La Belgique emprunte à un taux négatif record

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La Belgique a refinancé ce mardi une partie de sa dette à court terme à des taux négatifs record. Les investisseurs restent prêts à payer l’État belge pour placer leur argent à brève échéance. Et pas que l’État belge, d’ailleurs.

L’État belge n’avait jamais obtenu des taux d’intérêt aussi négatifs pour un emprunt d’une maturité de six mois. Mardi, l’État belge a refinancé une petite partie de sa dette à court terme, opération classique effectuée environ deux fois par mois. Mais cette fois-ci, l’Agence fédérale de la dette est parvenue à obtenir un taux d’intérêt moyen de -0,223% en émettant des certificats de Trésorerie à six mois pour un montant de 1,265 milliard d’euros.

"Le pourcentage de taux négatifs dans la zone euro a baissé. On est passé de 50% à 16-20% en juin."
Vincent Juvyns
Stratégiste chez JPMorgan AM

Jamais le taux d’intérêt à six mois n’avait été aussi bas pour une telle adjudication. Lors de la précédente émission de titres de dette belge à six mois, le 30 juin dernier, le Trésor avait obtenu un taux moyen de -0,204%. L’adjudication de mardi constitue donc un record.

À noter que l’Agence de la dette a également placé des certificats à trois mois à un taux d’intérêt moyen de -0,228%, ce qui lui a permis de lever 600 millions d’euros. Lors de la précédente émission de titres de cette maturité, le 14 juillet dernier, le Trésor avait obtenu un taux moyen de -0,238%, ce qui constitue à ce jour le plus bas niveau pour cette échéance.

Plus que jamais, les investisseurs sont donc prêts à payer l’État belge pour placer leur argent à brève échéance dans ses caisses.

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Des taux toujours sous pression

Depuis le deuxième semestre 2014, les taux d’intérêt à court terme belges évoluent en territoire négatif. Ces taux négatifs affectent tous les emprunts d’État belges jusqu’à 3 ans. La Belgique suit la même tendance que l’Allemagne, la France et les Pays-Bas. Mais Vincent Juvyns, responsable de la stratégie chez JPMorgan Asset Management, souligne que le marché obligataire a changé depuis le mois d’avril. "Le pourcentage de taux négatifs dans la zone euro a baissé. On est passé d’une proportion de 50% en avril à 16-20% en juin", indique-t-il.

Pour rappel, en avril, les taux allemands jusqu’à 7 ans évoluaient en négatif, et beaucoup d’analystes craignaient que le taux à dix ans ne bascule aussi dans le rouge. Il aura fallu des chiffres de l’inflation et de la croissance économique en zone euro en amélioration pour que la tendance se renverse brusquement.

Le mois de juillet marque toutefois un léger revirement de situation. Car comme le pointe Vincent Juvyns, "les émissions nettes d’obligations d’État sont négatives à cause des rachats d’actifs de la Banque centrale européenne" alors que le mois est marqué par de faibles volumes d’émissions. À cela s’ajoute un retour des investisseurs, rassurés par la résolution du dossier grec. "Les problèmes sur les marchés émergents poussent aussi les investisseurs à revenir sur la zone euro, faute d’autres alternatives", ajoute-t-il.

Payer pour parquer son argent

Les investisseurs restent prêts à payer les États pour placer leur argent à brève échéance dans leurs caisses. Le même mouvement s’observe sur les fonds monétaires en euro, qui restent un placement de choix malgré un rendement négatif, comme le remarque l’agence de notation Moody’s. Vincent Juvyns constate aussi que la base d’actifs reste stable chez JPMorgan Asset Management. Vanessa Robert, vice-présidente chez Moody’s, constate toutefois que l’encours des fonds monétaires à valeur liquidative constante a baissé de 15% à 74 milliards d’euros de mars à juillet. Mais malgré des rendements entre -9 et -26 points de base, les investisseurs recherchent encore ces placements, sûrs et liquides.

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