interview

"Les taux bas à long terme sont un scénario de rêve pour les actions"

©RV-DOC

"Les actions continueront à mieux se porter que les obligations", estime Erwin Deseyn, stratège en chef chez CapitalAtWork.

1. Pourquoi pensez-vous que les actions s’en sortiront mieux que les obligations?

Nous nous attendons à ce que les taux restent très bas pendant très longtemps. Plus bas que l’inflation. Cette persistance des taux bas sur le long terme est un scénario de rêve pour les actions. Tout le monde dit que les marchés d’actions montent depuis dix ans. Mais ce n’est vrai qu’aux Etats-Unis. En Europe et en Chine, les cours sont plus bas que le pic de 2015. Les actions ne sont pas particulièrement chères, y compris aux USA. La hausse de Wall Street s’explique surtout par la hausse des bénéfices des entreprises. Le rendement bénéficiaire des actions, l’inverse du ratio cours/bénéfice, se monte à 5-6% aux Etats-Unis contre 8-9% en Europe, ce qui signifie que les actions européennes sont bon marché, car le taux à long terme est proche de zéro. Aux USA, les obligations représentent encore une solution alternative, parce que le taux à long terme y est plus élevé. Les actions continueront à afficher de meilleurs rendements que les obligations. On ne risque pas trop de se tromper avec un horizon de placement de dix ans, sauf si vous prévoyez la fin du monde.

2. Quels sont les types d’actions que vous trouvez les plus intéressants?

Nous accordons beaucoup d’importance au "free cash flow" Les liquidités des 40 principales entreprises dans lesquelles nous investissons sont supérieures à 6%. Les obligations de ces mêmes entreprises n’offrent qu’un rendement de 1%. La différence, qui est une sorte de prime de risque, est importante. Même si les actions européennes sont moins chères que les actions américaines, nous diversifions notre portefeuille au niveau géographique. L’Europe se développe plus lentement et nous ne voulons pas passer à côté de la dynamique de la Chine et des Etats-Unis. Nous investissons 35% du portefeuille d’actions en Europe, et le solde ailleurs. Nous suivons une approche ‘bottom-up’. Nous analysons des opportunités dans tous les secteurs, à l’exception du secteur bancaire, où nous sommes moins investis. Idem pour les sociétés de services aux collectivités et de matières premières.

3. Pourquoi trouvez-vous les obligations liées à l’inflation intéressantes?

Pour les années à venir, les marchés s’attendent à une hausse de l’inflation de 2% par an aux Etats-Unis et de 1,5% dans la zone euro. Mais il est possible qu’elle dépasse les prévisions. La banque centrale américaine (Fed) est en train de revoir sa stratégie. Elle signale que l’inflation trop basse des dernières années doit être compensée dans les années qui viennent par une inflation plus forte pour atteindre l’objectif moyen de 2% par an. En d’autres termes, la Fed devrait laisser filer l’inflation aux alentours de 3% dans les prochaines années. Les obligations liées à l’inflation offrent une protection contre une inflation plus élevée qu’attendu, parce que leur valeur nominale est liée à l’indice des prix à la consommation. Les obligations liées à l’inflation représentent 30% du volet obligataire de notre portefeuille, dont un tiers en euros et le solde en dollars et dans d’autres devises.

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