux investisseurs particuliers

Les projets d’infrastructure cotés sont connus en Belgique grâce notamment à la société anversoise TINC (The Infrastructure Company). ©Tinc

À la Bourse de Londres, on trouve des sociétés d’investissement spécialisées dans les placements alternatifs, comme les projets d’infrastructure.

Le discours marketing est bien rodé. Quelles sont les perspectives de rendement des obligations pour les cinq prochaines années? Le gestionnaire britannique Aberdeen Standard Investments pense qu’elles sont de 0%. Que devraient rapporter les actions pendant cette même période après pratiquement dix années de hausse boursière? 2,5% par an selon le même gestionnaire. Ceux qui souhaitent obtenir un rendement plus élevé n’ont donc d’autre choix que de se tourner vers des investissements alternatifs.

Les gros investisseurs tels les fonds de pension et les universités ont fait ce choix il y a des années: ils investissent dans des actifs comme l’immobilier, les infrastructures ou le leasing d’avions. Ceux-ci sont qualifiés "d’alternatifs" parce qu’en temps de crise, ils réagissent différemment des actions et des obligations. Le hic, c’est que les actifs alternatifs ont souvent des seuils d’accès plus élevés et sont moins liquides.

Ces dix dernières années, l’immobilier s’est cependant démocratisé et est devenu plus liquide suite à l’émergence des REIT, des gestionnaires immobiliers cotés. En Belgique, on les appelle SIR, ou Sociétés Immobilières Réglementées. "Mais il existe d’autres actifs alternatifs. La Bourse de Londres s’est spécialisée dans ce segment en cotant les sociétés d’investissement et les fonds d’investissement alternatifs", explique Mike Brooks, responsable des investissements alternatifs chez Aberdeen Standard Investments.

©Mediafin

Notre tableau montre la forte croissance en Bourse de Londres de ces véhicules d’investissement. L’immobilier représente une part importante de ces placements, mais le Private Equity (actions de sociétés non cotées) n’a pas grand-chose à lui envier, pas plus que les infrastructures et les crédits. Ce segment fait partie du vivier préféré de Mike Brooks pour la gestion des fonds multi-asset Aberdeen Global — Diversified Growth Fund et Aberdeen Global — Diversified Income Fund. "Grâce à la cotation en Bourse, nous pouvons réaliser des investissements alternatifs, tout en offrant aux investisseurs la possibilité d’entrer ou de sortir quand bon leur semble", explique Mike Brooks.

Les fonds multi-asset
  • investissent dans d’autres actifs que les actions et les obligations. Ils sont donc différents des fonds mixtes classiques. Dans le nom de ces fonds, on retrouve souvent le terme "multi-asset" ou "allocation".
  • sont devenus plus populaires ces dernières années. Les investisseurs apprécient leur diversification.
  • s’adressent aux investisseurs qui visent une croissance du capital ou des revenus, mais avec une volatilité inférieure à celle des marchés boursiers.

Auparavant, les fonds mixtes se composaient traditionnellement de 50% d’actions et de 50% d’obligations. "Ces 30 dernières années, cette combinaison a permis de réaliser un rendement annuel de 7%. Nous souhaitons offrir un rendement annuel de 5% avec nos fonds. Je pense que notre objectif est réalisable si nous nous écartons de la répartition traditionnelle entre actions et obligations", poursuit Mike Brooks. Les deux fonds mixtes cités plus haut investissent à hauteur de 25% dans des obligations de marchés émergents, près de 20% en actions et le solde dans des véhicules alternatifs.

Infrastructure

Les projets d’infrastructure cotés sont connus en Belgique grâce notamment à la société anversoise TINC (The Infrastructure Company). "Je ne connais pas cette société, reconnaît Mike Brooks lors de sa visite à Bruxelles. Mais nous investissons depuis 2003 dans The Renewables Infrastructure Group, qui représente une capitalisation boursière de 1,2 milliard de livres sterling. Le groupe investit dans des parcs éoliens et solaires au Royaume-Uni, en Irlande et en France. Les revenus proviennent de subsides publics et de la vente d’électricité." Le portefeuille était également investi dans John Laing Infrastructure Fund, mais ce fonds a fait l’objet d’un rachat dans le courant de l’année.

Il est possible aussi d’investir dans le leasing d’avions via la société Doric Nimrod Air, cotée à Londres. Ce groupe possède quatre Airbus A-380 loués à long terme à la compagnie Emirates Airline. "Le rendement actuel du dividende est de 8,1% brut. Le principal risque se situe au niveau de l’évaluation du prix de revente des avions à la fin du contrat de leasing. Avant d’investir dans ce type d’entreprise, nous devons être certains de payer un prix qui nous donne une marge de sécurité suffisante en cas de surévaluation", explique Mike Brooks.

Un secteur moins connu chez nous est la "litigation finance", ou financement de litiges juridiques. "Nous investissons à Londres dans le groupe Burford, qui finance le coût de nombre d’affaires judiciaires et partage les gains éventuels. C’est une activité qui est clairement décorrélée des tendances macroéconomiques. C’est pourquoi elle nous intéresse", poursuit Mike Brooks.

Royalties

Autre domaine assez confidentiel: les prêts au secteur biotechnologique garantis par des royalties. BioPharma Credit ambitionne d’engranger un rendement annuel de 8 à 9% en achetant ces obligations d’un genre particulier. "Les entreprises biotechnologiques sont toujours à la recherche de capitaux et donnent volontiers leurs futures royalties en garantie pour une émission obligataire. C’est moins cher qu’un emprunt bancaire. Mais c’est clairement un secteur réservé aux spécialistes. Le risque se situe au niveau d’une éventuelle sous-estimation des royalties. Mais une fois de plus, c’est une activité qui n’est pas liée au reste des marchés. Et c’est ce que nous recherchons", conclut Mike Brooks.

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