"Les investisseurs finiront par comprendre que la Bourse chinoise n'est pas un monstre fou."

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Depuis Hong Kong, Fabrice Jacob investit depuis déjà 25 ans dans des actions asiatiques. "Les actions chinoises bénéficieront pendant six ans encore du soutien de l’indice MSCI."

Le Français Fabrice Jacob vit et travaille à Hong Kong depuis 25 ans. Il y est propriétaire de JK Capital Management, une société de gestion qui emploie 14 personnes et se concentre sur les actions asiatiques. JK Capital Management est le partenaire asiatique de La Française. En Belgique, les fonds de JK Capital Management sont entre autres distribués par Beobank. La Française et Beobank partagent en effet le même actionnaire, à savoir Crédit Mutuel Nord Europe. La Française gère 71 milliards d’actifs, contre 320 millions d’euros pour JK Capital Management. Fabrice Jacob était en visite à Bruxelles la semaine dernière.

Qu’en est-il de la valorisation des actions chinoises?

Les actions H, c’est-à-dire les actions cotées à Hong Kong, se négocient à 8 fois les bénéfices. Il faut savoir que parmi les actions H, les banques et le secteur pétrolier ont une pondération élevée, ce qui pèse sur les valorisations. Les actions A, cotées en Chine, se négocient à 12,3 fois les bénéfices. Avec ces actions, la diversification sectorielle est meilleure. Mais la référence est le MSCI China, qui comprend aussi bien des actions A, que des actions H et des actions cotées à Wall Street. Ainsi, le géant chinois de l’internet Alibaba n’est coté qu’à New York. Ce panier se négocie à 13,3 fois le bénéfice attendu. Cette valorisation, que je considère comme trop basse par rapport aux perspectives de croissance, est le reflet de la perception négative des actions chinoises auprès des investisseurs. Mais ils finiront par comprendre que la Bourse chinoise n’est pas un monstre fou. L’économie chinoise se porte bien et le gouvernement s’attaque aux problèmes tels que la pollution de l’air et la surcapacité dans le secteur sidérurgique.

Les actions chinoises A viennent d’être reprises dans des indices MSCI. Quel est l’impact de cette décision?

Cette intégration dans les indices se fait progressivement. Il est impossible pour MSCI d’intégrer immédiatement des actions sur la base de leur réelle importance. La première étape a eu lieu début juin et une autre suivra début septembre. Dans les années 90, il a fallu six ans pour que la Corée du sud et Taïwan soient intégrés à concurrence de leur poids réel. Nous nous attendons à un scénario comparable pour la Chine. Dans six ans, les actions chinoises A représenteront 40% de l’indice MSCI China, contre 0% en mai dernier. Et elles représenteront 2% de l’indice MSCI World Acwi. Cela signifie que la Chine bénéficiera pendant six ans du soutien à la fois des trackers passifs et des fonds actifs qui ne s’écartent pas trop de leur indice de référence.

Où en est la Chine en matière d’investissements durables?

On nous pose beaucoup de questions à ce sujet, en particulier en Europe. Aucune information sur la durabilité des entreprises chinoises n’est disponible chez les consultants. Vous devez les chercher vous-même. Nous ne faisons aucune concession en matière de gouvernance: nous n’investissons pas dans des entreprises connues pour leur mauvaise gouvernance.

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