interview

"Si on souhaite percevoir un revenu, on n'a d'autre choix que les actions"

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"Avant, il suffisait d’acheter quelques obligations pour obtenir un beau revenu. Aujourd’hui, le rendement du dividende est nécessaire si vous souhaitez tirer un revenu annuel de vos investissements", explique Lewis Aubrey-Johnson, responsable des fonds à rendement fixe chez Invesco. peter van maldegem

1. Est-ce tellement difficile d’obtenir un rendement dans l’environnement de taux bas que nous connaissons?

À la fin des années 90, il suffisait d’investir dans des titres locaux à rendement fixe pour percevoir un revenu décent. Mais ceux qui souhaitent aujourd’hui obtenir un revenu suffisant doivent prendre en compte le rendement du dividende des actions. Pour de nombreuses entreprises, ce revenu est supérieur au rendement de leurs obligations. Dans notre fonds mixte Global Income Fund, les actions représentent aujourd’hui 37% du portefeuille, mais 58% des revenus. Les principales actions du fonds à la fin août étaient des entreprises du secteur énergétique, comme Chevron, un acteur américain intégré qui affiche un rendement du dividende de 4% au cours actuel. La deuxième position était Royal Dutch Shell, avec un rendement du dividende de 6,8%. À titre de comparaison, les obligations de Royal Dutch Shell affichent un rendement négatif.

2. Quelles catégories d’obligations prenez-vous en compte pour vos fonds mixtes?

Nous considérons trois types d’obligations. Tout d’abord, les obligations subordonnées des banques. Ces dernières années, les ratios de capitaux des banques ont été renforcés. Je peux citer comme exemple l’obligation de la banque italienne Unicredit, qui offre un rendement annuel de 7,9% jusqu’à l’échéance. Nous regardons ensuite les obligations à haut rendement émises par des entreprises, comme celle du groupe hôtelier Radisson, cotées à 4,2%. Enfin, nous examinons les obligations de marchés émergents, par exemple les obligations souveraines indonésiennes qui, exprimées en dollar, affichent un rendement de 3%. Nous croyons au potentiel de l’Indonésie parce que son inflation est basse, qu’elle bénéficie d’un bon rating et qu’elle a entrepris des réformes. Cette internationalisation est d’ailleurs la deuxième condition importante si nous voulons obtenir du rendement. Le marché local ne suffit plus.

3. Ce changement de cap a-t-il modifié le profil de risque du fonds?

Au cours de l’année écoulée, nous avons progressivement réduit le profil de risque du fonds, même si cela a dû se faire au détriment des revenus. Nous avons pris cette décision parce que le ratio risque-rendement s’était détérioré suite à la forte baisse des taux. Nous sommes constamment confrontés à la difficulté de trouver le juste équilibre entre la protection du capital et la génération de revenus. Actuellement, les revenus supplémentaires que nous engrangeons en prenant des risques ne sont pas toujours à l’avenant. Nous n’avons aucune idée de la manière dont les marchés obligataires vont évoluer, mais nous sommes convaincus qu’une gestion active et flexible des obligations est une nécessité pour naviguer dans ces eaux turbulentes. Nous voulons aussi respecter notre gestion des risques. En termes de revenus pondérés en fonction du risque, le Global Income Fund fait partie des 10% des meilleurs fonds de sa catégorie.

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