Ordres limites: sécuriser les gains, réduire les pertes

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Les fonds sont des investissements à long terme, mais dans certaines banques, il est possible de réduire les pertes et de sécuriser les gains en travaillant avec des ordres limites.

Pour le grand public, les investissements en fonds sont généralement réalisés dans une perspective à long terme. Une approche "buy and hold" est donc de mise en ce qui concerne les fonds, y compris ceux qui sont investis exclusivement en actions. Néanmoins, une gestion dynamique ponctuelle incluant un arbitrage de certaines positions peut s’avérer utile.

Il ne s’agit pas de se lancer dans du "day trading" avec les fonds. D’ailleurs, les outils d’analyse technique utilisés par les traders pour suivre les actions individuelles (RSI, MACD, stochastique, OBV, etc.) sont peu performants lorsqu’il s’agit de déceler les retournements de tendance des fonds. Ce qui est logique, puisque suivant leur classification, les fonds sont constitués de plusieurs actions, obligations, CFD et autres, qui n’évoluent pas nécessairement dans le même sens. De plus, le prix d’une action est lié à l’offre et la demande sur le titre, alors que le prix d’un fonds (VNI) est le résultat de l’évolution des titres individuels détenus en portefeuille.

Il existe des outils plus spécifiques aux fonds qui permettent de les évaluer, comme par exemple la mesure de surperformance par rapport à l’indice de référence (alpha). Ils sont efficaces à long terme pour "classer" les fonds, mais peu réactifs aux fluctuations du marché.

Reste l’analyse graphique, qui demeure un outil précieux pour permettre par exemple de comparer un fonds par rapport à sa catégorie et à son indice de référence. Ces graphiques sont disponibles sur de nombreux sites spécialisés comme lecho.be/fonds.

Les frais

Jusqu’il y a peu, des frais d’entrée et de sortie élevés grevaient les rendements des fonds et limitaient fortement la fréquence des transactions. Mais aujourd’hui, plusieurs acteurs financiers travaillent en architecture ouverte (choix plus large) et ont supprimé les frais d’entrée et de sortie sur les fonds, ce qui autorise des transactions plus fréquentes sans impact financier négatif.

Les fonds de distribution et de capitalisation ont chacun leurs avantages et leurs inconvénients. Mais si vous suivez activement votre portefeuille de fonds et si vous n’excluez pas de les vendre dans un délai assez court, la distribution est conseillée pour éviter la taxe boursière (1,32%) prélevée à la revente, et qui peut avoir un impact désastreux sur ces parts.

Quand et comment arbitrer?

Comme pour les actions individuelles, un arbitrage peut se justifier pour limiter les pertes ou sécuriser les gains notamment. Plusieurs paramètres entrent en ligne de compte: le niveau de tolérance au risque, l’horizon de placement et la stratégie, éléments propres à chaque investisseur. Une fois la stratégie définie, il est conseillé de s’y tenir sous peine de multiplier les risques.

Pour sécuriser les gains, on placera un "stop win", après avoir déterminé librement un seuil de déclenchement, afin de préserver les plus-values et d’éviter qu’elles ne soient annulées en cas de retournement baissier. Dans ce cas, un arbitrage progressif est conseillé.

Pour limiter les pertes, on placera un "stop loss", après avoir déterminé un seuil de moins-value "acceptable". Lorsque le seuil de déclenchement est atteint, on optera pour un arbitrage sur l’intégralité du fonds.

Les ordres "stop loss" et "stop win" peuvent être utilisés conjointement. Une fois fixés, ces outils ont pour avantage d’éliminer le côté émotionnel d’une décision et de dispenser les investisseurs non professionnels du suivi journalier du marché.

Quid des fonds classiques?

Il est important de distinguer les fonds "classiques" évalués en fonction de leur VNI et les fonds indiciels ou ETF. Ces derniers sont cotés et négociés en Bourse. Pour ce type de produits, comme pour les actions, un "stop loss" peut être placé via la plupart des plateformes bancaires en Belgique, mais pas nécessairement sur toutes les places boursières.

Des sociétés comme AXA, Generali ou Delta Lloyd utilisent le "stop loss" pour leurs fonds, mais uniquement dans le cadre d’assurances de type branche 23. Dans certains cas, il s’agit même de stop loss "dynamiques": sur base d’un pourcentage préétabli (5%, 10%, 20%, etc.), le seuil de déclenchement est recalculé quotidiennement, permettant à la fois de limiter les pertes et de sécuriser les gains.

Globalement, les plateformes des banques en Belgique n’offrent pas la possibilité de placer un ordre stop loss sur un fonds, à l’exception de la plateforme BinckBank qui, via ce que l’on appelle les ordres "avancés", permet de générer des seuils de déclenchement à la vente ou à l’achat pour tous les fonds. Elle propose également la fonctionnalité "stop suiveur".

Soulignons que "les clients de Belfius bénéficient d’un système de déclenchement, mais uniquement pour les fonds lock", signale Ulrike Pommée, porte-parole. Lors de l’achat d’un fonds de la gamme lock, le client opte pour un pourcentage appliqué à la VNI qui permet de calculer un seuil de déclenchement de l’ordre de vente (instruction lock).

Stef Leunens, porte-parole de KBC, explique que sur certains fonds, la banque flamande propose un mécanisme de "surveillance du plancher", mais ce système ne peut être assimilé à un seuil de déclenchement d’un ordre de vente.

Ceux qui détiennent un portefeuille de fonds et dont la banque n’offre pas l’option "stop" devront donc suivre personnellement leurs fonds. Il n’est cependant pas nécessaire d’assurer un suivi quotidien, car vu la diversification qui est l’essence même d’un fonds, la volatilité est nettement moindre que pour les actions individuelles, et la notion d’urgence est donc très relative.

Il faut tenir compte du fait qu’en cas de vente d’un fonds, l’opération se fera à la valeur d’inventaire du jour, qui sera calculée après la clôture de la Bourse et publiée le lendemain ou les jours suivants. Certains gestionnaires fixent une heure limite dans la journée, le plus souvent 12 h. Dans le cas d’ordres passés après ce délai, c’est la VNI de la clôture du lendemain qui sera prise en compte.

Important: depuis janvier 2016, dans le cadre de la lutte contre la spéculation, le gouvernement taxe à hauteur de 33% les plus-values sur les actions revendues dans les six mois suivant leur acquisition. Les sicav et les FTE (Exchange Traded Fund) ne sont pas concernés.

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