La BCE s'apprête à prolonger mais à diminuer ses achats

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La BCE devrait annoncer une réduction de son programme d’achats mensuels tout en le prolongeant. Attention, les perspectives d’inflation s’améliorent…

Moins mais plus longtemps ("lower for longer"): c’est l’expression qui revient le plus fréquemment dans les commentaires des économistes lorsqu’on évoque l’avenir du programme d’achats d’actifs de la Banque centrale européenne (BCE). Jeudi, cette dernière réunira son conseil des gouverneurs pour fixer la politique monétaire de la zone euro. La plupart des analystes s’attendent à l’annonce d’une prolongation des achats de l’institution mais pour un montant inférieur aux 60 milliards d’euros mensuels applicables jusqu’en décembre.

"Cette réunion de la BCE pourrait très bien être le point d’inflexion pour les taux des obligations."
Frank Vranken
Chef stratégiste chez Puilaetco Dewaay

Les économistes évoquent aussi un "quantitative tightening" (resserrement monétaire quantitatif), par référence au "quantitative easing" (assouplissement quantitatif) qui désigne les achats d’obligations destinés à faire pression sur les taux d’intérêt. On qualifie aussi de "dovish tapering" (ralentissement en douceur) la délicate manœuvre que la BCE s’apprête à annoncer. Toutes ces formules indiquent que les marchés s’attendent à voir la gardienne de l’euro agir avec la plus grande circonspection en annonçant les prochaines étapes devant mener à l’arrêt du programme d’achats d’actifs.

Jusqu’en septembre?

Le scénario idéal – ou du moins le plus attendu – consisterait en une prolongation des achats à concurrence de 30 milliards d’euros par mois pendant neuf mois. C’est ce qui ressort d’une enquête réalisée par l’agence Bloomberg auprès de 57 économistes. Ces derniers s’attendent à voir le programme de la BCE prendre fin en septembre 2018, moment où l’institut monétaire devrait, selon eux, modifier sa "forward guidance" (engagement pour l’avenir). Puis, il est question d’une hausse du taux de la facilité de dépôt (guichet au jour le jour pour les banques) au premier trimestre 2019 puis d’une première hausse du principal taux directeur (refinancement hebdomadaire) au deuxième trimestre 2019.

Les dernières statistiques sur l’économie de la zone euro laissent peu de place au doute: la BCE devrait bel et bien s’engager dans la voie d’un futur arrêt de son programme.

Le moral des consommateurs est au plus haut depuis plus de dix ans, les exportations résistent à la hausse récente de l’euro, la production industrielle accélère, les prix à la production remontent et le chômage est inférieur de près d’un point de pourcentage au niveau de l’an dernier. Mardi, les PMI, indices basés sur les anticipations des directeurs d’achats, qui donnent une bonne idée de la croissance économique, ont montré que la conjoncture restait bien orientée en zone euro. En outre, ces indices ont montré que la hausse des prix à la production devrait accélérer, ce qui a provoqué une hausse des anticipations d’inflation sur les marchés. C’est une information capitale pour la BCE.

Celle-ci sera-t-elle dès lors encline à durcir davantage sa politique? "Les investisseurs feraient mieux d’être prudents", avertit Frank Vranken, chef stratégiste chez Puilaetco Dewaay. "Les chances que Mario Draghi (le président de la BCE, NDLR) surprenne les marchés ne sont pas minces. Que ce soit dans les propos ou les actions qui seront annoncées, cela pourrait très bien être le point d’inflexion pour les taux des obligations." On sera fixé jeudi vers 13h45 pour la décision et à partir de 14h30 pour les propos de Draghi.

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