"Le Private Equity est en passe d'atteindre sa maturité"

Pierre Marcolini est une des entreprises dans laquelle investit un des fonds de Private Equity de Schroders. ©Kristof Vadino

"Tandis que le nombre de sociétés cotées est en baisse, l’univers du Private Equity ne cesse de s’élargir", explique Rainer Ender, responsable Private Equity chez Schroders Adveq.

Pierre Marcolini est une des entreprises dans laquelle investit un des fonds de Private Equity de Schroders. ©Kristof Vadino

Ces dernières années, le marché du Private Equity (PE) a connu une croissance exponentielle. Aujourd’hui, les investissements dans des sociétés non cotées représentent environ 2.500 milliards d’euros, soit 3% de la capitalisation boursière de l’ensemble des sociétés cotées dans le monde. La croissance du secteur se traduit aussi par une augmentation du nombre de fonds de PE qui entrent dans le capital de sociétés non cotées pour les accompagner dans leur phase de croissance. D’après le Boston Consulting Group, 2.296 fonds de PE étaient disponibles sur le marché au début 2018, soit 25% de plus qu’un an plus tôt.

La société suisse Adveq, filiale du gestionnaire de patrimoine britannique Schroders, fait depuis 20 ans partie des leaders du secteur et propose des fonds qui investissent exclusivement dans des fonds de Private Equity. Au total, le groupe propose sept fonds de fonds différents, chacun investissant dans une quinzaine de fonds sous-jacents. "Nous cherchons des fonds qui misent sur de petites entreprises dont la valeur est inférieure à 100 millions d’euros, poursuit Rainer Ender. L’avantage est qu’il s’agit souvent d’entreprises familiales au moment où nous entrons dans le capital. Nous évitons d’investir dans des sociétés déjà aux mains d’autres acteurs du PE."

Cette préférence pour les petites entreprises s’explique aussi pour d’autres raisons. "Les grandes sociétés affichent souvent un taux d’endettement élevé et elles sont plus chères. Dans le segment des petites entreprises, le ratio d’endettement est souvent plus limité, parce que ces entreprises dépendent des financements bancaires, en particulier en Europe."

Hausse

Rainer Ender reconnaît que l’ensemble du marché du PE a suivi la tendance haussière des marchés financiers ces dernières années. "En fait, le Private Equity n’est plus aussi bon marché qu’en 2009. Les entreprises qui sont prêtes à entrer en Bourse sont souvent valorisées à des prix excessifs. Je parle ici des ‘licornes’ de cet univers, dont la plupart ne sont pas rentables", explique Rainer Ender.

En plus de la question de la liquidité des actions et de leur valorisation, le Private Equity est généralement considéré comme plus risqué que les entreprises cotées, vu que ces sociétés se trouvent encore dans leur phase de croissance initiale. "Certes, il y a des risques. Il suffit de se rappeler la sévère correction de la fin des années 90 aux Etats-Unis, mais ce risque est le même avec les entreprises cotées."

"Le Private Equity est transparent en ce sens que les investisseurs sont considérés comme des insiders."

Rainer Ender estime malgré tout que le Private Equity n’en est encore qu’à ses débuts. "Le PE est en train d’atteindre sa maturité en tant qu’investissement. Alors que le nombre d’entreprises cotées est en baisse, l’univers du Private Equity ne cesse de s’élargir."

En outre, le PE est de plus en plus considéré comme un moyen de diversification en période de taux bas. Pendant les mauvaises années boursières 2011 et 2018, il a affiché un rendement positif. "Les fonds réalisent un rendement moyen plus élevé que les indices d’actions cotées. Même s’il faut tenir compte de leur liquidité limitée." La durée des fonds est généralement de dix ans et il est pratiquement impossible de sortir avant l’échéance.

Transparence

Pour Rainer Ender, cela ne signifie pas que le PE est moins transparent que les entreprises cotées. "Lorsque vous devenez actionnaire d’un fonds de Private Equity, les informations sont plus transparentes, car vous êtes considéré comme un insider. Vous recevez alors davantage d’informations que ceux qui investissent dans des actions cotées", précise-t-il.

À l’heure actuelle, le Private Equity n’est cependant pas un investissement à conseiller à tout le monde. Les seuils d’accès sont encore élevés et les investisseurs doivent démontrer qu’ils connaissent suffisamment bien cette classe d’actifs. C’est ce qui explique que le Private Equity est aujourd’hui uniquement proposé à des clients de banques privées.

Actuellement, les 7 fonds de fonds proposés par Schroders sont uniquement accessibles aux clients institutionnels, mais la maison britannique espère les enregistrer prochainement au Luxembourg en tant que fonds d’investissement alternatifs (FIA). Cela permettrait d’abaisser le seuil d’accès à 50.000 dollars. "Les fonds seront également semi-liquides, ce qui signifie que les investisseurs auront la possibilité de sortir tous les trois mois, même si la sortie sera contrôlée. Un maximum de 5% des actifs pourra être retiré en même temps", ajoute Rainer Ender.

Qui est Schroders Adveq?


> Acteur suisse de Private Equity fondé en 1997
> Racheté par Schroders en 2017
> Possède des implantations à Zurich, New York etPékin
> Investit dans le segment Private Equity des petites entreprises
> Détient 8,8 milliards d’euros d’actifs sous gestion

Les fonds PE de Schroders Adveq investissent partout dans le monde. Un des fonds sous-jacents investit ainsi dans le producteur belge de chocolat Pierre Marcolini et un autre dans la firme belge de haut-parleurs Premium Sound Solutions.

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