En 2018, l'évolution du prix du baril a déjoué tous les pronostics

©Bloomberg

L'année qui s'achève a été marquée par la volatilité des prix pétroliers. Or, quand on connaît l’importance de cette variable pour des pans entiers de l’économie (consommation, coûts pour les entreprises, inflation, etc.), on comprend mieux pourquoi elle a tellement influencé les marchés.

Le baril de Brent avait terminé l’année 2017 à environ 67 dollars. Le 3 octobre dernier, il a culminé à près de 87 dollars, ce qui représente une hausse de près de 30%, avant de retomber brutalement, en moins de trois mois, à moins de 55 dollars, soit un plongeon de… 36%.

Les fluctuations du baril ont constitué un paramètre crucial pour l’investisseur en 2018. Et elles pourraient bien l’être encore en 2019…

À terme, ce récent reflux des prix pétroliers sera sans doute considéré comme une bonne chose en Europe car, cette année, l’euro a légèrement baissé face au dollar, ce qui renchérit encore le prix des combustibles pour les consommateurs et les entreprises. Il est également intéressant de noter que la hausse des cours du brut durant les trois premiers trimestres a bien aidé les banques centrales.

Les prix de l’énergie ont soutenu l’inflation partout dans le monde, ce qui a favorisé le resserrement monétaire ou, à tout le moins, la réduction des politiques ultra-accommodantes. La montée du prix du baril est ainsi à l’origine d’une bonne part de la hausse des taux d’intérêt, même si elle est légère en Europe: en moyenne, sur l’année, les taux de 2018 sont plus élevés que ceux de 2017.

Tractations

Rétro 2018

Migrations, climat, Brexit... Voici ce qu'il faut retenir de 2018 pour comprendre 2019

Quels sont réellement les chiffres de la migration? Que vaut finalement une biotech comme Mithra? Le Brexit est-il aussi dévastateur qu’on le dit? 

Découvrez notre rétro 2018 >

Et quand, aujourd’hui, la Banque centrale européenne estime que l’inflation va continuer à progresser vers son objectif malgré le repli récent du baril, c’est bien compréhensible puisqu’on reste encore au-dessus des niveaux affichés au premier semestre 2017. L’inflation consistant à comparer les prix d’une année à l’autre, l’effet de base dû aux prix énergétiques continuera sans doute à soutenir l’inflation "au moins jusqu’à l’été", pour reprendre une expression chère à Mario Draghi, le président de la BCE… On en vient parfois à se demander si le cartel de l’Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole), les Etats-Unis et la Russie n’ont pas plus de pouvoir que notre banque centrale en matière de contrôle de notre inflation.

Ceci démontre en tout cas toute l’importance de suivre de près les tractations entre ces trois grands acteurs de la production pétrolière. Songeons aux pressions récentes du président américain Donald Trump sur l’Arabie saoudite pour qu’elle augmente sa production. Ou encore à l’intention de la Russie et de l’Opep, dévoilée au printemps, de collaborer sur dix à vingt ans pour contrôler la production. De plus, la baisse des prix pétroliers peut tout autant être un indice du ralentissement de l’économie mondiale. La Chine, premier consommateur de matières premières au monde, est en première ligne à cet égard: si la deuxième économie mondiale ralentit sa croissance, les cours du brut risquent de continuer à fléchir.

Voilà pourquoi les fluctuations du baril ont constitué un paramètre crucial pour l’investisseur en 2018. Et elles pourraient bien l’être encore en 2019…

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect