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Quel fonds d'actions belges choisir?

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Sur dix ans, les fonds en actions belges ont dégagé une performance annuelle moyenne de 6%. Le rythme de progression a accéléré depuis 2000, avec une croissance de plus de 11%.

En dépit de deux crises financières majeures (en 2008 et 2011), les fonds de capitalisation investis en actions belges ont enregistré des progressions annuelles moyennes de près de 6% durant la dernière décennie. Soit un rythme plus rapide que l’indice Bel 20 Total Return dont la progression a atteint environ 4,5% et qui n’est d’ailleurs toujours pas revenu aux niveaux atteints durant les sommets de 2007. Ce rythme de progression n’a fait qu’accélérer ces dernières années, avec une hausse moyenne de 11,1% par an depuis mars 2010. Enfin, les différents fonds ont également grimpé de près de 15% depuis le début janvier.

C+F Belgian Growth de Capfi Delen Asset Management affiche de loin la meilleure performance sur 10 ans. Ce fond est très atypique, avec une exposition très faible sur les grandes capitalisations de la cote (seulement 6% des actifs sous gestion), avec seulement Ageas et Umicore parmi les 10 premiers poids dans le portefeuille. Ce fonds vise les actions affichant une valorisation inférieure au reste du marché. Durant les 5 dernières années, C+F Belgian Growth est toutefois resté assez nettement en retrait des autres de part un positionnement plus défensif, et une volatilité extrêmement basse.

Pas d’indice belge idéal

Sur les périodes les plus récentes, les fonds proposés par Petercam, Degroof et Axa ont tenu le haut du panier des récompenses annuelles, tandis que les fonds de Candriam ou BNP Paribas IM ont sensiblement redressé la barre. "A priori, investir en actions belges peut paraître facile, mais dans la pratique, ce n’est pas le cas, car les clients ont tendance à comparer avec le marché et il n’y a pas vraiment d’indice idéal pour investir sur le marché belge", souligne Johan Van Geeteruyen (gestionnaire du fonds Petercam Equities Belgium).

L’indice Belgian All Shares comprend 30 à 40% de sociétés qui n’ont pas leur siège en Belgique, et l’indice Bel 20  est dominé par quelques valeurs dont le poids est supérieur à 5% de l’indice. Si l’on voulait répliquer l’indice, il faudrait investir près de 70% des actifs sous gestion sur ces quelques valeurs, alors même que le régulateur empêche de concentrer plus de 40% du portefeuille sur des positions pesant plus de 5% des actifs sous gestion. "Même si j’apprécie beaucoup AB Inbev ou KBC, il ne m’est pas possible d’investir pleinement sur ces sociétés, et il sera donc obligatoire d’avoir de fortes convictions en dehors du Bel 20, et de se focaliser sur les bonnes histoires", précise Johan Van Geeteruyen.

"A priori, investir en actions belges peut paraître facile, mais dans la pratique, ce n’est pas le cas."
johan van geeteruyen
petercam

Du côté de la Banque Degroof, Dirk Pattyn, gestionnaire du fonds Degroof Equities Belgium Active, le récent vainqueur Fund Award 2014 de "L’Echo" et du "Tijd", a trouvé une solution en créant son propre indice de référence. "Nous avons 2 sociétés pondérées à 8%, 3 pondérées à 5%, 5 pondérées à 3%, le reste ayant une pondération de 2% maximum. Et nous pourrons dévier de ces pondérations de 3% vers le haut ou vers le bas. Ce qui veut dire qu’en dehors des 5 plus grosses valeurs de l’indice, nous serons libres d’affecter nos actifs là où nous voyons le meilleur potentiel" (avec toutefois une limite de liquidité de 200.000 euros par jour).

Viser le long terme

Les meilleurs fonds seront gérés essentiellement dans une optique "Buy & Hold", avec une composition du portefeuille qui changera peu d’une année sur l’autre "Notre sélection d’actions se base sur une analyse fondamentale des sociétés, complétée par de fréquents contacts avec les équipes dirigeantes. La plupart des sociétés qui expliquent notre bonne performance durant les cinq dernières années sont encore dans notre portefeuille", souligne Johan Van Geeteruyen (Petercam).

À la Banque Degroof, Dirk Pattyn souligne que la sélection de titre se base également sur des contacts fréquents avec les différentes directions, "mais également sur les recommandations des analystes de la banque ainsi que sur les avis d’autres analystes belges et étrangers". Parmi les fortes contributions à la performance des fonds en 2014, ce sont surtout des noms comme Kinepolis , IBA , Nyrstar , Melexis , Ackermans & van Haaren , CFE  ou Euronav  qui sont fréquemment citées.

Johan Van Geeteruyen (Petercam) souligne avoir toutefois été déçu par certaines de ses participations, comme Fagron , Econocom  ou EVS . "Je reste toutefois convaincu que ces groupes vont revenir au premier plan".

Secteurs mal aimés

Les meilleurs gestionnaires sont par contre relativement peu investis sur des secteurs comme les télécoms, la biotech ou l’immobilier. Pour le secteur biotech, les gestionnaires préfèrent généralement avoir une exposition limitée aux groupes ayant des pipelines diversifiés, avec suffisamment de liquidités. Petercam Equities Belgium limite par exemple son exposition sur ce secteur à 5% des actifs. Pour ce qui est de l’immobilier, le secteur est jugé généralement vulnérable en cas de remontée des taux, et les perspectives de croissance sont relativement faibles, avec une notable exception pour WDP, le spécialiste de l’immobilier de logistique.

Les valeurs qui reviennent le plus souvent parmi les 10 principales positions des portefeuilles sont les poids lourds de la cote, tels que KBC/AB Inbev/Ageas (9 mentions), GDF Suez/Solvay (7 mentions), Delhaize (6 mentions), UCB (5 mentions) ou Ackermans/Telenet/Umicore (4 mentions). Les petites et moyennes capitalisations apparaissant le plus fréquemment sont CFE (5 mentions), Kinepolis/Tubize (4 mentions), RTL (3 mentions) ou Melexis (2 mentions).

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