La Banque centrale européenne ne change rien

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La BCE n’a pas touché à ses taux d’intérêt ni à son programme de rachat d’actifs ce jeudi au terme de sa conférence de politique monétaire. Elle laisse ses options ouvertes.

Comme prévu, la Banque centrale européenne a décidé de ne rien décider ce jeudi au terme de sa réunion de politique monétaire. Elle a laissé ses taux d’intérêt, actuellement à 0% pour son principal taux de refinancement, et à -0,4% pour le taux de dépôt. Elle a également maintenu à 80 milliards d’euros le montant de ses rachats d’actifs sur le marché obligataire. L’institution a adopté un ton attentiste alors que la question du Brexit inquiète les investisseurs. Mario Draghi, le président de la BCE, a indiqué que la banque centrale n’hésitera pas à augmenter son soutien monétaire en cas de besoin en cas d’impact économique négatif du Brexit. Mais comme l’a pointé Mario Draghi, "les marchés financiers et les banques ont montré une résistance encourageante face au Brexit". "Nous n’avons pas observé de perturbations sur les marchés. Cela s’explique par la liquidité abondante et par le fait que les banques centrales ont laissé leur fenêtre de liquidité disponible pour le secteur financier" ajoute-t-il.

80 milliards €
La BCE rachète actuellement des obligations d’Etat et d’entreprises sur le marché, pour soutenir l’économie.

Sur les marchés, la déception s’est manifestée chez les investisseurs, qui attendaient un signal clair d’une action supplémentaire de la BCE. Le Stoxx 600 a fait du surplace ce jeudi. Sur le marché obligataire, les emprunts d’Etat de la zone euro ont vu leur prix remonter. Mais le Bund allemand à dix ans est resté en négatif, à -0,02%.

L’euro a lui connu un bref sursaut face au dollar, mais il affichait vers 18h 1,101 USD.

La question bancaire

Mario Draghi était aussi attendu sur la question des banques italiennes actuellement en difficulté à cause de prêts douteux. Mais le président de la BCE a indiqué que les banques européennes s’avèrent en meilleure santé qu’en 2012. "Une série d’actions, une nouvelle régulation et une meilleure supervision expliquent pourquoi les banques sont en meilleur état qu’en 2009" a-t-il affirmé. Toutefois, Mario Draghi a reconnu que le niveau élevé des créances douteuses accumulées par des banques européennes, tout particulièrement italiennes, constituait un autre risque pour l’économie de la zone. "Ces créances sont assurément un problème important pour la rentabilité future et pour la capacité des banques à prêter", a-t-il avoué. Les banques italiennes se retrouvent actuellement fragilisées par 360 milliards d’euros de créances douteuses.

Alors que le gouvernement italien négocie avec Bruxelles un plan de soutien controversé à ses banques, Mario Draghi a déclaré que les réformes en cours dans le secteur bancaire pourraient inclure la création d’un marché spécifique pour les créances douteuses et "un soutien public lorsque, dans des circonstances exceptionnelles, le marché des créances douteuses ne fonctionne pas correctement".

Le président de la BCE a souligné que le problème actuel du secteur bancaire européen repose sur leur faible rentabilité. "Le problème que nous allons désormais devoir résoudre est celui de la faible rentabilité" du secteur, a-t-il ajouté, alors que les résultats d’un vaste test de résistance bancaire aux crises, auquel ont participé 37 établissements de la zone euro, doivent être publiés en fin de semaine prochaine par l’Autorité bancaire européenne.

Un agenda flou

La réaction des marchés à la conférence de presse de Mario Draghi s’explique par l’absence d’indications sur une action future de l’institution. "La BCE n’a pas discuté, selon Draghi, du problème de la rareté des émissions obligataires, ni d’un nouveau tour de soutien à l’économie européenne" souligne Carsten Brzeski, économiste chez ING-DiBA. "Sans doute que Mario Draghi savait que cela décevrait les marchés. Alors il a essayé d’adopter un ton accommodant en répétant que la BCE était prête, capable et volontaire à agir si besoin est. Mais ce qui semble un message fort s’avère juste une répétition des précédents communiqués de presse de la BCE", ajoute-t-il.

Les économistes sondés par l’agence d’informations financières Bloomberg ne s’attendent pas à ce que la banque centrale européenne annonce de nouvelles mesures avant sa réunion de septembre. Ils prévoient que la BCE décide d’étendre son programme de rachats d’actifs, qui doit s’arrêter en mars 2017.

Mario Draghi a précisé que le comité de politique monétaire n’avait pas discuté d’une fin possible de ce plan de soutien.

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