La BCE tempère l'enthousiasme sur la remontée de l'inflation dans la zone euro

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La Banque centrale européenne a laissé inchangés ses taux d’intérêt. Mario Draghi a indiqué que les risques de déflation dans la zone euro ont largement disparu.

L’euro a brusquement inversé la tendance face au dollar pendant la conférence de presse de Mario Draghi ce jeudi. Le président de la Banque Centrale européenne n’a pas donné d’indications en faveur de nouvelles mesures. La BCE a laissé inchangés ses taux d’intérêt dont le principal reste fixé à zéro. Elle n’a pas touché aux modalités du programme d’achats de titres sur les marchés de 2.300 milliards d’euros, qui vise à soutenir le crédit et les prix.

Elle a par contre donné des détails sur le rachat de dettes qu’elle opère sur les marchés, dans un communiqué publié après la conférence de presse. Elle a fait savoir qu’elle ne rachèterait pas de dette privée dont le rendement serait inférieur à son taux de facilité de dépôt, actuellement de -0,40%, et qu’elle donnerait la priorité à tout papier dont le rendement est supérieur à ce seuil, y compris pour ses rachats de dette publique.

"Il n’y a pas encore de signes d’une tendance à la hausse convaincante de l’inflation."
Mario Draghi
Président de la BCE

Sur le marché des changes, les propos plus pessimistes de Mario Draghi sur l’inflation dans la zone euro ont en revanche temporairement fait chuter l’euro. La devise européenne s’est ensuite stabilisée face au dollar.

Mario Draghi a expliqué que la remontée récente de l’inflation dans la zone euro reflétait avant tout les fluctuations des prix de l’énergie, et qu’il n’était pas encore assuré du caractère pérenne de ce mouvement.

"Il n’y a pas encore de signes d’une tendance à la hausse convaincante de l’inflation sous-jacente", a-t-il dit. "L’inflation globale devrait encore augmenter à court terme, reflétant ainsi principalement l’évolution en rythme annuel des prix de l’énergie. Cependant, les mesures de l’inflation sous-jacente devraient augmenter plus graduellement à moyen terme" a-t-il ajouté. Mario Draghi a surtout insisté sur le fait que les risques de déflation "ont largement disparu".

Risques présents

Mario Draghi a aussi relevé que les risques pour les perspectives économiques de la zone euro restent lestés vers le bas.

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Selon Carsten Brzeski économiste chez ING DiBa, la BCE ne veut pas donner le moindre signal qu’elle réduit son soutien aux marchés. "La phrase la plus importante de la conférence de presse est "si les perspectives deviennent moins favorables, ou si les conditions financières deviennent inconsistantes avec un progrès du côté de l’ajustement de la trajectoire de l’inflation, le conseil des gouverneurs restera prêt à augmenter son programme de rachats d’actifs en termes de taille et de durée", relève l’économiste. "Si cette phrase tombe, la BCE sera prête pour du tapering (réduction de son programme de rachats d’actifs)" ajoute-t-il.

Mais pour l’instant, la BCE ne touche à rien. Mario Draghi a promis que les taux d’intérêt réels remonteront. "Mais il faut être patient" a-t-il insisté.

Nomination: Le Belge Frank Smets promu

Le Belge Frank Smets, qui exerçait depuis décembre 2013 les fonctions de conseiller du président de la BCE Mario Draghi et de coordinateur des conseillers auprès du directoire de l’institution, a été nommé responsable de la direction générale des questions économiques, a annoncé jeudi la Banque centrale européenne dans un communiqué. Frank Smets, 53 ans, est titulaire d’un doctorat en économie de l’université de Yale.

Il est le neveu de l’actuel gouverneur de la Banque nationale de Belgique Jan Smets. Il prendra ses nouvelles fonctions le 1er février. Le département qu’il dirigera est chargé de faire rapport sur les évolutions économiques, notamment en matière d’inflation, pour préparer les décisions de politique monétaire de la BCE.

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