Publicité

"Nous voyons la correction des marchés émergents comme une opportunité d'achat."

©RV-DOC

Basé à Londres, le stratège Jean-Marc Routier participe au processus de sélection d’actions asiatiques chez BlackRock.

L’année 2018 n’a pas été un grand cru pour les marchés émergents. Comment expliquez-vous cela?

Depuis le début de l’année, l’indice MSCI Emerging Markets Total Return a perdu près de 15% (en dollar). Certains pays, comme l’Argentine et la Turquie, ont même perdu davantage. L’année 2017 avait pourtant été très positive pour les marchés émergents, car pour la première fois en 20 ans, ils n’avaient pas connu de correction de plus de 10%. Mais l’escalade commerciale entre la Chine et les États-Unis a brouillé la visibilité des marchés émergents et de l’économie mondiale, tout en augmentant la volatilité. La fermeté du dollar joue un rôle également. Il fait fuir les capitaux des marchés émergents. Car quand le dollar s’apprécie, la demande de billets verts augmente, les devises locales sont vendues et les banques centrales locales resserrent leur politique monétaire, ce qui freine généralement l’économie intérieure. Des taux plus élevés rendent aussi les actions moins attrayantes.

Les marchés émergents avaient amorcé une remontée fin 2015-début 2016. La correction actuelle signifie-t-elle qu’ils ont mangé leur pain blanc?

Non. Nous pensons être à la moitié du cycle et nous voyons cette correction comme une opportunité pour entrer ou renforcer ses positions. Nous sommes d’ailleurs acheteurs pour le moment, vu les valorisations intéressantes. La politique américaine des taux est en train de se resserrer. Conséquence, les coûts de financement augmentent pour les entreprises. Reste à savoir dans quelle mesure elles seront capables de répercuter cette hausse sur les prix de vente. Pour l’instant, l’inflation n’a pas encore beaucoup augmenté.

Les marchés émergents ne sont pas tous logés à la même enseigne. Quels sont les pays qui ont votre préférence et ceux que vous évitez?

Nous sommes entre autres positifs pour le Brésil et la Russie. Cette dernière profite de la hausse des prix du pétrole, tandis que le Brésil a été exagérément pénalisé ces derniers mois. Pour la Russie, il existe certes un risque de nouvelles sanctions, mais nous pensons qu’il est intégré dans les cours. Nous aimons aussi l’Indonésie. La demande intérieure y remonte après les récentes réformes et des élections sont prévues au début de l’année prochaine. Pour la Chine, nous restons sous-pondérés, mais un peu moins qu’au début de l’année. Par ailleurs, nous évitons pour l’instant l’Afrique du Sud et Taïwan. Pour Taïwan, cela n’a rien à voir avec le pays en tant que tel, mais la Bourse est dominée à 60% par les valeurs technologiques, envers lesquelles nous ne sommes pas très positifs pour l’instant. Quant à l’Afrique du Sud, elle est en récession et les tensions politiques ne sont pas bonnes pour le pays.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés