Un nouveau fonds abaisse le seuil d’accès au Private Equity

Le fonds investira dans des projets d’infrastructure, tels que la reconstruction de routes. ©Markus Scholz/dpa

Avec son fonds ELTIF, BNP Paribas Fortis permet à ses clients fortunés d’accéder à des investissements dans les infrastructures. C’est la première fois en Belgique qu’un fonds ELTIF est ouvert aux particuliers.

En banque privée, le Private Equity – en d’autres termes, des investissements dans des actions non cotées – n’est accessible que moyennant le respect de certaines conditions. Non seulement le profil de risque du client doit lui permettre d’investir dans des produits illiquides, mais il doit également disposer d’un patrimoine important. Chez BNP Paribas Fortis Private Banking, le seuil pour accéder aux fonds de Private Equity a été fixé à 5 millions d’euros.

Avec son nouveau fonds, la banque ouvre aujourd’hui le Private Equity à un plus large segment de sa clientèle. Les clients disposant d’avoirs d’au moins 2.500.000 euros peuvent souscrire un fonds ELTIF, à savoir un fonds détenant un label spécifique conforme à la réglementation européenne. L’investissement minimum a été fixé à 125.000 euros.

"Un rendement net de 10% peut sembler élevé, mais c’est parfaitement réalisable avec ce type de projets d’infrastructure."
Serge Langhendries
BNPP Fortis Private Banking

Le fonds – géré par BlackRock – investira dans de grands projets d’infrastructure, principalement en Europe. Comme exemples de projets, on peut citer les réseaux de fibres optiques, les centres de données, les batteries destinées au stockage d’énergie, la reconstruction de routes, l’agrandissement de ports, etc.

Le fonds est géré sur la base des mêmes principes qu’un fonds de Private Equity, ce qui signifie que l’investisseur s’engage pour un montant donné, mais que ce montant ne doit pas être immédiatement investi par le fonds. "La phase d’investissement du fonds se déroule au cours des quatre premières années. Cela signifie que le montant de l’investissement n’est entièrement investi qu’après environ quatre ans", explique Serge Langhendries de BNP Paribas Fortis Private Banking.

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Les revenus sont distribués au fur et à mesure que les projets génèrent du rendement. "L’objectif est que l’investisseur récupère le montant investi après environ huit ans. Les coupons distribués au cours des deux dernières années représentent la plus-value de l’investissement", poursuit Langhendries. Le fonds ambitionne d’obtenir un rendement annuel net de 10%. "Cela peut sembler élevé, mais grâce à une gestion active, c’est parfaitement réalisable avec ce type de projets d’infrastructure. N’oubliez pas qu’il s’agit de contrats à long terme", précise Langhendries.

Bien entendu, des frais sont liés au fonds. Les droits d’entrée se montent à 2% chez BNP Paribas Fortis Private Banking. S’ajoutent des frais de gestion annuels de 1,5% du montant investi et 10% de commission de performance si le rendement du fonds est supérieur à 7%. Sur le plan fiscal, le fonds tombe sous le coup de la "taxe Reynders", même si dans la pratique, elle devrait être limitée. "Le fonds n’investit pas dans des infrastructures via des instruments de crédit", ajoute Langhendries.

Diversification

Grâce à ce fonds, la banque privée souhaite offrir de la diversification à ses clients. Les infrastructures et les actifs tangibles trouvent de plus en plus leur place au sein des portefeuilles. Les investissements dans ce type d’actif exigent aussi un autre état d’esprit. "Si vous investissez dans le fonds, vous n’avez pas accès à votre argent pendant dix ans. Vous devez donc en tenir compte. C’est pourquoi ce type d’investissement ne peut jamais représenter plus de 5% du patrimoine mobilier total de l’investisseur", explique Langhendries.

C’est la première fois en Belgique qu’un fonds ELTIF (European Long Term Investment Fund) est ouvert aux particuliers.

C’est la première fois en Belgique qu’un fonds ELTIF (European Long Term Investment Fund) est ouvert aux particuliers. Ces fonds sont relativement nouveaux. L’Europe a créé ce statut en 2005. Il s’agit d’un label accordé à un produit d’investissement – fonds immobilier, d’infrastructure ou d’investissement. Les fonds ELTIF peuvent financer directement des projets. Ce label s’inscrivait dans la stratégie «Europe 2020», censée mettre l’économie européenne sur le chemin d’une croissance intelligente, durable et inclusive.

Pour obtenir ce label, les fonds doivent répondre à plusieurs exigences: les institutions doivent par exemple investir dans certaines catégories d’actifs: il doit s’agir d’investissements à long terme contribuant à une croissance durable. Ensuite, ils doivent être suffisamment diversifiés et certains investissements sont exclus. Le financement par effet de levier doit rester limité. La réglementation européenne a été transposée en droit belge le 9 décembre 2015. Mais ces dernières années, ces fonds sont restés plutôt confidentiels.

Avec son nouveau fonds, BlackRock souhaite collecter 400 millions d’euros, dont plus de 25% devraient provenir de la clientèle de BNP Paribas Private Banking en Belgique et en France.

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