"Les livreurs de repas sont devenus intéressants"

Pour Jack Neele, gestionnaire du fonds Robeco Global Consumer Trends, les investisseurs doivent suivre de près les livreurs de repas, les services de streaming et le secteur des animaux de compagnie.

1. Vous venez d’investir dans des livreurs de repas. Pourquoi est-ce le bon moment d’acheter?

Auparavant, ces entreprises accumulaient les pertes. Mais elles pouvaient les supporter parce que les investisseurs ne faisaient pas défaut. Aujourd’hui, ils sont de plus en plus nombreux à penser que ce n’est peut-être pas une stratégie intelligente. Les livreurs de repas ressentent cette pression et ont compris qu’ils avaient intérêt à devenir rentables. Par conséquent, nous assistons à un mouvement de consolidation du secteur. Takeaway vient par exemple de racheter JustEat. La société allemande Delivery Hero a réalisé des acquisitions au Moyen-Orient et en Amérique et Grubhub a décidé de se trouver un repreneur suite à une série de mauvais résultats. En raison de l’augmentation du nombre de fusions, nous verrons naître de grands monopoles, avec un acteur dominant dans chaque pays. Une entreprise qui détient 95% du marché peut très bien gagner sa vie en livrant des repas. Ce secteur est donc devenu intéressant.

2. Quelles sont les tendances que vous avez identifiées dans le secteur du streaming?


Nous constatons que de plus en plus de consommateurs abandonnent le câble pour souscrire un abonnement à un service de streaming. Particulièrement aux États-Unis, car la télévision par câble y coûte facilement 100 euros par mois, alors qu’il est possible de trouver un abonnement de streaming pour 8 dollars. De plus en plus d’Américains franchissent donc le pas. Rien qu’au cours du dernier trimestre, le nombre de ménages abonnés au câble a baissé de 16%.

Nous investissons dès lors dans les grands services de streaming qui surfent sur cette vague. Nos clients nous demandent parfois si ces actions ne sont pas trop chères, car leur ratio cours/bénéfice est très élevé. Mais pour les entreprises de qualité disposant d’un potentiel de croissance important, il faut généralement payer un prix élevé. Car si d’autres actions peuvent sembler "bon marché", elles le sont pour de bonnes raisons. Souvenez-vous du dicton chinois qui dit "ce qui est cher n’est pas cher, ce qui est bon marché n’est pas bon marché".

3. Une autre tendance que vous pointez est l’humanisation des animaux de compagnie. Qu’entendez-vous par là?

De plus en plus de citoyens traitent leurs animaux de compagnie comme s’ils étaient leurs enfants. Par conséquent, ils dépensent de plus en plus pour leur bien-être. Nous investissons dans des entreprises de commerce en ligne qui fournissent des aliments pour animaux. Il s’agit souvent de colis lourds, que les gens évitent d’aller acheter eux-mêmes au magasin. Après un temps, ils connaissent les quantités dont leur chien ou leur chat a besoin et finissent par prendre un abonnement mensuel. Pour ces entreprises, c’est fantastique parce qu’elles connaissent à l’avance une part importante de leur chiffre d’affaires, ce qui leur permet de mieux anticiper.

Par ailleurs, ce secteur est, à l’instar de celui de l’alimentation humaine, moins sensible à la conjoncture économique. En cas de récession, les consommateurs ont tendance à réduire leurs sorties au restaurant, mais ils n’économisent généralement pas sur la nourriture de leurs compagnons à quatre pattes.

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