Investissez dans les sociétés qui révolutionnent le monde

SolarEdge Technologies est l’action la plus performante du fonds disruptif d’Amundi cette année. L’entreprise produit des transformateurs avancés. ©BELGAIMAGE

Avec son fonds "disruptif", Amundi mise sur les entreprises innovantes qui changent le monde et deviendront peut-être les géants de demain.

Disruption. C’est un mot résolument à la mode qui effraie les uns ou fait le bonheur de certains autres. Les entreprises ou les créatifs qui osent penser "out of the box" trouvent des solutions – produits ou services – plus simples, meilleur marché, plus rapides ou plus durables que ce que nous connaissons aujourd’hui. Lorsque ces solutions sont bien accueillies, elles peuvent mettre au tapis une marque existante en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire.

Fin 2016, le gestionnaire de patrimoine français Amundi a lancé un fonds d’investissement qui mise sur différentes formes de disruption dans la société actuelle. "Nous voulions créer un fonds qui surfe sur la vague des changements dans notre monde d’aujourd’hui et qui soit en même temps un fonds d’actions mondiales, décrit le gestionnaire du fonds, Wesley Lebeau. À l’époque, le marché connaissait une véritable explosion des fonds à thème unique – biotechnologie, robots, intelligence artificielle, etc. – mais nous voulions appliquer une vision plus large." La disruption en tant que thème sous-jacent est intéressante parce qu’elle est indissociablement liée à la croissance, ce qui crée des opportunités.

Lebeau souligne immédiatement les dangers de ces inventions révolutionnaires. "Toute période de transformation s’accompagne d’incertitudes. Lorsqu’une entreprise réussit à grandir très rapidement sur un marché donné, vous devez vous demander si elle est suffisamment bien organisée pour répondre à la demande. Un géant comme Facebook l’a appris à ses dépens: l’entreprise disposait d’un excellent produit, mais n’avait pas de vision stratégique claire et ne savait pas comment en tirer profit au niveau financier."

"La disruption est indissociablement liée à la croissance, ce qui crée des opportunités."
Wesley Lebeau
gestionnaire de fonds chez Amundi

L’univers dans lequel CPR Invest Global Disruptive Opportunities – c’est le nom complet du fonds – choisit ses investissements est en pleine évolution. "Il y a trois ans, lorsque nous avons lancé le fonds, le vivier dans lequel nous pouvions pêcher comptait 450 actions. Aujourd’hui, elles sont 770, et depuis lors, une centaine de noms ont déjà disparu suite à des reprises par des concurrents ou des acteurs de Private Equity", explique Lebeau, qui gère le fonds avec Estelle Menard.

Après un passage à travers un filtre quantitatif et une analyse fondamentale, le portefeuille retient au final 65 à 70 actions.

Technologie dominante

Comme on peut s’y attendre avec un fonds disruptif, les entreprises du secteur IT représentent une part importante du portefeuille, à savoir 43%. Par contre, les géants technologiques comme Amazon.com, Apple, Microsoft, Netflix ou Tesla brillent étonnamment par leur absence. Lebeau: "Nous privilégions des entreprises de moyenne capitalisation et nous accordons moins de place aux grands noms." Un deuxième groupe fortement représenté (23%) comprend des acteurs de la biotechnologie et d’autres entreprises du secteur des soins de santé. Le secteur industriel représente près de 20% du fonds.

"Auparavant, nous étions plus exposés à la Chine, mais nous avons pris nos bénéfices."
Wesley Lebeau
gestionnaire de fonds chez Amundi

Sur le plan géographique, l’Amérique du Nord se taille la part du lion, avec 80% du portefeuille. Le Japon représente 10% et l’Europe 8%. L’exposition aux marchés émergents est minime, soit 2% à peine. Quid de la Chine? "Auparavant, nous étions plus exposés à la Chine, mais nous avons pris nos bénéfices", explique Lebeau. Ce retrait est lié à la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis, qui par ailleurs crée aussi des opportunités. Par exemple, le gestionnaire a profité de la période volatile ayant suivi l’embargo américain sur l’utilisation des produits Huawei pour renforcer certaines positions. "Nous avons cherché à savoir qui pourrait le plus profiter de cette guerre commerciale."

Avec 3% du portefeuille, la principale position du fonds est aujourd’hui Salesforce.com, une entreprise américaine spécialisée dans les services de Cloud. Le spécialiste de la cybersécurité – Palo Alto Networks – représentait fin octobre 2,8% du portefeuille, contre 2,7% pour SolarEdge Technologies. Cette entreprise d’énergie intelligente, connue pour ses transformateurs avancés (qui transforment le courant continu produit par les panneaux solaires en courant alternatif, NDLR) est jusqu’à présent celle qui affiche le meilleur rendement. Pour la seule année 2019, son cours a augmenté de 130%.

Dans le top 10 du fonds, on trouve également Edwards Life, un leader des technologies innovantes dans le domaine de la chirurgie cardiaque (valves cardiaques) et Marvell Technology, un spécialiste des puces électroniques pour les réseaux 5G et qui compte parmi ses clients tous les grands fabricants d’équipements de réseaux. Cette année, les cours d’Edwards et de Marvell ont déjà augmenté de près de 60%. Le fait qu’une entreprise traditionnelle comme Merck & Co occupe une place de choix dans le fonds s’explique par ses activités dans l’immuno-oncologie, un domaine où la firme pharmaceutique américaine occupe une place de leader.

Depuis son lancement en décembre 2016, le fonds disruptif d’Amundi affiche un rendement moyen annuel de 11,9%, nettement supérieur à la hausse de 8,4% affichée par l’indice MSCI World.

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