Investir en fonction de la durabilité

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Le classement de durabilité des pays établi par Degroof Petercam montre que depuis dix ans, la position de la Belgique n’a guère changé, tout comme celle des autres pays européens.

Depuis dix ans, Degroof Petercam établit un classement de durabilité des pays. Ophélie Mortier, responsable de la stratégie d’investissements durables chez Degroof Petercam, constate que sur cette période, de grands mouvements n’ont pas été observés. "Nous n’avons pas noté d’amélioration fondamentale, notamment pour les pays de la périphérie de la zone euro" a-t-elle indiqué. La Belgique a légèrement reculé dans le classement, même si son score total reste stable. "Ceci s’explique par le fait que le pays n’a pas connu des progrès assez rapides par rapport à d’autres pays. C’est aussi le cas de la France et des Pays-Bas", indique Ophélie Mortier.

"Nous n’avons pas noté d’amélioration fondamentale."
Ophélie Mortier
Degroof Petercam

Degroof Petercam s’appuie sur six critères pour établir son classement, à savoir la transparence et les valeurs démocratiques, la population, les soins de santé, la distribution des richesses, l’environnement, l’éducation et l’innovation, l’économie et les progrès. Ce classement lui permet de sélectionner les obligations d’Etat des pays qui composent le portefeuille de son fonds DPAM Bonds Government Sustainable.

Depuis dix ans, les pays scandinaves se placent en tête des critères, alors que des pays comme les Etats-Unis ou le Japon sont exclus du champ d’investissement du fonds à cause de leur score. Les Etats-Unis reculent dans le classement de deux places à cause "notamment de la dégradation des droits politiques et libertés civiles, du creusement des inégalités sociales, de la détérioration du critère environnement et la thématique immigration plus importante aujourd’hui dans le modèle", note Ophélie Mortier.

L’Espagne en mauvaise voie

Les Etats-Unis ne sont pas les seuls à connaître un creusement des inégalités sociales. Ophélie Mortier note qu’en Espagne, la progression des inégalités sociales est particulièrement inquiétante. "L’Espagne fait moins bien que l’Italie en matière d’inégalités sociales et de pauvreté" constate-t-elle.

"On pensait il y a dix ans que les pays de la périphérie de la zone euro allaient remonter dans notre classement et rentreraient dans notre univers d’investissement éligible, mais finalement, les efforts de l’Espagne ne sont pas suffisants", souligne-t-elle.

"Le pilier transparence et valeurs démocratiques a reculé en Espagne, mais aussi partout ailleurs alors que l’on constate une baisse des libertés individuelles, une augmentation de la violence et une montée du populisme et du nationalisme. De plus, En Espagne, les inégalités sociales se creusent", ajoute-t-elle. Cependant, la France ne se trouve plus non plus dans le classement des pays éligibles pour le fonds de Degroof Petercam.

La Belgique pas si mal lotie

La Belgique par contre se trouve encore dans ce classement, même si le royaume ne fait pas aussi bien que les pays scandinaves. Le bât blesse en matière d’environnement à cause de la congestion automobile dans le pays, "le plus congestionné de l’OCDE", et donc en termes de qualité d’air, "le point noir". "Les problèmes de retard sur le développement d’infrastructures publiques adaptées ne font rien pour améliorer cela", remarque Ophélie Mortier.

Par contre, en matière d’énergie renouvelable, la Belgique se positionne mieux. "On voit que l’efficacité énergétique par rapport au PIB a diminué, et atteint un niveau proche de celui de la Suède. Le recyclage des eaux usées est également un point fort sur la thématique environnementale", note Ophélie Mortier. Toutefois, la Belgique ne devrait pas atteindre les objectifs fixés par l’Union européenne en 2020 de diminution de 20% des émissions de carbone ou de la part des renouvelables au sein du mixte énergétique consommé, comme pas mal d’autres pays d’ailleurs, relève-t-elle.

L’Allemagne figure comme bon élève dans cette catégorie, avec une réduction effective de 30% des émissions de CO2 selon elle, alors que le pays s’est fixé des objectifs beaucoup plus sévères que le seuil de l’Union européenne, à -40% d’ici 2020.

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