Le moral du Belge requinqué

©BELGA

Les Belges craignent que la conjoncture ne reste difficile dans les prochains mois. Ils estiment néanmoins que les actions restent un actif prometteur.

C’est avec un moral quelque peu requinqué que l’investisseur belge a terminé 2014. C’est ce qui ressort de l’enquête mensuelle réalisée par la banque ING (Belgique) en collaboration avec l’Université de Gand. En hausse de 4 points, le Baromètre des Investisseurs, qui mesure chaque mois leur confiance et qui est établi à l’issue de cette enquête, est repassé au-delà de 100 points. Il s’est fixé à 103 points.

Pourtant, sur le plan de la perception qu’ils ont de la conjoncture dans les mois à venir, les Belges ne font pas montre d’un optimisme débordant. Bien au contraire. Ils sont encore plus nombreux (32%) à craindre une dégradation qu’à tabler sur une embellie (26%). Par ailleurs, la confiance dans la Bourse demeure élevée. 35% des sondés estiment que le rally boursier va se poursuivre dans les trois prochains mois, tandis que 26% à peine craignent une baisse des cours des actions.

"À la question de savoir quel actif performera le mieux à l’avenir, les investisseurs belges citent en premier la Bourse."
Peter Vanden Houte
Chef économiste chez ING

"Les pessimistes restent nombreux, reconnaît Peter Vanden Houte, chef économiste chez ING. "Mais ils faut bien reconnaître qu’ils ont tendance à diminuer ces derniers mois. Avant décembre, la baisse des prix du pétrole n’a pas eu beaucoup d’impact sur le moral des investisseurs. Ceux-ci étaient plus préoccupés à l’époque par les mesures gouvernementales visant à réduire le déficit budgétaire. Ce n’est que durant les dernières semaines de 2015, qu’ils ont vraiment réalisé que la baisse des prix des produits pétroliers allait leur donner du pouvoir d’achat supplémentaire".

L’enquête nous indique que les Belges ne considèrent plus la Bourse comme étant bon marché. "Mais à la question portant sur l’actif qui performera le mieux à l’avenir, les investisseurs citent quand même en premier lieu la Bourse, où les sociétés cotées profiteront aussi de la baisse du prix du pétrole", observe le chef économiste. On peut encore ajouter à cela le lancement possible d’une politique d’assouplissement monétaire qu’annoncerait la BCE jeudi, pour justifier la confiance élevée dans les actions. "Même si la conjoncture ne se reprend pas encore, on a le sentiment que cela finira par y contribuer".

Le Sud plus vert?

En marge de l’enquête mensuelle ING a cherché à évaluer les dispositions des Belges à investir dans des fonds liés aux énergies renouvelables. Il ressort que les francophones sont plus réceptifs que les néerlandophones à ce type de fonds. 19% des francophones disent déjà en détenir contre 16% pour les néerlandophones. Si 38% des francophones affirment qu’ils n’envisagent pas d’investir dans de tels fonds, ce taux monte à 42% au nord du pays.

"C’est étonnant, dans la mesure où les néerlandophones sont plus investis en actions que les francophones. Et qu’ils sont donc censés être plus actifs dans ce type de produit. Probablement que cela tient au fait qu’en Flandre, il y a relativement plus de panneaux solaires par habitant qu’ailleurs dans le pays, et qu’ils n’éprouvent donc plus le besoin d’investir dans ce produit", dit encore Peter Vanden Houte.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés