L'actionnaire de Sapec veut le retirer de la cote

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La famille Velge et sa société Soclinpar lancent une OPA sur le holding Sapec. Une opération pliée d’avance, selon Michel Ernst.

Et une de plus. Outre Zetes (voir ci-dessous) ou Unitronics, l’action Sapec pourrait également être effacée du tableau de la Bourse de Bruxelles dans les mois à venir. La famille Velge – qui détient 46,42% du capital du holding via la société luxembourgeoise Soclinpar – a annoncé son intention de lancer prochainement une offre publique d’acquisition (OPA) sur les titres non détenus. Elle offre 60 euros par action, après la distribution du dividende de 150 euros brut. Le but est d’obtenir à terme un délisting d’Euronext Bruxelles. En réaction, l’action a bondi de 26,92% à 191,40 euros, établissant au passage un nouveau record historique.

"Le secteur de l’agroalimentaire dans son ensemble connaît une grande vague de consolidation depuis deux ans, avec des groupes comme Syngenta ou Monsanto."
Michel Ernst

"C’est une OPA intéressante et interpellante", commente Michel Ernst, conseiller actions senior chez CBC Banque. "Tout d’abord, le secteur de l’agroalimentaire dans son ensemble connaît une grande vague de consolidation depuis deux ans, avec des groupes comme Syngenta ou Monsanto. Même si l’opération ici est plus petite, ce n’est pas un hasard. Il s’agit toutefois d’une OPA lancée par la famille et non par un concurrent."

L’analyste pointe d’ailleurs la faiblesse des prix agricoles, alors que les matières premières devraient connaître une meilleure année qu’en 2016.

Hasard de calendrier?

Michel Ernst estime également que le futur délisting de Sapec participe dans un contexte plus global de raz-le-bol de certaines PME familiales par rapport à la Bourse. "Il y a un mouvement de désertification. Depuis plusieurs années, des sociétés comme Duvel ou Spadel (dont l’OPA a échoué, NDLR) se sont retirées (ou ont voulu) de la cote."

Un avis que ne partage pas Alain Baetens, responsable du listing pour Euronext Bruxelles. Pour lui, l’annonce successive de plusieurs délistings au sein de la Bourse de Bruxelles n’est que "coïncidence". "Il n’y a rien de surprenant, ni d’inquiétant. Certaines opérations comme celle de Zetes sont connues depuis un bon moment." Il souligne d’ailleurs qu’il n’y a pas encore eu de délisting à Bruxelles cette année, à la différence d’autres places boursières.

Faut-il pour autant participer à l’OPA sur Sapec? "Difficile à dire pour le moment", pense Michel Ernst. La faute à un communiqué "extrêmement laconique". "Nous n’avons pas toutes les données pour savoir comment l’offre a été calculée."

L’analyste pense que de toute façon l’opération est déjà "pliée". La famille Velge contrôle en effet 54,81% de Sapec via Soclinpar, mais aussi la Financière Frédéric Jacobs. Et Cobepa, le deuxième actionnaire du holding avec une participation de 15,13%, s’est déjà engagé "de manière irrévocable" à apporter ses actions. "Le grand public ne détient donc qu’une part minime de Sapec."

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