Forte hausse de la popularité de l'investissement durable

©Martijn de Jonge / HH

Plus de la moitié des investisseurs ont augmenté leurs investissements durables. Les jeunes investisseurs sont plus enthousiastes que les aînés.

Le gestionnaire britannique Schroders vient de publier une large étude qui passe en revue les comportements des investisseurs particuliers face aux investissements socialement responsables. Dans l’ensemble, ce sont plus de 22.000 particuliers (qui ont l’intention d’investir au moins 10.000 euros durant les 12 prochains mois) qui ont été interrogés.

Pour le marché belge, ce sont 420 gros investisseurs qui ont répondu à l’enquête, "ce qui permet d’avoir un taux de pertinence statistique supérieur à 95%", souligne Wim Nagler, sales director pour la Belgique et le Luxembourg chez Schroders.

Il souligne que plusieurs grandes conclusions peuvent être tirées des données récoltées. Tout d’abord, l’intérêt pour cette forme d’investissement est en forte progression partout dans le monde. "C’est plus particulièrement vrai dans les pays émergents, et notamment en Asie et en Amérique latine, probablement parce que les investisseurs dans ces pays sont plus directement confrontés dans leur vie de tous les jours à des problèmes de gouvernance, à des manquements en termes de droits des travailleurs, ou à une plus grande permissivité en matière environnementale."

Progression moins marquée au Nord

La progression est moins marquée dans les pays du Nord de l’Europe, comme en Belgique, aux Pays-Bas ou en Scandinavie. "Mais ce phénomène s’explique ici par le fait que ces pays se sont intéressés depuis longtemps aux problématiques de l’investissement durable, et la marge de progression est donc moindre." Pour autant, Wim Nagler souligne que l’investissement socialement responsable est clairement en train de faire son chemin dans les habitudes des investisseurs.

Impact positif

"Pas moins de 64% des investisseurs interrogés (54% pour le marché belge) ont indiqué avoir investi davantage dans les fonds ISR (investissement socialement responsable, NDLR) durant les cinq dernières années. Nous avons également remarqué que les plus jeunes sont beaucoup plus enthousiastes dans ce domaine que les investisseurs plus âgés, qui auront davantage tendance à être plus nuancés, et ce tant en Belgique que dans le reste du monde."

Enfin, Wim Nagler indique également que les investisseurs viennent désormais plus facilement vers les fonds environnementaux car ils estiment qu’il y a des opportunités économiques intéressantes dans les sociétés exposées sur ces secteurs d’avenir. "Les investisseurs viennent aujourd’hui vers ces stratégies parce qu’ils pensent que la performance va suivre. Par contre, pour les fonds davantage exposés sur les thématiques sociales, les motivations seront davantage liées à l’impact positif de cet investissement sur la société."

"Les différentes études académiques pointent vers une performance des stratégies ISR qui est plus ou moins équivalente sur le long terme à la performance de l’ensemble du marché. Je pense qu’il ne faut pas trop se focaliser sur les bons résultats de ces fonds durant les cinq dernières années, car ceux-ci ont été principalement favorisés par la sous-exposition des fonds ISR au secteur pétrolier. Et lorsque le prix du baril remontera, les fonds ISR auront logiquement plus de mal à dégager une performance supérieure aux fonds globaux", souligne encore Wim Nagler.

Principes ISR

Enfin, il indique également qu’il est désormais devenu pratiquement obligatoire pour les gestionnaires d’actifs d’intégrer des principes ISR dans la construction des fonds, notamment pour pouvoir être pris en considération afin d’être sélectionné par des investisseurs institutionnels comme les fonds de pension ou les compagnies d’assurance. "D’ici quelques années, tous les fonds qui ne fonctionneront pas avec des principes soutenables ne seront tout simplement plus pris en considération."

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