Fonds de pension cherchent rendement

©ANP XTRA

Les fonds de pension européens, y compris belges, se ruent sur l’immobilier pour trouver du rendement qui n’existe plus sur les placements sans risque. Ils se tournent aussi vers les actions à dividende.

La politique monétaire actuelle menée par les banques centrales dans le monde pénalise tous les investisseurs. Les fonds de pension européens ne peuvent plus compter sur un rendement dans les obligations d’Etat et les obligations d’entreprises, alors que la moitié du marché obligataire offre désormais un rendement négatif. Ce jeudi, lors d’une conférence, Marty Hole, directeur des investissements chez Capital Group, est venu présenter sur l’invitation de PensioPlus (l’association des fonds de pension belges) comment les fonds de pensions investissent désormais. "Les investisseurs professionnels se tournent vers le crédit illiquide pour obtenir plus de rendement", a-t-il constaté. Et pas seulement le crédit illiquide, puisque l’immobilier intéresse de plus en plus les fonds de pension. "L’aéroport de Bristol est détenu complètement par le fonds de pension des enseignants de l’Ontario. La société scandinave Fortnum a récolté 7 milliards d’euros au lieu de 5 milliards d’euros pour la vente de son service de distribution. Les fonds de pension européens ont montré beaucoup d’intérêt pour cette vente", énumère-t-il.

7 milliards €
La société Fortnum a vu la vente de son service de distribution très convoitée par les fonds de pension, à la recherche de rendement.

Marty Hole souligne que les fonds de pension devraient trouver une nouvelle approche pour obtenir plus de rendement. Car ceux-ci ne disposent que de deux sources de financement: le rendement du capital investi et l’argent versé par les sociétés qui offrent un fonds de pension à leurs employés. Marty Hole relève que la piste des actions à rendement de dividende élevé n’est pas encore exploitée par les fonds de pension.

Mais cette transition arrive alors que des sociétés doivent faire un choix entre distribuer des dividendes aux actionnaires ou payer les fonds de pension de leurs retraités. "Une société comme British Telecom est devenue un portefeuille de titres, plus préoccupée par le paiement de son fonds de pension que de la gestion de son activité économique", souligne Marty Hole. En outre, il relève qu’en Europe, les sociétés distribuant du dividende se concentrent en petit groupe. "Le ratio de distribution des bénéfices aux actionnaires se trouve à un plus haut historique, mais des pays comme le Japon et les marchés émergents commencent à changer leur politique pour la distribution de dividende", indique-t-il.

Mais il observe que par rapport à il y a vingt-cinq ans, les sociétés qui augmentent régulièrement leur dividende ne se paient plus avec une prime actuellement.

Avec un rendement de dividende moyen de 3 à 4%, les sociétés européennes offrent un rendement supérieur à l’inflation, souligne-t-il. "Des sociétés offrent plus de rendement avec leur dividende qu’avec leurs émissions obligataires", pointe-t-il. Mais il admet que cette solution n’est pas une panacée.

Les fonds de pension n’ont plus autant de facilité à trouver du rendement sur les marchés actuels. Mais cela vaut aussi pour tout investisseur, même particulier.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés