BASF s'inquiète à son tour de la guerre commerciale

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Le secteur de la chimie est en passe de connaitre sa pire année boursière depuis 2008. Victimes collatérales des tensions USA-Chine, plusieurs grands groupes ont récemment lancé des avertissements sur résultats. Dernier exemple en date, l'allemand BASF.

Alors que le secteur automobile  subit de plein fouet les inquiétudes liées aux tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, il contamine progressivement un autre compartiment, celui de la chimie . En témoigne l'avertissement sur résultats lancé par BASF   vendredi soir. Le géant allemand a abaissé sa prévision de résultat opérationnel courant (hors exceptionnels) pour 2018: il table désormais sur un "net recul" de 15% à 20% contre une chute de l'ordre de 10% précédemment. "Bien que les motifs du profit warning ne soient pas surprenants, son ampleur l'est", juge la banque privée Bankhaus Lampe.

Selon les termes de BASF, cette révision est "largement attribuable" aux problèmes rencontrés par le segment chimie du groupe, qui représentait environ 20% de son chiffre d'affaires l'année dernière. Il pointe principalement une chute plus brutale que prévu des prix d'isocyanate - utilisés entre autres dans la fabrication de matelas en mousse et isolants - et des marges de vapocraqueurs.

Le groupe cite aussi la sécheresse subie en Allemagne qui a entrainé un niveau historiquement bas du Rhin et l'oblige à ne pas charger complètement ses barges. Au quatrième trimestre, il évalue l'impact négatif à environ 200 millions d'euros après 50 millions au trimestre précédent. On rappellera que son concurrent Covestro   a lui-même lancé un avertissement sur résultats il y a quelques semaines pour cette même raison.

Ralentissement de la demande chinoise

BASF souligne également le ralentissement de la demande chinoise, qui affecte ses activités avec les constructeurs automobiles. "La demande des clients en Chine a considérablement ralenti", indique le groupe allemand dans son communiqué. Et accuse la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine d'en être la cause.

C'est précisément ce facteur qui inquiète les analystes. Et les perspectives ne sont guère réjouissantes. Selon Andrew Stott (UBS), les premiers mois de 2019 s'annoncent comme le début d'année le plus difficile de l'industrie chimique en quatre ans. "Pour l'année prochaine, nous envisageons la pire période de contraction de la demande depuis 2015", explique l'analyste. "Nous pensons que, pour les deux prochains trimestres au moins, nous nous sentirons davantage comme 2012", lorsque le secteur n’a enregistré qu’une croissance modérée.

Et d'ajouter: "Beaucoup dépendra du redressement de la Chine et du secteur automobile européen, ainsi que du marché mondial de la construction".

 

"Bien que les motifs du profit warning ne soient pas surprenants, son ampleur l’est", souligne la banque privée Bankhaus Lampe

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