À la recherche des nouvelles vedettes technologiques US

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Les actions d’anciennes entreprises célèbres, comme Oracle, IBM, Cisco ou même Apple, sont relativement bon marché, tandis que les sociétés qui surfent sur les nouvelles vagues - comme les réseaux sociaux ou les services de "cloud" - se négocient à des valeurs astronomiques.

Si la Silicon Valley a déjà enrichi de nombreux investisseurs, elle en a également envoyé plusieurs au tapis. Le nom "Silicon Valley" provient du grand nombre de concepteurs de puces et de fabricants de semi-conducteurs initialement installés dans la vallée au sud de San Francisco; la plupart de ces entreprises ont aujourd’hui disparu. Voilà qui illustre à quel point la technologie peut être "disruptive". Elle peut changer le monde à la vitesse de l’éclair, mais n’épargne pas son secteur. Les gagnants d’aujourd’hui pourraient bien être les perdants de demain.

Pour investir efficacement dans les entreprises technologiques, il est conseillé de bien étudier les sociétés au préalable et de suivre attentivement le marché. Cette année, le secteur a fait un peu mieux que la moyenne boursière. Le Nasdaq Composite, qui se compose pour moitié de sociétés technologiques, a gagné 3% depuis le début de l’année, tandis que l’indice S&P 500 a perdu 5%. Quant au sous-secteur technologique du S & P 500, il s’est érodé depuis le début de l’année, cédant 2%.

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Les sociétés technologiques américaines – avec une valorisation moyenne de 18,7 fois les bénéfices attendus pour 2015 et un rendement du dividende de 1,3% – restent abordables sans pour autant être bon marché. Le secteur est un peu plus cher que le S&P 500, qui est globalement évalué à 17,5 fois les bénéfices. "Le secteur est relativement bien évalué, et donc meilleur marché qu’habituellement, car il cote normalement avec une prime proche des 30%, explique le stratégiste Tom Mermuys de KBC Asset Management. Comme pour les autres actions, nous sommes prudemment optimistes pour les sociétés technologiques. Le secteur profite de la reprise de la conjoncture économique, surtout aux états-Unis, et de l’augmentation du pouvoir d’achat des consommateurs."

Malgré tout, KBC Asset Management préfère les entreprises technologiques européennes. L’analyste Yves Dalemans pointe Nokia et SAP: "Après la vente de sa division GPS, Nokia peut gâter ses actionnaires, et SAP prévoit une forte croissance dans les services de cloud. Une grande part de son chiffre d’affaires est déjà assurée grâce à des contrats de licence à long terme."

10 à 11
Les anciennes sociétés technologiques, comme Cisco Systems, IBM, Intel ou Oracle, affichent une valorisation raisonnable, avec des ratios cours/bénéfice de 10 ou 11.

L’analyste Wim Lewi de ValueScan constate que les actions technologiques américaines ne sont pas toutes logées à la même enseigne. Vous avez, d’une part, les anciennes sociétés technologiques qui sont bon marché – comme Cisco Systems, IBM , Intel et Oracle. Elles sont généralement valorisées à des niveaux raisonnables, avec des ratios cours/bénéfices de 10 ou 11. D’autre part, vous avez bon nombre de nouvelles sociétés technologiques qui surfent sur la vague des services de cloud, de la vidéo en streaming et des réseaux sociaux. Ces entreprises ont certainement fait de l’ombre aux sociétés traditionnelles, mais leur valorisation est beaucoup trop élevée par rapport à leur potentiel réel. À titre d’exemple, la valeur boursière totale des réseaux sociaux représente plusieurs fois la valeur record du marché des entreprises de médias traditionnels. Et on ne peut raisonnablement pas imaginer que l’ensemble du budget des médias traditionnels glissera vers les réseaux sociaux.

Laisser la maladie suivre son cours

"La maladie suit son cours, estime Wim Lewi. L’introduction en Bourse de la nouvelle eBay fut une catastrophe. Twitter est de retour à la case départ. La tendance au blocage des publicités et les exigences plus strictes en matière de respect de la vie privée devraient mettre un frein au jackpot des réseaux sociaux. De plus, la concurrence pour le marché des utilisateurs est féroce; aujourd’hui par exemple, MySpace semble faire son grand retour. De plus, des introductions en Bourse qui s’étaient faites en fanfare, comme AliBaba, se retrouvent déjà 30% en dessous de leur cours record."

"Pour le constructeur automobile Tesla aussi, la vigilance est de rigueur. Lors du salon de l’automobile de Francfort, il est apparu que Tesla n’était plus la seule entreprise à pouvoir coupler une batterie à un moteur électrique. Tout comme de nombreuses autres sociétés technologiques, l’action Tesla s’échange à 10 à 12 fois le chiffre d’affaires, parce que le marché s’attend à ce que la société soit reprise. Mais un groupe comme Apple ne paiera jamais des milliards pour Tesla: quelques centaines de millions suffiraient pour débaucher les meilleurs ingénieurs de Tesla."

Ces douze prochains mois, la maladie devrait suivre son cours, prévient Wim Lewi. "Les champions de chaque secteur, à savoir Google (moteur de recherche et contenu sur le net), Facebook (réseaux sociaux), Netflix (services de streaming) ou SalesForces (services de cloud) pourront, dans le meilleur des cas, conserver leur valorisation. Les entreprises de commerce en ligne comme Amazon sont surévaluées à cause des coûts cachés et des barrières à l’entrée trop basses. Les "suiveurs", après la récente chute de 25%, n’ont qu’à bien se tenir. L’efficacité des modèles opérationnels de nombreuses sociétés technologiques n’a pas encore été démontrée. Il y aura encore de nombreuses victimes."

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