La purge des matières premières n'est pas finie

©Bloomberg

La transition économique en Chine a porté un coup fatal à la bulle des matières premières. Rares sont les groupes qui ont pu échapper à la tourmente de ces dernières années.

Le verdict est sans appel. Lors des trois dernières années, les grands groupes miniers britanniques ont perdu en moyenne 65% de leur capitalisation boursière. La capitalisation des 95 principales compagnies minières dans le monde est aujourd’hui de 400 milliards de dollars, à son plus bas niveau depuis la fin 2008, et bien loin des sommets atteints en avril 2011 (1.800 milliards de dollars). Pour les analystes qui suivent le secteur, le but est aujourd’hui de déterminer dans quelle mesure les marchés vont pouvoir se stabiliser.

400 milliards $
La capitalisation des 95 principales compagnies minières dans le monde est aujourd’hui de 400 milliards de dollars, au plus bas depuis la fin 2008.

Même les groupes européens les plus efficaces (BHP Billiton et Rio Tinto ) ont vu leur endettement net progresser fortement ces derniers trimestres, une tendance qui devrait se poursuivre au moins jusqu’en 2017. "Et dans ces conditions, le reste de l’industrie souffre encore beaucoup plus, avec un marché du crédit qui s’est refermé pour pratiquement tous les acteurs, soulignait Morgan Stanley dans une récente étude consacrée au secteur, qui pointe également les différentes annonces de fermetures de capacité intervenues ces dernières semaines. Et ce n’est que le début".

Dans ces conditions, les analystes recommandent de jouer la sécurité, et accordent leur préférence à un groupe comme Rio Tinto, qui est soutenu par 64% des analystes avec un potentiel proche de 30% et un rendement de 7% qui semble plus soutenable que chez certains pairs.

Leleux positif sur ArcelorMittal

Le secteur sidérurgique est plus varié, entre un ArcelorMittal fortement dépendant des prix de l’acier et un ThyssenKrupp beaucoup plus diversifié vers l’amont, en passant par les groupes très spécialisés comme Aperam ou VoestAlpine.

©Mediafin

ArcelorMittal a été très lourdement pénalisé par la chute des cours de l’acier, qui l’a forcé à prendre d’importantes provisions à chaque publication de résultats dans le cadre des normes comptables IFRS, alors même que la rentabilité opérationnelle ne s’est dégradée que de 17%. "Dès lors, tout signe de stabilisation des prix sera un signal très positif sur le titre, l’effet des normes comptables jouera alors en faveur du groupe", souligne Arnaud Delaunay, analyste financier auprès de Leleux & Cie.

Dans la galaxie Mittal, Aperam (activités inox qui ont été sorties du groupe en 2011) a bien résisté à la crise avec un cours qui a pratiquement triplé sur les trois dernières années, et des analystes qui restent majoritairement favorables sur le titre (13 avis d’achat sur 15).

Les pétrolières résistent

Repsol est la seule des majors européennes à avoir nettement décroché sur les 12 derniers mois. Sur 3 ans, la baisse moyenne est de 15%, et le rendement des cinq majors est aujourd’hui en moyenne de 7%, ce qui signifie que le marché craint aujourd’hui que les groupes soient obligés de couper leurs versements aux actionnaires durant les prochains trimestres. Deux des grandes sociétés européennes sont aujourd’hui clairement favorisées avec plus de 60% d’avis positifs.

Total est la seule major pétrolière à ne pas avoir vu son cours baisser sur les trois dernières années, ce qui est un exploit remarquable vu l’effondrement des cours pétroliers. "Solide comme le roc", selon la Deutsche Bank dans une récente étude consacrée au secteur.

La faiblesse des cours des matières premières a bénéficié à la plupart des groupes belges, vu que le pays contient majoritairement des transformateurs de ressources naturelles. La chute des prix du pétrole a bénéficié largement à toutes les industries, à la distribution et aux producteurs de biens de consommation. Agfa-Gevaert a ainsi vu son cours multiplié par quatre depuis trois ans suite à la baisse des prix de l’argent et de l’aluminium, tandis que le cours de Miko, exposé aux prix du café, a doublé.

Trois groupes sont toutefois nettement moins bien placés dans ce domaine. Le plus affecté est sans nul doute Nyrstar. La diversification vers les actifs miniers a constitué un désastre pour les actionnaires. Outre le fait qu’ils soient aujourd’hui fortement déficitaires, ils empêchent Nyrstar de profiter de la faiblesse du cours du zinc dans son activité de transformation, et vont forcer le groupe à procéder à une augmentation de capital qui sera douloureuse pour les actionnaires.

Sipef est pour sa part exposé aux cours du caoutchouc et (surtout) de l’huile de palme par le biais des nombreuses plantations que le groupe opère en Asie. Le cours est dans une tendance baissière depuis cinq ans, mais le recul est limité par le bon contrôle opérationnel.

Enfin, Umicore est également un producteur de métaux précieux par le biais de son activité de recyclage de déchets industriels à Hoboken. Mais la rentabilité de cette activité est aussi dépendante du volume annuel traité, et l’augmentation de capacité réalisée ces deux dernières années devrait permettre une contribution supérieure, même avec des cours pour les métaux précieux qui resteront bas.

Royal Dutch bénéficiera pour sa part de l’intégration des activités de BG Group. "L’année 2016 devrait être riche en annonces liées à l’intégration des deux groupes, souligne la Deutsche Bank, qui a fait de ce groupe son action préférée sur le secteur européen. La direction semble en outre très attachée au maintien du dividende, avec un rendement tournant autour de 8%."

La faiblesse des cours des matières premières a bénéficié à la plupart des groupes belges, vu que le pays contient majoritairement des transformateurs de ressources naturelles. La chute des prix du pétrole a bénéficié largement à toutes les industries, à la distribution et aux producteurs de biens de consommation. Agfa-Gevaert a ainsi vu son cours multiplié par quatre depuis trois ans suite à la baisse des prix de l’argent et de l’aluminium, tandis que le cours de Miko , exposé aux prix du café, a doublé.

Trois groupes sont toutefois nettement moins bien placés dans ce domaine. Le plus affecté est sans nul doute Nyrstar . La diversification vers les actifs miniers a constitué un désastre pour les actionnaires. Outre le fait qu’ils soient aujourd’hui fortement déficitaires, ils empêchent Nyrstar de profiter de la faiblesse du cours du zinc dans son activité de transformation, et vont forcer le groupe à procéder à une augmentation de capital qui sera douloureuse pour les actionnaires.

Sipef est pour sa part exposé aux cours du caoutchouc et (surtout) de l’huile de palme par le biais des nombreuses plantations que le groupe opère en Asie. Le cours est dans une tendance baissière depuis cinq ans, mais le recul est limité par le bon contrôle opérationnel.

Enfin, Umicore est également un producteur de métaux précieux par le biais de son activité de recyclage de déchets industriels à Hoboken. Mais la rentabilité de cette activité est aussi dépendante du volume annuel traité, et l’augmentation de capacité réalisée ces deux dernières années devrait permettre une contribution supérieure, même avec des cours pour les métaux précieux qui resteront bas.

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