La BCE rachètera de la dette souveraine en 2015, estime Peter Vanden Houte (ING)

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Cette décision, la BCE pourrait la prendre dès sa réunion du mois de janvier. Et les effets pourraient se ressentir dans la seconde partie de l'année. De son côté, responsable de la gestion auprès de la banque, Thierry Masset prévient que les marchés boursiers feront preuve de plus de volatilité en 2015 et offriront des returns plus modérés que ce que l'on a connus jusqu'à présent.

Les Etats-Unis restent la région du monde qui affiche la croissance économique la plus forte. Rien n’indique qu’il en sera autrement dans les mois à venir. La croissance pourrait bien s’élever à 2,9%, anticipe Peter Vanden Houte, chef économiste auprès d’ING Belgique, qui présentait ce jeudi, avec Thierry Masset, responsable de l’investissement de la banque,  ses prévisions économiques et financières pour 2015.

L’Allemagne posera des conditions

En revanche, avec un PIB qui demeure plus de 2% inférieur à ce qu’il était à la fin de 2007, la zone euro n’a pas encore digéré la crise économique qui a éclaté il y a sept ans déjà. Les investissements et les gains de productivité restent limités en raison d’un manque de réformes structurelles, et les Etats s’attèlent toujours à réduire leur endettement. Tout donne à penser que la croissance  restera faible en 2015. Elle devrait être de 1,2%contre 0,8% en 2014 et, pour la Belgique de 1,1% contre 1% cette année, avance l’économiste

Dans ce contexte, " la Banque centrale européenne (BCE) devrait continuer à agir ", anticipe Vanden Houte. " Et la BCE, dit-il,  se résoudra à acheter des obligations souveraines. Ce qui lui permettra de gonfler son bilan à concurrence de 1.000 milliards d’euros. Cette décision, la BCE l’adopterait déjà lors de sa réunion du 22 janvier prochain ". On le sait, l’Allemagne est opposée à ce type d’opération. Sans doute, ose croire l’économiste, que l’Allemagne posera des conditions, comme l’engagement de certains pays, comme la France et l’Italie entre autres, à mener des réformes structurelles en contrepartie.

La baisse des rendements sur les livrets d’épargne n’est pas finie.

Si la BCE est en mesure de procéder à des rachats de dettes émises par les pays de la zone euro, Peter Vanden Houte pense que l’on sera en mesure de percevoir les premiers effets -comme un choc de confiance- dès la seconde partie de l’année prochaine.

Cette politique de " quantitative easing " (QE) devrait renforcer l’euro, mais aussi pousser les taux à court terme encore plus bas, voire en terrain négatif. Même si cela ne signifie pas automatiquement qu’un taux négatif sera d’application pour les dépôts d’épargne, la pression sera encore baissière sur le rendement des livrets d’épargne. " Sans doute, estime-t-il, les banques offriront quand  même quelque chose aux épargnants –de l’ordre de 0,25% sans doute-, alors qu’elles ont besoin de sources de financement ".

Quant aux taux à long terme, qui baissent pour le moment sous l’effet des anticipations d’achats d’obligations d’Etat par la BCE, ils pourraient se tendre légèrement l’année prochaine, au moment en fait où sera lancé ce " QE ".

PIB belge dopé par la baisse des prix du pétrole

Pendant que la BCE maintiendra une politique monétaire ultra-accommodante, la Fed devrait de son côté rendre la sienne un peu moins accommodante. Peter Vanden Houte table sur une remontée du taux directeur américain dans la seconde partie de l’année 2015. La tendance haussière du dollar partie pour durer une longue période, estime l’économiste, permettra à la banque centrale des Etats-Unis de ne pas agir dans la précipitation. L’euro pourrait baisser jusqu’aux alentours de 1,15 USD.

Concernant la déflation, Peter Vanden Houte observe que, bien que faible, l’inflation est à un niveau normal aux Etats-Unis. De son côté, la zone euro n’a pas encore basculé dans la déflation. Le risque existe, mais pas vraiment craint par les économistes chez ING. A ce propos, malgré une inflation négative, la Belgique n’est pas tombée en déflation, souligne Peter Vanden Houte. Le taux négatif récemment publié par le SPF-économie s’explique par la baisse des prix de l’énergie. L’inflation sous-jacente chez nous reste largement positive, à environ 1,5%. 

Enfin, parmi les facteurs qui donneront un coup de pouce à la croissance dans le monde, la baisse des cours du baril aura un impact favorable pour les économies importatrices de pétrole. Une recul de 10 USD du prix du baril ajoutera 0,5% à la croissance du PIB Pour la Belgique en 2015. Revers de la médaille, le reflux des prix pétroliers aura par contre des effets négatifs pour les producteurs de brut, y compris pour ceux actifs dans le pétrole de schiste.

Sur les marchés financiers

 " En 2015, il faudra s’attendre, outre à des returns moins généreux que ceux que l’on a connus jusqu’à présent,  mais aussi à une multiplication de la volatilité sur les marchés ", affirme Thierry Masset. Le responsable de l’investissement chez ING privilégie les valeurs bancaires de la zone euro qui ont fini d’assainir leur bilan, ainsi que celles des entreprises technologiques à Wall Street et du secteur des sicafi à Bruxelles pour le rendement.

Toujours sur le plan des actions, celles cotées à Tokyo ont encore la cote chez ING (valorisation encore basse des sociétés, momentum positif de la croissance des bénéfices, intérêt grandissant du fonds de pension du pays pour les actions nippones).

Au rayon des obligations, alors que les taux américains ont coutume de dicter l’orientation des taux dans le monde, Thierry Masset prévoit que cette fois les taux bas que l’on connaît dans la zone euro, ne permettront pas aux taux US de remonter sensiblement.

Concernant les obligations à rendement élevé, il anticipe un essoufflement de ce marché après avoir connu un bull market durant 5 ans. Il recommande la prudence pource qui concerne les obligations des entreprises liées à l’énergie aux Etats-Unis, en raison de la chute des prix. Ainsi que, du côté de la dette émergente, au papier émis en devises locales. Thierry Masset suggère plutôt de privilégier la dette émergente émise dans une monnaie forte (" hard currency).  

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