"Le rendement du Bund à 10 ans devrait se situer à 1,18%"

Bernard Keppenne, Chief Economist chez CBC Banque. ©Photo News

Mais la politique monétaire menée par la Banque centrale européenne l'en empêche, estiment les stratégistes de KBC et de CBC Banque. Ceux-ci restent favorables aux actions à long terme. Mais attendent tout de même une "petite correction" sur lers marchés boursiers à court terme.

Jusqu’à présent, l’année 2015 n’a pas été un grand cru sur le plan économique. Mais après un passage à vide au premier trimestre en raison d’un hiver rigoureux, la croissance devrait se remettre aux Etats-Unis au cours des trois autres trimestres de l’année. " Des créations d’emploi qui resteront à des niveaux élevés, couplées à une croissance salariale et une baisse du taux d’épargne peuvent y contribuer ", pronostique Koen De Leus, chef économiste auprès de KBC. Il table sur une croissance moyenne de 2,6% aux Etats-Unis pour l’ensemble de 2015.

De ce côté-ci de l’Atlantique, la croissance moyenne devrait s’établir à 1,6%, avec l’Allemagne comme moteur. Ce rythme n’est pas aussi élevé qu’aux Etats-Unis. " Il représente toutefois un doublement par rapport à l’an passé " fait remarquer Koen De Leus, qui attribue à la faiblesse des taux et au recul de l’euro l’essentiel de cette performance.
Alors que les efforts d’économies des gouvernements ont baissé en intensité, et que la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) favorise des conditions de crédit favorables, l’économiste anticipe un redémarrage prochain des investissements des entreprises.

En Chine, épingle encore Koen De Leus, la croissance émet des signes d’essoufflement. " Mais sans qu’il soit pour autant question d’atterrissage forcé ", s’empresse-t-il de préciser.

Le 10 ans allemand à 1,18% " en principe "

La chute des prix pétroliers en 2014 a réduit à peu de choses les pressions inflationnistes dans les économies mondiales. Mais leur remontée de près de 50% depuis janvier les ramène progressivement au-devant de l’actualité. Ce qui permet de justifier le rebond du rendement obligataire allemand à 10 ans de 0,06% à 0,6% en quelques semaines. " Une stabilisation du prix du pétrole devrait entre autres assurer le maintien de ce rendement aux niveaux actuels ", prévoit Bernard Keppenne, chef économiste auprès de CBC Banque.

A court terme, les prévisionnistes de KBC pensent que le prix du baril de Brent restera collé à ses niveaux d’aujourd’hui (65 USD), avant d’afficher un prix moyen de 73 USD l’an prochain et de 75 USD en 2017.

Si l’on compare l’historique de 3 indicateurs européens et américains, à savoir les taux obligataires, l’inflation, ainsi que celui de certaines statistiques économiques, Bernard Keppenne fait observer que le rendement du Bund à 10 ans devrait en principe se situer à 1,18% aujourd'hui. " Ce n’est pas le cas. Car les interventions de la BCE maintiennent les taux de la zone euro vraiment bas, de même qu'ils poussent l’euro vers le bas ", explique Keppenne, qui n’écarte pas du coup la possibilité d’assister dans ce contexte au retour de la parité entre l’euro et le dollar d’ici la fin de cette année. " Et il semble acquis, ajoute-t-il, que la BCE ira jusqu’au bout de son programme de rachats d’actifs financiers (septembre 2016), tandis que la Fed américaine n’attendra pas que l’inflation soit là pour relever ses taux directeurs : elle anticipera son retour en relevant ses taux une première fois en septembre". Pour l’heure, l’euro tourne aux alentours de 1,1 dollar.

En relevant ses taux, la Fed de son côté s’offre en même temps une arme au cas où la reprise économique devait s’essouffler aux Etats-Unis".

L'OLO à 4% d'ici fin 2019

La BCE pourrait rester active au-delà de septembre 2016. Au cas où l’inflation resterait absente. Ce n’est cependant pas vraiment le scénario privilégié des prévisionnistes de KBC, qui voient le rendement de l’obligation  belge à 10 ans remonter d’ici la fin de la fin de la décennie. " Le taux des obligations d’Etat belge se normalisera progressivement à 4% pour les titres à 10 ans à l’horizon 2019 ", anticipe Dirk Thiels, responsable de la stratégie d’investissement chez KBC Asset Management. " Et une normalisation des taux rendra les obligations très vulnérables ", dit-il, rappelant qu’après 30 années de baisse des taux, l’âge d’or pour l’investisseur obligataire a vraiment pris fin.

"Petite correction" atendue à court terme sur les actions

Dans ce contexte, " les actions recèlent un potentiel nettement plus grand ", souligne David Willems, stratégiste sénior de CBC Banque. "Mais,  prévient-il d’emblée,  les risques à court terme se sont parallèlement intensifiés ".
Les valorisations ont fortement augmenté. " Les Bourses ont fait en 2 mois ce qu’e l’on attend sur deux ans ". Et la croissance mondiale est hésitante. A cela, s’ajoute encore le fait que la croissance des bénéfices affiche des signes d’essoufflement aux Etats-Unis. 

" Les risques sont plus nombreux et peuvent donner lieu à de la volatilité sur les Bourses. Nous restons favorables aux actions pour le long terme. Mais nous attendons une petite correction à court terme. Dans cette perspective, nous sommes légèrement sous-pondérés en actions et augmentons de 15% la part dévolue aux liquidités dans un portefeuille, tandis que nous sommes fortement sous-pondérés en obligations", affirme David Willems.

Les actions que ce stratégiste privilégie sont celles du secteur des biens de consommation, comme les automobiles et les produits de luxe notamment. De même celles au rendement élevé, c’est-à-dire des titres de sociétés qui offrent un rendement sur dividende un peu supérieur à la moyenne de la Bourse et qui sont en mesure de les maintenir à ces niveaux élevés. " Ces actions constituent une bonne alternative aux obligations ", conclut David Willems.

 

 

 

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