interview

"Nous sommes prêts à payer un peu plus pour des entreprises prévisibles" (Rik Dhoest, Nagelmackers)

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Chez Nagelmackers, Rik Dhoest gère trois fonds avec Pascale Nachtergaele: petites capitalisations, grandes capitalisations et immobilier. "Nous n’achetons jamais avant d’avoir rencontré le management."

1. Comment le fonds de petites capitalisations se porte-t-il cette année?

Depuis le début de l’année, nous affichons un rendement de 13,2%, ce qui est légèrement inférieur à l’indice MSCI Europe Small Cap (+ 15,3% au 30/8), mais comparable aux autres fonds de la même catégorie. Cette année, les résultats des small caps s’inscrivent dans la ligne des grandes actions stars. Une de nos principales positions (aux côtés d’ASMI et de Fagron) est la chaîne de fitness néerlandaise Basic Fit (4,7% du portefeuille), qui est à nos yeux un modèle d’entreprise prévisible.

Pour l’instant, nous n’investissons pas dans des actions qui fluctuent en fonction de la guerre commerciale. Nous n’achetons donc pas d’actions industrielles ou cycliques. Nous ne détenons pas non plus de banques. Sur le marché actuel, il faut bien entendu être prêt à payer un peu plus si l’on veut acheter des entreprises prévisibles. C’est ce que nous avons fait.

Nos positions défensives ne nous ont pas aidés au début de l’année, mais après le mois de janvier, les modèles d’entreprise prévisibles se sont bien comportés.

2. Quels changements avez-vous apportés au fonds cette année?

La liquidité demeure un problème avec les small caps. C’est la raison pour laquelle nous avons par exemple réduit notre participation dans Picanol. Un gestionnaire de fonds doit aussi être prêt à vendre. Nous avons légèrement réorienté notre fonds de small caps vers les mid caps.

Nous avons aussi vendu Kendrion, une société industrielle spécialisée dans les systèmes de freinage pour l’automobile, un secteur susceptible de fluctuer au gré des déclarations de Trump et de Xi. Nous l’avons remplacée par Takeaway.com. Les gens continueront à commander des repas en ligne, quel que soit le contexte économique.

Takeaway.com se situe clairement sur un marché de type "the winner takes it all". Le groupe néerlandais est en train de réussir son pari, notamment grâce au rachat de la branche allemande de Delivery Hero.

La plupart des entreprises de notre portefeuille sont belges ou néerlandaises. Et nous rencontrons toujours le management avant d’acheter une action.

3. Que pensez-vous des investissements dans l’immobilier?

Notre fonds de small et mid caps est investi dans l’immobilier à hauteur de 15%. C’est un secteur défensif par excellence. Le vieillissement de la population est aussi un des thèmes sur lesquels nous misons. Dans le fonds small caps, Aedifica, qui loue des maisons de repos, fait partie de nos dix principales positions, avec 4,9% du portefeuille.

L’immobilier profite à fond de la baisse des taux à long terme. Le rendement du dividende des actions immobilières européennes est de 5% supérieur au taux allemand à dix ans. C’est le niveau le plus élevé depuis mars 2009. Le fonds immobilier est actuellement le plus performant de nos trois fonds, avec un rendement de 20,7% (au 30/8) depuis le début de l’année, contre 12,9% pour l’indice de référence européen. Nos investissements dans l’immobilier belge ont largement contribué à nos résultats. Care Property, Aedifica, WDP et VGP font partie de nos dix principales positions. Xior, le spécialiste en kots étudiants, occupe également une place de choix dans notre portefeuille, avec 4,9%.

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