Les marchés européens en rouge vif. Que se passe-t-il?

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Toute l'Europe est dans le rouge. La Bourse de Tokyo avait dévissé de plus de 4% à la clôture, gagnée par la panique après la chute vertigineuse de l'indice vedette Dow Jones à Wall Street. Des analystes parlent d’une correction en cours, de l’ordre de 10%, pour les marchés. Celle-ci était attendue au vu des records historiques battus quasi quotidiennement par les Bourses américaines récemment.

A l'ouverture ce mardi, le Bel 20 perdait plus de 3%, à l'instar des autres grands indices européens.

La Bourse de Tokyo avait fini en baisse de 4,73%, sa plus lourde perte depuis quinze mois, pour retomber à son plus bas niveau depuis la mi-octobre, dans le sillage des marchés américains.

Les Bourses européennes et américaines avaient prolongé leur repli ce lundi.

→ A Wall Street, le Dow Jones a cédé jusqu’à 6,26% en cours de séance et avoir connu sa plus forte baisse hebdomadaire la semaine dernière depuis deux ans. L’indice vedette a finalement terminé en baisse de 4,61% à 24.345,23 points. Le S&P 500 a perdu 4,11% à 2.468,69 points, et le Nasdaq a lâché 3,78% à 6.967,53 points.

En Europe, le Stoxx 600 a effacé tous ses gains depuis le début de l’année.

Que se passe-t-il?

Le mouvement de repli des marchés d’actions est parti de la remontée des taux obligataires. Ceux-ci sont montés en flèche en raison de la menace inflationniste aux Etats-Unis, qui avait été tenue à l’écart depuis 2009.

©Bloomberg

La semaine dernière, les chiffres de l’emploi aux Etats-Unis ont été reçus très froidement par les investisseurs. Ceux-ci ont surtout retenu que le salaire horaire moyen est remonté de 2,9% en janvier, une progression plus observée depuis 2009, et supérieure aux attentes des analystes, qui espéraient une progression de 2,7%. Ces chiffres laissent à penser que la Réserve fédérale va resserrer davantage ses taux d’intérêt, une perspective qui fait frémir les investisseurs.

Certains gestionnaires de fonds estiment que la déroute des marchés d’actions n’est pas terminée. "Il est probable que les marchés vont continuer à s’ajuster à davantage de hausse de taux d’intérêt de la Fed que ce qui a été anticipé jusqu’à présent", indique Shane Oliver, gestionnaire de fonds chez AMP Capital. "Le repli des marchés n’est qu’une correction attendue depuis longtemps, de l’ordre de 10%, plutôt qu’une entrée en marché baissier", ajoute-t-il.

Des obligations plus intéressantes

Des gestionnaires de fonds ont également remarqué que le repli des marchés d’actions s’explique par un basculement des investisseurs vers les obligations. "Il n’y a pas de seuil bien défini, mais le papier américain à dix ans, qui s’approche de 3%, redevient plus attrayant", relève Mike Dowdall, gérant de BMO Global Asset Management. "Un des credo du marché ‘bull’ était que les actions sont bon marché au regard des obligations, mais les obligations deviennent moins chères, surtout à l’altitude où nous sommes", constate Michael O’Rourke, responsable de la stratégie chez Jones Trading. "C’est pourquoi on prend ses bénéfices et c’est sans doute bien vu", ajoute-t-il.

"Il faut s’attendre à ce que la volatilité se normalise aussi après une période de calme anormal. Mais tant que la remontée des taux longs obligataires reste modérée, nous restons confiants."
Mark Haefele
Responsable stratégie d'investisseurs (UBS)

Plusieurs analystes s’inquiétaient depuis déjà quelques semaines des records battus en boucle par les marchés d’actions américains. Le Dow Jones, le S&P 500 et le Nasdaq ont touché de nouveaux records historiques quasi quotidiennement avant le retournement de tendance de la semaine dernière. L’indicateur "bull-bear" de Merrill Lynch, qui avait prédit avec justesse les 11 corrections des marchés d’actions depuis 2002, avait lancé vendredi dernier un signal "vendre".

Baromètre de la peur des investisseurs, l’indice Vix est remonté à 17 points ce lundi, soit une progression de 50% sur une semaine.

Mais chez UBS, Mark Haefele, responsable de la stratégie d’investisseurs, souligne que cette hausse "doit être remise dans son contexte". "Avec une normalisation de la politique monétaire, il faut s’attendre à ce que la volatilité se normalise aussi après une période de calme anormal. Mais tant que la remontée des taux longs obligataires reste modérée, nous restons confiants que les conditions de marché restent raisonnables", ajoute-t-il. D’après lui, ce n’est pas le moment de réduire son exposition aux actions.

Chez JPMorgan, les responsables de la stratégie estiment que "le repli doit être perçu comme une nouvelle opportunité de renforcer ses positions". Les analystes sont partagés sur une baisse durable des marchés.

Pourquoi les marchés chutent-ils? Comment réagir?

 

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