Bataille en vue pour la Bourse de Londres, qui atteint un record

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Le cours du London Stock Exchange a touché un record historique ce mardi à la Bourse de Londres. L’action a grimpé de 7,17% à 2.870 pence, portant la capitalisation boursière du groupe à 12,94 milliards d’euros. Tout le secteur européen a profité de cet engouement. Euronext a pris 6,11%. Et Deutsche Börse a gagné 0,92%.

Objet d’une offre de rachat par la Deutsche Börse depuis la semaine dernière, l’opérateur de la Bourse de Londres fait désormais l’objet de convoitises des deux plus gros marchés de dérivés américains (et mondiaux), le Chicago Mercantile Exchange (CME), et l’Intercontinental-Exchange (ICE). Les deux Bourses n’ont pas encore officiellement déposé leur offre, mais l’IntercontinentalExchange a indiqué dans un communiqué avoir examiné l’opération.

"Le LSE est clairement un actif stratégique très recherché."
Nicky Beattie
Consultante spécialisée dans les structures de marché

Le groupe a désormais, selon les règles de la City, jusqu’au 29 mars pour faire sa demande officielle. "Il n’y a aucune certitude quant à une offre déposée, ni sur les termes financiers de l’offre", a toutefois précisé le communiqué. Quant au CME, des sources proches du dossier ont indiqué que la Bourse se penche aussi sur cette question. Elle n’a toutefois rien communiqué officiellement.

Avec une capitalisation boursière respective de 31 et 27 milliards de dollars, le CME et l’ICE figurent parmi les rares candidats à pouvoir lancer une contre-offensive à l’offre de Deutsche Börse. Le groupe allemand, qui pèse 14,83 milliards d’euros de capitalisation boursière, veut fusionner entre égaux avec le LSE, au terme d’un échange de titres où les actionnaires du LSE recevront 0,44 action du nouvel holding par action détenue. Le seul autre candidat potentiel est le Hong Kong Stock Exchange, qui a déjà un pied à Londres puisqu’il détient le London Metal Exchange, Bourse des métaux. La capitalisation boursière de ce groupe atteint 26,29 milliards de dollars.

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Répétition

Même si pour l’instant, Deutsche Börse est le seul candidat à avoir déposé une offre sur le LSE, le groupe se retrouve de nouveau confronté à des adversaires potentiels de taille. En 2004, lorsqu’il avait tenté de racheter le joyau de la City, le Nasdaq et le holding australien Macquarie group avaient déposé une contre-offre. Finalement, la Bourse de Londres était restée indépendante.

Le groupe allemand doit en outre obtenir l’accord de ses actionnaires, de ceux du LSE, mais aussi des régulateurs européens et britanniques.

Obstacles

L’ICE avait par ailleurs réussi là où Deutsche Börse avait échoué. Car le groupe allemand, après son échec sur le LSE en 2004, a tenté par deux fois de racheter Euronext, l’ensemble des Bourses de Paris, Amsterdam, Bruxelles et Lisbonne. La Commission européenne avait à chaque fois refusé ce rapprochement. Euronext avait été racheté une première fois par le New York Stock Exchange en 2007, avant de tomber dans les mains de l’ICE en 2013. Mais l’ICE ne s’intéressait qu’au marché de dérivés d’Euronext, le Liffe, et à sa chambre de compensation. En juin 2014, le groupe s’est séparé d’Euronext en mettant l’entité en Bourse.

L’IntercontinentalExchange, un des plus gros marchés de dérivés mondiaux, s’intéresse au London Stock Exchange. Le Chicago Mercantile Exchange serait aussi intéressé.

L’ICE n’a toutefois pas déposé d’offre officielle. Il peut jusqu’au 29 mars faire sa demande officielle. Le CME n’a rien communiqué officiellement.

Plusieurs intervenants de marché estiment que l’ICE pourrait déposer une offre supérieure à celle que Deutsche Börse a proposée. Le groupe allemand, opérateur de la Bourse de Francfort, pourrait être contraint de revoir son offre à la hausse.

Deutsche Börse pourrait être contraint de relever son offre sur le LSE. Car plusieurs intervenants de marché estiment que l’ICE peut offrir une offre supérieure. Toutefois, le marché de dérivés digère encore le rachat d’Interactive Data, un fournisseur de données financières, pour 5,3 milliards de dollars en octobre 2015, et celui de Trayport (pour 650 millions de dollars) le mois suivant.

En outre, comme pour Deutsche Börse, l’obstacle pour l’ICE sera la Commission européenne. Car en reprenant le LSE et LCH.Clearnet, sa chambre de compensation, l’ICE disposerait d’un monopole sur le marché européen.

Encore une fois, le LSE se retrouve au centre des convoitises. "Le LSE est clairement un actif stratégique très recherché", constate Nicky Beattie, consultante spécialisée dans les structures de marché. D’autant plus que son patron, le Français Xavier Rolet, devrait prendre sa retraite une fois le rachat du LSE achevé.

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