Publicité
Publicité

Les fonds de pension belges ont résisté à la crise de la dette étatique

Malgré un mauvais deuxième trimestre caractérisé par des pertes sur les obligations gouvernementales, les fonds de pension belges ont obtenu un rendement de 3,20% en moyenne durant la première moitié de cette année, selon l'Association belge des institutions de pension.

Au premier semestre 2010, les fonds de pension belges se sont relativement bien comportés sur le plan financier. Selon une enquête de l'Association belge des institutions de pension (ABIP), dont les résultats ont été publiés mardi par voie de communiqué, les institutions de retraite professionnelle (IRP), c'est-à-dire les fonds de pension d'entreprise, ont dégagé un rendement moyen de 3,20% au cours des six premiers mois de l'année. En tenant compte de l'inflation, il s'agit d'un rendement net réel annualisé de 1,95%.

Au premier trimestre, le bureau d'études Mercer avait calculé que les fonds de pension belges avaient obtenu un rendement de 4,4% en moyenne. Le deuxième trimestre a donc entamé cette performance : d'avril à juin 2010, les IRP ont enregistré un rendement moyen négatif, de l'ordre de -1%. Le chiffre précis n'est toutefois pas communiqué par l'ABIP.

La cause de ce petit accès de faiblesse réside vraisemblablement dans la crise de la dette étatique qui a frappé l'Europe, et en particulier la Grèce, au deuxième trimestre. Durant cette période, on avait observé une chute des cours des obligations des pays dont les titres de dettes étaient considérés comme risqués, à savoir les obligations gouvernementales grecques, portugaises, espagnoles, irlandaises, voire italiennes. Or, à la fin juin 2010, les portefeuilles des fonds de pension belges étaient composés à 51% d'obligations (contre 48% fin 2009), selon les chiffres publiés mardi par l'ABIP. Parmi ces obligations figurent bon nombre de titres de dettes étatiques européennes.

D'avril à juin 2010, à cause des craintes d'aggravation de cette crise de la dette par une contagion à l'économie via le secteur financier, les marchés d'actions ont eux aussi aussi souffert, ce qui a également affecté les IRP, investis à hauteur de 37% en actions fin juin (40% fin 2009), selon l'ABIP. Cette dernière précise que les autres actifs des fonds de pension se répartissent comme suit: 5% en liquidités (4% fin 2009), 4% en immobilier (5% fin 2009) et 3% dans d'autres investissements (inchangé).

"L’année 2009 avait montré des signes de reprise significatifs, avec un rendement de 15,9% des actifs des fonds de pension (après -17,7% en 2008, ndlr)", rappelle l'ABIP. "Cette tendance positive s’est poursuivie sur la période de janvier à juin 2010, malgré des marchés financiers difficiles, avec entre autres les pressions sur quelques pays de la zone euro et des taux d’intérêt très bas." Et l'Association des fonds de pension de se réjouir de la résistance des IRP par rapport aux marchés : "En comparaison avec les indices Eurostoxx 50 et MSCI World, qui ont connu des performances de -10,9% et -13,2%, le rendement des fonds de pension belges est plutôt positif."

Les bons résultats de 2009 qui se sont poursuivis dans une moindre mesure début 2010 ont contribué à l'assainissement des fonds de pension. Alors que fin 2008, plus de 40% d'entre eux présentaient un taux de couverture inférieur aux 100% exigés par la loi, "le niveau de financement est revenu à un niveau sain, entre autres grâce aux plans de redressement", constate l'ABIP. Le taux de couverture moyen s'élevait à 133% à la mi-2010, contre 129% fin 2009. "Par rapport aux engagements à long terme, le ratio s'élève à 116% (contre 112% fin 2009, ndlr)", précise l'ABIP.

L'objectif des fonds de pension est précisément de combiner solvabilité à court terme et continuité sur le long terme. "Comme investisseurs à long terme, ils obtiennent de bons rendements grâce à une saine diversification et des politiques d’investissement prudentes et s’inscrivant dans la durée", souligne l'ABIP, qui détaille le niveau des rendements sur plusieurs années. Sur 15 ans, le rendement net annualisé atteint 5,59% (3,64% compte tenu de l'inflation). Sur 20 ans, il passe à 6,33% (4,10%). Et sur 25 ans, il s'élève à 6,95% (4,73%).

La conclusion de l'ABIP ? "Les fonds de pension belges ont bien résisté à la crise financière."

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés