Olivier Pauwels (BlackRorck): "Les actions vertes apporteront un rendement supplémentaire"

Olivier Pauwels, directeur des stratégies multi-actifs de BlackRock Belgique.

Pour la première fois de son histoire, BlackRock tient compte de l’impact des mesures nécessaires pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat dans son évaluation des rendements et des risques. Olivier Pauwels, directeur des stratégies multi-actifs de BlackRock Belgique, explique.

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1. Quel est selon vous l’impact économique des changements climatiques?

Olivier Pauwels: "Tout le monde s’accorde à dire que les mesures qui sont prises pour lutter contre les changements climatiques, comme la taxe carbone, devraient peser sur l’économie mondiale. Mais c’est faux. Les coûts de la transition seront plus que compensés par la réduction des dégâts causés par les catastrophes naturelles induites par ces changements climatiques et par les investissements dans des infrastructures vertes. Si aucune mesure n’est prise, nous devrions, au cours des 20 années à venir, cumuler des pertes d’activités économiques de près de 25% du PIB mondial actuel. En 2040, le PIB mondial devrait baisser de 2,3% par rapport à un scénario qui limite le réchauffement climatique à moins de 2 degrés.
En Chine et dans d’autres pays émergents, les dégâts causés par l’absence de mesures seront plus importants que dans les pays développés, vu que ces pays sont plus exposés au risque de pénurie d’eau et d’augmentation du niveau de la mer."

2. Dans quelle mesure les marchés financiers en tiennent-ils déjà compte?

Pauwels: "Nous ne pensons pas que les prix des marchés intègrent déjà les changements climatiques futurs, même si les investissements durables ont atteint des niveaux record en 2020. Les marchés ne font encore aucune distinction entre une entreprise verte et brune (polluante). Toutes deux affichent le même coût du capital.

"Au cours des cinq prochaines années, les investisseurs institutionnels devraient doubler leurs investissements durables."
Olivier Pauwels
Directeur des stratégies multi-actifs de BlackRock Belgique

Mais les choses devraient changer. Au cours des cinq prochaines années, les investisseurs institutionnels devraient doubler leurs investissements durables. Les entreprises vertes verront ainsi leur coût du capital baisser par rapport aux entreprises brunes."

3. Comment les investisseurs peuvent-ils tirer parti de cette situation?

Pauwels: "L’impact attendu est plus important sur les marchés d’actions que d’obligations. Wall Street devrait davantage subir les conséquences que les bourses européennes, car le poids des secteurs y est très différent. Aux États-Unis, le secteur le plus durable fournit 7 points de pourcentage de rendement en plus par an par rapport au secteur le moins durable, en raison de mesures supplémentaires. La transition verte augmentera de plus de 3 points le rendement des actions technologiques, qui proposent des solutions pour le basculement vers une économie neutre en carbone. Le secteur des soins de santé fait aussi partie des gagnants.

Les plus grands perdants sont les actions du secteur énergétique, dont le rendement annuel devrait baisser de 4 points. Le niveau élevé des émissions de CO2 augmentera le coût du capital, et la demande de carburants fossiles baissera. Parmi les perdants, on trouve aussi les services aux collectivités. Dans un portefeuille qui tient compte du climat, il faut privilégier les actions aux obligations."

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