"Nous préférons les obligations de la périphérie de la zone euro"

©rv

David Zahn est responsable des investissements à taux fixe européens chez Franklin Templeton Investments. Malgré les taux bas, il considère que les obligations souveraines européennes restent intéressantes. 

1. Que pensez-vous aujourd’hui des obligations souveraines européennes? Sont-elles encore un refuge?

Nous considérons toujours les obligations souveraines européennes comme intéressantes en raison de la très faible croissance, de l’extrême souplesse de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) et, plus récemment, du soutien de l’Union européenne. Mais nous préférons les obligations des pays de la périphérie et sommes neutres envers les obligations d’Etat allemandes.

Le récent pacte de l’Union européenne – baptisé "Next Generation EU" – est une étape importante vers une plus forte intégration budgétaire, ce qui devrait soutenir les pays de la périphérie. Le seul pays à l’égard duquel nous restons moins positifs est la France, à cause de l’augmentation de son déficit budgétaire et de son endettement déjà élevé.

2. Vous attendez-vous à ce que la politique monétaire très souple des banques centrales provoque une hyper inflation?

La politique très souple de la BCE n’est pas un problème vu que l’inflation est encore loin de son objectif. Fin avril, la BCE a annoncé de nouvelles opérations de refinancement ciblées à des taux négatifs intéressants. Résultat: les banques peuvent se financer à très bon prix. La BCE a également annoncé que son programme d’assouplissement quantitatif devra peut-être s’intensifier (ce qu’elle a entre-temps fait, NDLR).

Nous pensons que la BCE poursuivra dans la voie de l’assouplissement quantitatif pour stimuler l’inflation. Le dernier chiffre pour la zone euro (avril 2020) se situait à 0,3%, soit bien en dessous de l’objectif de 2%. La combinaison entre une politique budgétaire expansionniste et un assouplissement de la politique de la BCE ne devrait pas suffire pour rehausser significativement les attentes en matière d’inflation pour 2020. Le recours à la planche à billets pourrait créer de l’inflation, mais à première vue nous en sommes encore très loin.

3. Où trouvez-vous des opportunités intéressantes sur le marché obligataire? Pouvez-vous citer quelques exemples?

Pour nos fonds européens, nous privilégions les obligations souveraines des pays de la périphérie de l’Europe, comme Chypre, la Grèce, l’Italie et le Portugal, ainsi que les obligations d’entreprises européennes solvables, parce qu’elles offrent, selon nous, le meilleur rapport risque/rendement. Ces deux catégories d’actifs sont soutenues par le programme d’assouplissement quantitatif de la BCE.

Nous détenons également un panier de devises européennes, comme la couronne norvégienne, le zloty polonais et la couronne tchèque. Les mesures prises par la BCE et l’UE doivent contribuer à soutenir les marchés obligataires européens et créer des opportunités pour les investisseurs.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés