La fusion Deutsche Börse-LSE toujours face à des obstacles

Les deux Bourses doivent désormais obtenir l’aval de la Commission européenne pour pouvoir fusionner, alors que des ministres européens s’opposent à l’opération.

Deutsche Börse , le gestionnaire de la Bourse de Francfort et du marché de dérivés Eurex, n’a pas encore remporté la partie pour sa fusion avec le London Stock Exchange . Le groupe allemand a obtenu l’approbation de 63,65% de ses actionnaires après avoir abaissé à 60% contre 75% le seuil minimum d’approbation requis. Il a déclaré que les actionnaires n’ayant pas encore échangé leurs titres disposent d’un délai jusqu’au 12 août.

Au début du mois de juillet, les actionnaires du London Stock Exchange, qui opère la Bourse de Londres, ont voté massivement, à 99,89%, en faveur de la fusion avec Deutsche Börse. Les actionnaires du groupe allemand détiendront, au terme de l’offre d’échange de titres derrière cette opération, 54,4% du nouveau groupe.

Les craintes liées au Brexit (sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne) ont refroidi les actionnaires de la Bourse allemande. Mais le principal obstacle à la fusion des deux groupes, qui ont échoué par deux fois dans le passé à se marier, repose sur les autorités de régulation européennes.

Oppositions politiques

Deutsche Börse, d’après l’agence de presse Reuters, attend désormais le lancement de l’enquête de la Commission européenne en phase II, ce qui signifie que les conditions financières de cette fusion seront examinées pendant 90 jours minimum avant que la Commission ne rende un avis.

©REUTERS

Mais sur le continent européen, plusieurs ministres des Finances, dont le Français Michel Sapin et le Belge Johan Van Overtveldt, ont exprimé leurs inquiétudes quant à cette fusion. Fin mai, Michel Sapin, avait estimé que le projet d’union entre les opérateurs boursiers allemand et britannique posait "un problème de concurrence" et suscitait "des doutes" sur ses conséquences économiques. "Je voudrais dire la préoccupation du gouvernement français face à ce rapprochement et ses doutes sur les conséquences sur le financement de l’économie réelle en France et en Europe, avait-il déclaré à la veille d’une réunion des ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales du G7.

Johan Van Overtveldt a, lui, envoyé une lettre à la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Verstager, pour évoquer l’impact négatif d’une telle fusion pour les petites sociétés locales. "Je crois que la fusion prévue entre Deutsche Börse et le LSE aura un impact négatif pour l’accès au capital des plus petites sociétés locales, car elle crée un acteur très dominant du trading et des services associés en Europe, entraînant des distorsions de concurrence et retirant la liquidité sur les marchés plus petits comme Euronext Bruxelles" a-t-il écrit.

Car la fusion entre Deutsche Börse et le LSE viendra s’opposer frontalement à Euronext, le groupe qui rassemble les Bourses de Paris, Amsterdam, Bruxelles et Lisbonne. En 2011, celui-ci avait tenté de fusionner avec Deutsche Börse, mais la Commission européenne a finalement rendu un verdict négatif pour cette opération.

Les grandes fusions de Bourses deviennent de plus en plus compliquées, tant les oppositions s’avèrent nombreuses. Le LSE avait lui aussi tenté de fusionner avec la Bourse de Toronto. Mais les actionnaires de celle-ci s’y sont opposés.

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