Investissements record dans l'or depuis janvier

©REUTERS

Le World Gold Council souligne que les investissements en or ont été le principal contributeur de la hausse de la demande au premier semestre. Les investisseurs européens et américains se sont rués sur les ETF.

Ce fut la ruée vers l’or au premier semestre. La hausse des cours du métal jaune en témoigne, puisqu’il a grimpé de 25% à 1.350,15 USD l’once depuis janvier. Selon le World Gold Council, la demande en or a atteint 2.335,5 tonnes sur les six premiers mois de l’année, pour un montant de 91,4 milliards de dollars, soit une progression de 17,6% en tonnes par rapport à la même période en 2015.

2.355 tonnes
La demande en or a grimpé de 17,6% au premier semestre, principalement à cause des investisseurs aussi bien professionnels que particuliers.

L’institution souligne que les investissements en or ont soutenu la demande.

Ceux-ci ont représenté près de la moitié de la demande en or au premier semestre, alors que du côté de la joaillerie, des banques centrales et de l’industrie, cette demande a diminué sur la même période.

Banques et Brexit

Les investisseurs, aussi bien professionnels que particuliers, se sont rués en Europe et aux Etats-Unis sur le métal jaune, sous toutes ses formes. C’est la première fois dans l’histoire des statistiques du WGC que l’investissement ressort comme la plus importante composante de la demande d’or sur deux trimestres consécutifs, "ce qui est vraiment très inhabituel", a expliqué à l’agence de presse AFP John Mulligan, responsable des relations avec les membres et les investisseurs pour le World Gold Council.

L’argent encore plus sollicité que l’or

Si les cours de l’or ont pris plus de 25% depuis le début de l’année, ceux de l’argent ont grimpé de 46%. Du côté des analystes, certains estiment que la flambée des prix des métaux précieux ne va pas cesser de sitôt. "La principale raison de l’intérêt des investisseurs pour les métaux précieux, à savoir la faiblesse des taux d’intérêt, ne va pas disparaître de sitôt" relève Andrew Chanin, directeur de PureFunds, une firme spécialisée dans les ETF sur métaux précieux. Les faibles rendements obligataires ne représentent pas la seule explication pour la flambée des cours de l’argent. Les prix du métal grimpent également à cause d’une production en déclin pour la première fois depuis 2011 alors que la demande physique ne cesse d’augmenter depuis quatre ans. La production devrait chuter de 2,4% à 748,8 millions d’onces cette année, selon les prévisions de l’institut de recherche CPM Group. En revanche, la fabrication de bijoux, d’électronique et de panneaux solaires devrait augmenter de 1,6% à 889,7 millions d’onces selon l’institut.

Le rebond des cours de l’argent profite aussi aux sociétés productrices. Coeur Mining a pris presque 600% depuis janvier.

Au cœur des explications se trouve, selon le World Gold Council, l’action des banques centrales dans le monde, qui ont porté leurs taux d’intérêt au plancher, voire en négatif dans le cas de la Suisse, du Japon, de la zone euro, du Danemark et de la Suède.

Les incertitudes économiques ont aussi joué sur le sentiment des investisseurs en or, tout comme l’optimisme que la tendance baissière sur les prix du métal précieux a touché à sa fin.

L’inquiétante Italie

L’or a joué son rôle de refuge de puis le début de l’année alors que les banques européennes, en particulier les institutions italiennes, ont inquiété les investisseurs. La question du Brexit a également agité l’esprit de ces derniers, tout comme l’incertitude qui prévaut désormais sur l’économie britannique après le référendum.

Les élections américaines, qui arrivent au mois de novembre, préoccupent aussi les investisseurs. À cela viennent s’ajouter les tensions toujours présentes au Moyen-Orient, énumère le World Gold Council.

L’institution note l’intérêt très marqué des particuliers pour l’or sous sa forme physique. Elle note une hausse de 84% de la demande pour les Eagle Coins américains depuis le début de l’année. En Grande-Bretagne, le Royal Mint a connu une demande très soutenue après le Brexit. Mais le WGC observe que le lancement, l’année passée, d’une offre proposant d’investir pour une fraction du prix du lingot d’or a bénéficié au Royal Mint.

ETF responsables

Le changement le plus notable dans la demande en or a toutefois été observé du côté des ETF, ces contrats qui permettent d’investir pour une fraction des prix de l’or. "Ils ont connu une première moitié d’année extraordinaire", indique le WGC. Leurs encours ont atteint près de 580 tonnes de janvier à juin 2016, dont 237 tonnes pour le seul deuxième trimestre.

"Cette demande n’est pas nécessairement ou principalement due aux investisseurs américains, puisque 47% sont des ETF européens, ce qui montre aussi l’ampleur récente de l’investissement en Europe occidentale et reflète de nouveau un haut niveau d’incertitude", a indiqué John Mulligan.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés