Bourse de Shanghai: des ventes à découvert "malveillantes"?

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La Bourse de Shanghai qui s'est effondrée d'environ 31% en moins d'un mois aurait-elle été la cible de ventes à découvert "malveillantes"? La police et le régulateur des marchés mènent l'enquête. Ce jeudi, l'indice de référence a terminé la séance en hausse de 5,8%.

La police chinoise et le régulateur des marchés ont lancé jeudi une enquête conjointe sur "des ventes à découvert malveillantes", une annonce censée rassurer le public sur fond de débâcle des Bourses locales, selon l'agence étatique Chine nouvelle.

Une équipe de police emmenée par Meng Qingfeng, le vice-ministre de la Sécurité publique en personne, s'est rendue jeudi dans des bureaux de la Commission chinoise de régulation des marchés financiers (CSRC).

La police et l'autorité de régulation vont enquêter de concert sur "des indices signalant des ventes à découvert malveillantes concernant les marchés boursiers", poursuivait le média d'Etat. Cette pratique financière courante et autorisée consiste à vendre à l'avance, à un prix déterminé au préalable, un titre qu'on ne détient pas encore en pariant sur sa baisse, avec l'idée d'empocher un gain le moment venu.

Cette enquête constitue un signal que "les autorités vont réprimer sévèrement les transactions contrevenant aux lois et aux réglementations", commentait Chine nouvelle.

La Bourse de Shanghai s'est effondrée d'environ 31% en moins d'un mois, une correction spectaculaire en dépit des efforts croissants des autorités.

©L'Echo

Dans un pays où l'écrasante majorité des investisseurs sont des particuliers, la débâcle boursière est largement commentée sur les réseaux sociaux, où les internautes oscillent entre désespoir et colère.

Ils ont notamment largement relayé des spéculations sur de possibles "ventes à découvert" par des investisseurs spéculatifs et des fonds spécialisés, accusés d'aggraver les pertes des boursicoteurs ordinaires. Et certains internautes avaient fustigé les dirigeants de la CSRC, exigeant leur démission. En réaction, le régulateur avait déjà promis vendredi dernier de tout faire pour sanctionner "les manipulations de marchés".

Décisions chocs

Soucieux d'éviter un imprévisible mécontentement populaire et de préserver sa crédibilité, le gouvernement chinois a multiplié ces derniers jours les décisions choc pour enrayer le plongeon des marchés.

Désormais, les plus gros actionnaires, ceux possédant plus de 5% dans une entreprise cotée, se sont vus interdire de vendre leur participation sur les six prochains mois, et la banque centrale promet de fournir des liquidités à volonté pour financer les achats d'actions.

La Bourse de Shanghai confirmait toutefois un net rebond jeudi, gagnant 5,8% en clôture, son gain le plus élevé depuis mars 2009, après avoir chuté de presque 4% en séance, suivant l'annonce de nouvelles mesures drastiques des autorités pour enrayer la longue débâcle des marchés chinois.

Lire notre éditorial: Les Chinois ont vite appris

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