interview

"Acheter et vendre en permanence ne rapporte pas grand-chose"

©RV-DOC

Le gestionnaire de patrimoine Truncus, Pieter Van Neste, gère un fonds qui investit à hauteur de 70% dans des fonds de tiers et de 30% dans des actions et obligations individuelles. Le portefeuille est très stable. "Il a été prouvé qu’acheter et vendre en permanence n’était pas positif à long terme."

1. Votre fonds patrimonial investit à hauteur de 70% dans des fonds de tiers. Comment sélectionnez-vous ces fonds?

Sur la base de notre longue expérience en tant que ‘family office’ (Truncus est né du groupe d’expertise comptable VGD, NDLR), nous avons constaté une rotation élevée des positions dans de nombreux portefeuilles et que ces changements incessants ne rapportaient pas grand-chose. C’est ce qui explique notre stratégie, qui consiste à nous focaliser exclusivement sur la création de valeur à long terme, en investissant dans des fonds disposant d’une marge de sécurité. Nous suivons pas moins de sept de nos neuf fonds depuis 2007. Nous préférons les maisons de fonds ayant démarré à partir d’objectifs de rendements de patrimoines familiaux, disposant de leur gestion patrimoniale propre, et fonctionnant sur la base d’une approche ‘value’. Les gestionnaires doivent également investir dans leur fonds et afficher des résultats réguliers. Par ailleurs, nous choisissons des spécialistes locaux, c’est-à-dire des gestionnaires proches du marché où ils investissent.

2. Le fonds investit également dans des obligations individuelles. Comment opérez-vous la sélection?

Nous ne nous laissons pas décourager par ceux qui disent qu’il n’y a plus rien à gagner sur les marchés obligataires et nous sommes en permanence à la recherche d’opportunités. Nous privilégions deux types d’obligations: tout d’abord, celles qui sont totalement sous-évaluées. Nous essayons de trouver des obligations au moment où elles ont fortement baissé. Nous avons par exemple acheté des obligations de l’entreprise pétrolière Repsol au moment où elle a été pénalisée suite à la privatisation de certaines activités en Argentine. Idem pour Telecom Italia, que nous avons achetée au moment où le secteur se trouvait sous pression. La deuxième catégorie d’obligations est celle des entreprises moins liquides ou des plus petites émissions dont le rendement est plus élevé. Dans le passé, nous avons par exemple acheté des obligations des promoteurs immobiliers VGP et Immobel, ainsi que du groupe viticole Vranken-Pommery, spécialisé dans le Champagne.

3. Comment choisissez-vous les actions individuelles?

Ici aussi, c’est la marge de sécurité qui sert de base à notre sélection. Nous cherchons les leaders de leur secteur offrant un ROI (Return On Investment, NDLR) élevé. Les liquidités peuvent ainsi être réinvesties à ce même rendement, ce qui nous permet de bénéficier du principe des intérêts composés. Le temps joue alors en notre faveur. La valorisation est un critère important, mais cela ne signifie pas que nous cherchions systématiquement les entreprises les moins chères. Nous composons un portefeuille concentré, limité à une trentaine d’actions de pondération identique. Elles restent généralement entre cinq et sept ans dans notre portefeuille. Parmi les mouvements récents, je peux citer la vente du groupe d’automatisation Rockwell Automation, car la publication d’informations négatives a réduit la marge de sécurité. Par ailleurs, nous avons également revendu le groupe industriel américain United Technologies, car il ne répondait plus à nos critères de durabilité.

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