Épargner via des fonds et sans émotions

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La popularité des plans d’épargne en fonds ne cesse d’augmenter. Ces plans permettent de verser tous les mois un montant donné dans un portefeuille diversifié de fonds.

Est-ce le bon moment pour se lancer dans des investissements? Les bourses n’ont-elles pas déjà trop augmenté et ne sont-elles pas à la veille d’une correction? Ou, à l’inverse, la baisse des bourses va-t-elle se poursuivre? Ce sont les questions typiques que se posent les investisseurs novices.

Personne ne peut prédire le moment idéal pour investir en bourse. C’est pourquoi il vaut mieux le faire de manière systématique, par exemple en versant tous les mois un montant fixe dans un plan d’épargne. Cela permet d’éliminer la question du timing et d’éviter de se laisser guider par ses émotions.

C’est cette philosophie que l’on retrouve dans les plans d’épargne en fonds. Ces plans permettent de verser des montants fixes, à un rythme prédéterminé, dans un ou plusieurs fonds d’investissement. La formule combine de nombreux avantages. Si vous êtes un investisseur débutant, pas besoin de disposer d’une mise de départ importante. Vous pouvez investir systématiquement ce que vous pouvez économiser tous les mois et vous répartissez vos investissements dans le temps.

La formule est populaire car elle combine un plan d’épargne avec la répartition dans le temps des investissements en bourse.
BNP Paribas Fortis

En Belgique, la plupart des banques proposent ces plans d’épargne. Et le concept fait mouche. KBC comptabilise aujourd’hui 330.000 plans d’investissement. Même s’il ne s’agit probablement pas de 330.000 investisseurs, car chaque client peut ouvrir plusieurs plans. Et la demande est en hausse: "Nous constatons que le nombre de nouveaux plans ne cesse d’augmenter. En quatre ans, il a été multiplié par deux. En 2019, nous avons enregistré une hausse de 22%", confirme-t-on chez KBC.

Même son de cloche dans les autres grandes banques. Le nombre de plans a augmenté de 53% chez Belfius en 2019 et BNP Paribas Fortis a également enregistré une croissance à deux chiffres. "La formule est populaire car elle combine un plan d’épargne avec la répartition dans le temps des investissements en bourse", peut-on entendre. Chez ING, qui compte 133.843 plans d’investissement, la croissance était de 4,4% en 2019.

Les deux banques récemment fusionnées, Crelan et AXA, communiquent encore des chiffres séparément, à savoir une hausse respective de 31 et 27% en 2019. "Les épargnants cherchent à obtenir plus de rendement et les plans d’épargne en fonds sont un bon moyen de se familiariser avec la bourse", explique Lisa Pieters, d’AXA.

Ces plans connaissent le même succès auprès des supermarchés de fonds. MeDirect et Keytrade ont enregistré respectivement une hausse de 17 et de 26% des investissements.

Pour Deutsche Bank, ces plans se montrent particulièrement pertinents durant les périodes de turbulences boursières. "Fin 2018, de nombreux épargnants n’osaient pas investir à cause des incertitudes du marché et du recul important des cours. Idem en 2019, mais cette fois parce que les bourses avaient trop augmenté. Avec un plan d’épargne en fonds, les investisseurs n’ont pas ce type de préoccupation", explique Knut Huys. Le plan d’épargne pourrait même, selon lui, être une solution alternative à la problématique des pensions. "Vous pouvez épargner sans devoir vous limiter à un plafond et sans trop d’efforts", ajoute-t-il.

Flexibilité

Un autre avantage des plans d’épargne en fonds est leur flexibilité. Dans la plupart des banques, il est possible de choisir entre différentes fréquences de versement: mensuelle, trimestrielle, semestrielle ou annuelle. Chez Belfius, il est même possible de verser un montant chaque semaine, sans que ce ne soit une obligation. Les plans peuvent à tout moment être arrêtés temporairement ou clôturés définitivement. "Lorsque l’épargnant s’est décidé pour un montant mensuel, celui-ci est retiré automatiquement de son compte à la fréquence convenue. Les clients peuvent facilement passer un tour, soit en n’alimentant pas le compte source, soit en désactivant temporairement le versement périodique. Ce montant peut en outre être modifié à tout moment", explique Wim Wuyts, de MeDirect.

"Le seuil d’entrée est très bas: généralement, on ne doit verser que 25 ou 50 euros."

Dans la plupart des banques, le seuil d’entrée est très bas: les épargnants peuvent déjà souscrire un plan à partir de 25 ou 50 euros. Seuls MeDirect et Deutsche Bank ont fixé un seuil plus élevé, à savoir 100 euros. Chez MeDirect, l’épargnant doit également verser un capital de départ de 2.500 euros.

Le choix de fonds diffère cependant d’une banque à l’autre. Les supermarchés de fonds proposent à leurs clients des produits de différentes sociétés de gestion de fonds. Chez Keytrade et Deutsche Bank, l’offre se compose respectivement de produits de 22 et 31 sociétés de gestion de fonds.

Chez KBC, BNP Paribas Fortis et Belfius, les clients peuvent faire leur choix parmi 200 fonds, mais il s’agit de fonds maison. Chez KBC, les fonds sont gérés par KBC Asset Management, chez BNP Paribas Fortis, par BNP Paribas Asset Management, et chez Belfius, par Belfius Investment Partners et Candriam (ex-Dexia Asset Management). Chez ING également, les clients doivent choisir des fonds de NN Investment Partners et d’ING Solutions Investment Management.

La plupart des plans d’épargne ne permettent pas de choisir plusieurs fonds. Si vous souhaitez investir dans un panier de fonds, vous devez donc ouvrir plusieurs plans d’épargne. Chez Keytrade, AXA, MeDirect et Crelan, il est cependant possible de choisir plusieurs fonds pour un seul et même plan. "Le client peut également décider de la pondération de chaque fonds au sein de son plan", explique-t-on chez Crelan.

Coûts

Lorsque vous choisissez un plan d’épargne en fonds, vous devez également tenir compte des droits d’entrée. Certains acteurs, comme MeDirect et Keytrade, ne facturent aucun frais à l’entrée. Dans d’autres institutions financières, ceux-ci peuvent se monter à 3% de chaque versement. Si vous conservez votre plan d’épargne pendant suffisamment longtemps, ces frais sont amortis sur la durée: si vous gardez vos fonds pendant 10 ans, les droits d’entrée reviennent donc en moyenne à 0,3% par an.

Mais ces droits d’entrée ne sont pas les seuls coûts à prendre en compte. Les banques retiennent également des frais annuels pour la gestion, la commercialisation et l’administration des fonds. Ils sont déduits de la valeur d’inventaire quotidienne des fonds, ce qui les rend pratiquement invisibles. Pour les fonds d’actions, les frais annuels varient entre 1,5 et 2%. Près de la moitié de ces frais est reversée au distributeur.

La clôture ou la mise à l’arrêt temporaire d’un plan ne s’accompagne généralement pas de frais supplémentaires. Seul Keytrade facture des frais de sortie de 9,95 euros par ligne au moment où le plan d’épargne est clôturé ou lorsque les fonds sont transférés vers un autre compte-titres moins de 5 ans après l’ouverture du plan.

La plupart de nos plans d’épargne sont ouverts par des personnes âgées de 40 à 60 ans.
Banque Nagelmackers

Certaines banques facturent également des droits de garde. Chez Deutsche Bank, les titres sont conservés par DB M@x pour 12 euros par ligne et par an. Par ailleurs, les investissements en fonds sont taxés. Si vous optez pour un fonds de capitalisation – qui ne distribue pas de dividende – vous devrez payer une taxe boursière de 1,32% au moment de la revente du fonds. Vous devrez aussi compter avec la "taxe Reynders" si vous détenez un fonds qui investit au moins 10% de ses actifs dans des produits à rendement fixe, comme des obligations. La taxe Reynders équivaut à une retenue à la source de 30% sur la plus-value réalisée par la partie obligataire du fonds.

Âge

Les plans d’investissement sont conseillés à tous les épargnants, quel que soit leur âge, mais on constate que la majeure partie des actifs des plans d’épargne est détenue par nos concitoyens plus âgés. "La plupart des plans sont ouverts par des personnes dont l’âge se situe entre 40 et 60 ans, avec un âge moyen légèrement supérieur à 50 ans", explique-t-on à la Banque Nagelmackers. Idem chez BNP Paribas Fortis et MeDirect, dont les clients qui souscrivent ce type de plan sont souvent des quadragénaires. Chez MeDirect, seuls 20% des titulaires de ces plans ont moins de 40 ans.

Cela ne signifie pas que les jeunes n’utilisent pas ces plans, au contraire. Les jeunes qui souhaitent investir ont davantage tendance à opter pour un plan d’épargne que les épargnants plus âgés. "Près de la moitié des jeunes investisseurs âgés de 26 à 35 ans le font via un plan, contre seulement 17% des 56-65 ans", explique-t-on chez AXA. En montants absolus, les jeunes représentent cependant une minorité.

Il est également possible d’ouvrir un plan d’épargne en fonds au nom d’un enfant. Dans ce cas, c’est aux représentants légaux de l’enfant qu’il reviendra d’ouvrir ce plan. Chez BNP Paribas Fortis, l’ouverture d’un plan d’épargne Flexinvest pour les mineurs est possible si le montant investi sur le compte-titres du jeune provient d’un compte détenu par une personne majeure. "La loi ne permet pas de verser l’argent à partir du compte du mineur d’âge", nous explique un porte-parole de la banque.

Certaines institutions offrent également la possibilité de recourir au contrat de "stipulation pour autrui" (ou "clause de tiers bénéficiaire"). Dans ce cas, le titulaire est légalement propriétaire du compte-titres jusqu’à ce que l’enfant (ou le petit-enfant) atteigne l’âge convenu. Il peut donc continuer à effectuer des transactions sur ce compte.

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