Bye bye le Palais de la Bourse

Dernière cérémonie au Palais de la Bourse pour Vincent Van Dessel. ©Photo News

Le président de la Bourse de Bruxelles appelle le gouvernement à modifier les avantages fiscaux en faveur du capital à risque. Et se prononce contre la taxation des plus-values.

La Bourse de Bruxelles a connu une année 2014 positive. Les volumes de transactions ont progressé de 6,5% à 360 millions d’euros par jour, par rapport à 2013. Et le nombre de transactions par jour a augmenté de 3,5% à 57.376, par rapport à l’an dernier. Vincent Van Dessel, le président d’Euronext Bruxelles (l’entité qui pilote la Bourse de Bruxelles) relève aussi un volume record de cotations d’obligations d’entreprises et d’augmentations de capital. Il souligne que la capitalisation boursière de la Bourse de Bruxelles a atteint 313 milliards d’euros, un record. "Le record de 2007 a été dépassé, et cela malgré la disparition des grandes banques après la crise financière. L’économie rebondit toujours", se réjouit-il.

Un vent de changement

Euronext Bruxelles a récompensé ce mardi ses meilleurs acteurs. Voici le palmarès:

Meilleure société du Bel 20: bpost

Meilleure société du BelMid: Euronav

Meilleure société du BelSmall: MDXHealth

Meilleure société d’Alternext: CO.BR.HA

Meilleure société du Marché Libre: Reibel

Meilleure maison pour les levées de capitaux:

KBC Securities

Meilleure maison pour les émissions obligataires:

Belfius Bank

Meilleur courtier en actions: Morgan Stanley

Meilleur courtier en PME:

Morgan Stanley

Meilleur fournisseur de liquidité sur PME:

Banque Degroof

Meilleur courtier en dérivés: KBC Securities

Meilleur fournisseur de liquidités sur les dérivés:

Susquehannah International Securities

Pour cette année, Vincent Van Dessel veut développer de nouvelles activités pour la Bourse de Bruxelles. Il indique vouloir continuer à promouvoir la Bourse et ses services auprès des sociétés. Il a rappelé, durant la conférence de presse, l’initiative lancée en 2014, baptisée Marché Euronext Expert. "Cette plateforme est la première au monde à organiser un marché réglementé qui permet à tout investisseur, que ce soit en bons de caisse ou en titre de crowdfunding, d’échanger ceux-ci. Cette initiative a généré beaucoup d’intérêt à l’étranger. Une plateforme de crowdfunding norvégienne nous a contactés récemment", indique-t-il.

Cette année sera notamment placée sous le signe des matières premières pour la Bourse de Bruxelles, un domaine inédit pour elle. "Nous voulons créer un marché réel, pas un instrument financier", précise Vincent Van Dessel. "Nous voulons développer un nouvel environnement avec les ports d’Anvers et de Gand et avec des acteurs comme le Boerenbond pour organiser un marché autour de produits comme le lait, le biodiesel, le stockage de frigo, de grains, comme nous l’avons déjà fait (dans le groupe Euronext) pour l’huile de colza", ajoute-t-il.

Déménagement

Le président de la Bourse de Bruxelles veut aussi développer un marché obligataire liquide et de nouveaux produits dérivés.

L’année 2015 est surtout placée pour la Bourse de Bruxelles sous le signe du déménagement. D’ici la fin mai, Euronext Bruxelles quittera le Palais de la Bourse après 142 ans de présence dans les lieux pour rejoindre le bâtiment Marquis, occupé par Ageas et bpost Banque notamment, situé à deux pas de la Gare centrale. Euronext continuera d’y tenir ses cérémonies de la cloche. Le Palais de la Bourse est lui voué à devenir un musée de la bière, ce qui convient à Vincent Van Dessel, puisqu’il rappelle que la plus grosse capitalisation de la Bourse de Bruxelles est un brasseur (AB InBev).

Vincent Van Dessel veut aussi travailler à transformer Bruxelles en une vraie place financière. Et il compte surtout promouvoir le rôle positif des traders sur le marché. "Si on vise les spéculateurs, on vise l’huile du moteur du marché. Sans huile, le marché s’arrête", martèle-t-il, en soulignant que la taxe sur les transactions est une taxe suicide. Il ajoute qu’une taxation sur les plus-values boursières risque d’augmenter la part des valeurs du Bel 20 dans les volumes de transactions, au détriment des plus petites valeurs.

Le président de la Bourse de Bruxelles appelle également le gouvernement à encourager la prise de risque chez les particuliers, en révisant les avantages fiscaux du carnet d’épargne.

"Il y a trop d’argent sur ces carnets qui pourrait être investi dans l’économie réelle", juge-t-il.

Il plaide aussi pour la suppression de la taxe sur les dividendes et de la taxe sur les opérations de Bourse pour les petites et moyennes sociétés. À contre-courant.

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