"Les trackers conquièrent le marché, surtout les clients fortunés"

©Dieter Telemans

Nagelmackers a lancé en juin dans ses agences son "Personal Investment Advisor", un robot qui assiste les conseillers. "Pour l’instant, le robot ne propose que des fonds gérés activement, mais bientôt des fonds passifs seront également disponibles", explique Yves Van Laecke, responsable de la banque privée. christophe de rijcke

 

©Dieter Telemans

1. Quel rôle accordez-vous aux robots-conseillers ?

Désormais, un robot aidera nos banquiers privés en matière de conseils en investissement pour tous les montants entre 1 euro et 500.000 euros. Il proposera un portefeuille composé sur la base du profil de risque, de l’expérience et des connaissances du client, tout en tenant compte de toutes les exigences légales.  

Le robot-conseiller nous permettra de gagner énormément de temps: nous pourrons fournir des conseils sur mesure deux fois plus vite. Par ailleurs, le risque d’erreur sera réduit. Pour résumer la situation: un client qui se rendait dans une de nos agences à Bruges ou à Liège pouvait recevoir des avis différents. Grâce au robot, les conseils seront partout comparables et basés sur les mêmes analyses.

Vu que nous disposons à la fois d’un robot et d’un conseiller, nous parlons de conseil "bionique", c’est-à-dire littéralement mi-robot mi-humain.

2. Quels sont les produits proposés par les robots?

Nous avons abandonné la répartition classique entre actions, obligations et liquidités. Si l’on se base sur ce concept, un fonds obligataire en dollars américains est par exemple considéré comme sûr, mais converti en euros, il est susceptible d’afficher 10% de pertes en un an, ce que les clients ne peuvent pas accepter. Notre approche fait la distinction entre les investissements défensifs et dynamiques. Les devises étrangères font partie des investissements dynamiques.

Le robot propose en principe un plan A et un plan B. Le plan A sélectionne un fonds "profilé", tandis que le plan B sélectionne de cinq à sept fonds sur la base d’une architecture ouverte (fonds de tiers, NDLR). Nos experts discutent des avantages et des inconvénients des deux propositions. Si le client ne se retrouve dans aucune des deux, nous composons un portefeuille sur mesure. En d’autres termes: ce n’est pas un problème si le client préfère un fonds Flossbach plutôt qu’un Carmignac.

3. Comment voyez-vous l’évolution des robots-conseillers?

Je suis convaincu que nous n’en sommes qu’au début. Aujourd’hui, de nombreux clients sont encore un peu hésitants face aux robots-conseillers, en particulier pour de gros montants. Mais cela va évoluer. À l’heure actuelle, notre robot n’est utilisé qu’en agence. À l’avenir, je pense qu’il pourra être intégré dans une app à la demande du client. Je suis persuadé que les robots-conseillers finiront par être utilisés par les clients comme les paiements électroniques, à partir de leur domicile.

Par ailleurs, le Personal Investment Assistant (PIA) ne propose actuellement que des fonds gérés activement. À l’avenir, il proposera aussi des fonds passifs (trackers, NDLR). Les trackers sont en train de conquérir le marché, en particulier auprès des clients très fortunés. Dans nos mandats discrétionnaires (plus de 500.000 euros), les portefeuilles comprennent déjà deux tiers de trackers. Le solde se compose de fonds gérés activement.

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