"Les élections présidentielles aux USA pourraient faire reculer le dollar"

Le principal risque pour le marché obligataire est une victoire de Biden avec Trump refusant de reconnaître sa défaite, estime Jim Leaviss, de M&G Securities. ©REUTERS

"Les élections américaines pourraient avoir d’importantes conséquences sur les marchés obligataires et le dollar. Le plus grand risque en cas de victoire de Joe Biden serait qu’elle ne soit pas reconnue par Donald Trump", explique Jim Leaviss, stratège en chef des investissements à taux fixe chez M&G Investments.

1 Quel est l’impact potentiel des élections américaines sur les marchés obligataires?

Jim Leaviss: «Je considère ces élections comme le principal événement de l’année pour les marchés obligataires et les devises. Joe Biden reste le favori, mais rien n’est certain. Et en réalité, le nom du vainqueur n’a pas beaucoup d’importance, car on sait que les deux candidats sont prêts à augmenter les émissions de Bons du Trésor. S’il remporte les élections, Joe Biden devrait dépenser plus en faveur des soins de santé, des plus pauvres et des infrastructures. Avec Donald Trump, nous devrions avoir beaucoup plus d’émissions d’obligations souveraines, mais elles seront utilisées pour réduire les impôts. Le principal risque pour le marché obligataire est toutefois une victoire de Biden avec Trump refusant de reconnaître sa défaite. Cela minerait la confiance dans les autorités, un problème dont les marchés obligataires et les devises peuvent se passer. Si ce scénario se réalise, nous pouvons nous attendre à des ventes massives de dollars et à une correction importante au niveau des actifs américains.»

"En réalité, le nom du vainqueur n’a pas beaucoup d’importance, car on sait que les deux candidats sont prêts à augmenter les émissions de Bons du Trésor."
Jim Leaviss
M&G Investments

2 Comment cette analyse se reflète-t-elle dans votre portefeuille?

Leaviss: «Une partie importante du portefeuille reste investie dans des obligations souveraines. Et malgré le risque que nous venons d’évoquer, les Bons du Trésor américains représentent encore notre principale position. Les importants stimuli monétaires décrétés dans de nombreux pays devraient maintenir les taux bas pour les obligations souveraines, ce qui augmente encore leur pouvoir d’attraction dans un environnement “risk-off”. Par ailleurs, nous avons réduit notre exposition aux obligations d’entreprises. Nous restons positifs – mais sélectifs – envers les obligations de marchés émergents. Les taux bas dans les pays développés augmentent l’attractivité des taux élevés des marchés émergents. Même si les défauts de paiement peuvent augmenter dans ces pays, nous y voyons encore des opportunités. Par ailleurs, la croissance économique des pays émergents reste plus élevée que celle des pays développés et l’évolution de leur démographie constitue également un atout

3 Quelle est la répartition des différentes devises au sein de votre portefeuille?

Leaviss: «Pendant l’été, nous avons augmenté notre exposition à l’euro au détriment du dollar américain, parce que le Vieux Continent semble mieux gérer la crise sanitaire que d’autres grands pays comme les États-Unis. Nous estimons également que le dollar américain, qui s’est bien comporté plus tôt cette année, a perdu de son attrait à cause de la politique monétaire de la Réserve Fédérale, avec entre autres des taux très bas. Au cours du mois de septembre, l’appréciation de l’euro par rapport au dollar US a rééquilibré les niveaux de valorisation, ce qui nous a poussés à convertir en dollars plusieurs positions en euros. Par ailleurs, nous avons converti en euros plusieurs positions en livres sterling, à cause de l’augmentation du risque de “no deal” dans les négociations sur le Brexit. Nous sommes également prudents par rapport aux obligations d’entreprises, ce qui se traduit par la sous-pondération des obligations à haut rendement, tant européennes qu’américaines.»

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