Les investisseurs ont peut-être trop délaissé les actions européennes

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D’après le baromètre de Bank of America Merrill Lynch, la stratégie la plus prisée du moment est de vendre les titres européens, ce qui pourrait donner lieu à un rééquilibrage à l’avenir.

Les investisseurs ont réduit la part des liquidités dans leurs portefeuilles, signe d’une plus grande confiance à l’égard des actifs risqués. C’est l’un des principaux enseignements du sondage de Bank of America Merrill Lynch auprès de gestionnaires de fonds, dont les résultats ont été publiés ce mardi.

Conjoncture

Le pire serait passé

Goldman Sachs rejoint Morgan Stanley et Crédit Suisse dans l’analyse selon laquelle l’économie européenne serait en phase de rétablissement. D’après un rapport publié par la banque d’affaires américaine, les statistiques récentes tendent à dépasser de plus en plus les attentes. "Il y a des signaux provisoires que le pire du ralentissement économique se trouve derrière nous", indique ce rapport.

L’indice de surprise économique de Citi semble confirmer cette analyse. Il est inférieur à zéro depuis début septembre, ce qui traduit des données économiques inférieures aux prévisions. Mais depuis la fin du mois de février, cet indice se redresse sensiblement. Cette amélioration serait le fruit de politiques budgétaires plus souples, de prix pétroliers plus bas et d’une croissance salariale plus forte.

Parmi les sondés, la part du cash parmi les actifs gérés a baissé de 0,2 point de pourcentage, à 4,6%, "ce qui démontre un plus grand appétit pour le risque", analyse BofA. Toutefois, ce sentiment favorable à une plus grande prise de risque n’a pas bénéficié aux actions: l’exposition à ces titres a continué à diminuer. Seuls 3% des gestionnaires sont surpondérés en actions, soit "le plus bas niveau depuis septembre 2016", note la banque d’affaires, qui signale que "l’allocation en actions n’a été négative qu’une seule fois au cours des dix dernières années".

Ce mois-ci, la stratégie de gestion la plus prisée consiste à vendre les actions européennes. C’est la première fois que ce "trade" arrive en tête depuis les débuts du sondage. Les investisseurs restent sous-pondérés en actions européennes et britanniques. Ces données signalent que la méfiance à l’égard des actions européennes atteint un sommet, mais ce n’est pas nécessairement une mauvaise nouvelle: quand les investisseurs vont tous dans la même direction, il peut exister une exagération qui donnera lieu à une correction du marché en sens opposé.

Plus grosse crainte: la Chine

Selon BofA, les actions européennes n’ont battu le reste des actions mondiales que durant deux trimestres tous les deux ans; compte tenu du pic des ventes d’actions européennes, on pourrait bien entrer dans un tel trimestre, suppose la banque d’affaires.

Par ailleurs, la plus grande crainte des investisseurs est le ralentissement économique en Chine (30%), devant la guerre commerciale (19%), alors que cette dernière avait dominé au cours des neuf mois précédents. Enfin, le nombre de gestionnaires jugeant le dollar surévalué atteint son plus haut niveau en 16 ans.

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