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Le cours de l'or sous influence américaine

©Bloomberg

Les minutes de la Fed, qui confirment une prochaine hausse des taux directeurs aux États-Unis, ont mis un terme à la spéculation qui a soutenu le cours de l’or pendant trois semaines.

Le prix de l’or est devenu très sensible à la conjoncture économique américaine. Jeudi, le cours du métal précieux est revenu sous le seuil de 1.200 dollars l’once, contre 1.202,57 dollars la veille en clôture. En cause: la publication des minutes de la Réserve fédérale (Fed).

Dans le compte rendu de sa dernière réunion, la banque centrale des États-Unis maintient son intention de relever ses taux d’intérêt directeurs cette année, malgré plusieurs indicateurs conjoncturels décevants publiés ces dernières semaines.

Si les taux d’intérêt commencent à remonter, investir dans l’or devient moins intéressant; le métal jaune ne produit aucun revenu: son rendement repose exclusivement sur la variation de son cours.

Avant la publication de ces minutes de la Fed, les investisseurs avaient pourtant spéculé sur un resserrement monétaire plus tardif aux États-Unis. En effet, pendant les trois semaines qui ont précédé cette annonce, le cours de l’or a enregistré un rebond sensible, allant jusqu’à 7%. Après avoir touché un plancher à 1.143 dollars le 17 mars, l’once d’or a en effet grimpé jusqu’à 1.225 dollars mardi en cours de séance.

Entre ces deux dates, plusieurs statistiques inférieures aux prévisions ont été publiées aux États-Unis, comme la croissance de 2,2% du produit intérieur brut (PIB) au quatrième trimestre, au lieu des 2,4% attendus. Les très mauvais chiffres de l’emploi du mois de mars, dévoilés la semaine dernière, ont également traduit un ralentissement de la croissance.

Fonds moins preneurs

Ces données ont conduit les investisseurs à supposer que la Fed retarderait sa décision de relever ses taux directeurs. Ce répit attendu rendait dès lors une certaine pertinence à l’investissement dans l’or, fût-ce pour un temps limité, ce qui a pu provoquer le rebond du prix du métal jaune observé au cours des trois semaines qui ont précédé la parution des minutes de la Fed.

Ces derniers mois, d’autres indicateurs américains ont fortement influencé le cours de l’or. Ainsi, le 6 mars, l’once avait chuté de 2,6%, passant de 1.198 dollars à 1.167 dollars en quelques heures à peine. L’explication tenait à l’annonce d’un rapport sur l’emploi de février nettement supérieur aux attentes, ce qui était vu comme un argument supplémentaire en faveur d’une remontée des taux directeurs de la Fed.

7%
Durant les trois semaines qui ont précédé la publication des minutes de la Fed, le cours de l’or a rebondi de 7%, dans l’espoir que la banque centrale américaine retarde la remontée de ses taux directeurs.

Ceci démontre que le prix de l’once est pour l’instant davantage influencé par les investisseurs que par la demande d’or physique. Les dernières statistiques du World Gold Council montrent que les fonds liés aux matières premières sont de moins en moins demandeurs d’or, tandis que la demande du secteur de la joaillerie est en progression. "L’achat physique pourrait ne pas être suffisamment important pour pousser les prix à la hausse à court terme", avertit HSBC dans une note relayée par l’agence Reuters.

Car en face, la demande des investisseurs est en pleine décrue. La détention d’or par le biais de fonds liés aux matières premières est tombée à 1.616,15 tonnes mercredi, son plus bas niveau en près de trois mois, d’après des données de l’agence Bloomberg.

Remontée du cours?

Dans l’ensemble, la tendance du cours de l’or reste donc à la baisse. En janvier, le prix du métal jaune avait atteint son sommet de 2015 à 1.307,62 dollars. Depuis lors, le prix de l’once a reculé de plus de 8%. Et depuis son pic historique de 1.921,17 dollars du 6 septembre 2011, il a régressé de plus de 37%.

Cette évolution devrait mettre un terme à six années d’augmentation de la production minière. L’affaiblissement du cours de l’or a conduit les principaux producteurs à réduire leurs investissements dans les mines d’environ 50% depuis 2012, selon les statistiques de Bloomberg.

Barclays prévoit que la production d’or augmentera encore légèrement cette année et atteindra un record, avant de refluer de 1% l’an prochain. Cette contraction attendue de l’offre d’or pourrait contribuer à faire remonter le cours du métal. Bank of America voit l’once remonter à 1.300 dollars en fin d’année.

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