La fièvre des rachats d'actions va aussi toucher l'Europe

Les rachats d’actions se multiplient à Wall Street. General Motors va racheter 5 milliards de dollars de ses actions. ©AFP

Les rachats d’actions propres par les sociétés ont le vent en poupe. Mais toutes les actions acquises dans ce cadre ne sont pas appelées à disparaître définitivement…

Le constructeur automobile General Motors (GM) vient d’annoncer sa décision d’acquérir pour l’équivalent de 5 milliards de dollars de ses propres actions à Wall Street. GM n’est pas le premier groupe coté à New York à procéder de la sorte. Selon des données compilées par Bloomberg, les sociétés suivies par le S&P 500 ont déjà consacré plus de 2.000 milliards de dollars pour acquérir leurs actions en Bourse depuis 2009.

Sur la seule année 2014, ces rachats d’actions se sont élevés à 46,1 milliards de dollars en moyenne par mois. Ce mouvement est loin de s’essouffler. Bien au contraire, alors que les entreprises américaines regorgent plus que jamais de liquidités. Pour cette année, près de 110 milliards de dollars de rachats d’actions sont d’ores et déjà au programme.

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Les raisons de ces rachats sont multiples. Ils permettent aux sociétés d’éliminer un excédent de cash. Toujours selon un décompte opéré par Bloomberg, elles détiennent à ce jour dans leur tiroir-caisse plus de 1.700 milliards de dollars en cash ou équivalents. Du fait d’un manque d’opportunités pour investir, les entreprises choisissent d’utiliser cet excédent de trésorerie pour acquérir leurs actions sur les marchés boursiers.

Le phénomène n’est pas propre à Wall Street, même s’il est de moindre ampleur de ce côté-ci de l’Atlantique. La dizaine d’opérations annoncées depuis le début de cette année en Europe totalise à peine 7,4 milliards d’euros, calcule de son côté Reuters. Parmi les candidats au rachat, on trouve AB InBev avec un montant d’un milliard de dollars (912 millions d’euros). Mais l’intérêt des dirigeants de sociétés pour ce genre de transactions est vraisemblablement appelé à grandir dans les mois à venir.

AB InBev n’est pas la seule société à se lancer dans les rachats d’actions à la Bourse de Bruxelles. Umicore, Telenet, Ackermans & van Haaren (AvH), GBL, D’Ieteren, Colruyt, Delhaize, s’y attellent depuis quelque temps déjà.

Ces opérations ne sont pas neutres pour les actionnaires d’une société. Du fait que les titres acquis sont "neutralisés" dans la mesure où ils ne peuvent plus être pris en compte pour le calcul de certains ratios comme le bénéfice par action, elles ont tendance à les améliorer. Tout comme le montant du dividende distribué, puisque le bénéfice est à partager entre un nombre moins élevé d’actions.

Le bénéfice net d’Umicore a reculé de 4,7%. Par action, en raison de la diminution du nombre de titres existants sur le marché, il ne baisse que de 1,9%. Mais pour que cet avantage soit durable pour les actionnaires, il est souhaitable que les sociétés "détruisent" ces actions rachetées. Ce que fait pour une grosse part Umicore.

Cette démarche reste néanmoins l’exception. Très souvent, ces actions servent à alimenter les politiques de "stock-options" attribuées aux cadres d’une société, et sont donc appelées au moment de leur réalisation à revenir sur le marché. En dépit des nombreux programmes de rachats d’actions menés par AvH destinés à alimenter sa politique de "stock options", le nombre total d’actions (celles en circulation et celles détenues en propre confondues) n’a pas varié entre 2005 et 2014.

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Le cas IBM

Pour des groupes comme IBM, un gros abonné depuis des lustres aux rachats d’actions – le nombre d’actions détenues en trésorerie est plus élevé que le nombre d’actions en circulation! –, le nombre total d’actions existantes a même augmenté (voir infographie). Dans le cas d’IBM, on peut supputer que ces actions tenues en "réserve" serviront, outre à un plan de "stock options", à financer une éventuelle acquisition.

Les sociétés sont en réalité peu enclines à annuler les titres ramassés sur le marché, à l’instar d’Umicore pour qui le nombre total formant le capital de la société est tombé de 129,1 millions à 112 millions en dix ans. Il a aussi baissé chez Colruyt, mais augmenté chez Delhaize et GBL, qui avait augmenté son capital en 2007.

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