Les 10 actions sur lesquelles miser en 2016

©BELGA

Selon les experts, la société gantoise de biotechnologie Ablynx devrait briller en 2016. Euronav et Delhaize viennent compléter le tiercé gagnant de l’année prochaine.

L’enquête annuelle de "L’Echo" sur les actions favorites des analystes fête ses vingt ans! Chaque année, nous demandons à des équipes d’analystes belges quelles sont leurs actions préférées pour les six mois à venir. Le top 10 que vous découvrez ici est le résultat de la compilation des prévisions de 16 équipes.

Les investisseurs qui, fin de l’année dernière, ont acheté un panier d’actions reprenant les dix actions belges préférées pour 2015, ont bénéficié d’un rendement de 19,3%, en ce compris les dividendes nets. Un investissement dans un fonds indiciel calqué sur le Bel 20 affiche un rendement de 11,7%. Ceux qui ont misé sur le trio de tête obtiennent un rendement de 36%, avec Ablynx (+53%) comme action phare. Sur les dix actions préférées, une seule affiche un rendement négatif: Solvay. Le groupe chimique réalise une partie de son chiffre d’affaires dans les secteurs du pétrole et du gaz mis sous pression cette année et l’acquisition de la firme américaine Cytec a été perçue comme très chère.

La sélection d’actions étrangères affiche de moins bons résultats. La moitié des actions terminent l’année dans le rouge. L’action préférée Volkswagen se retrouve dans les abysses (-28%); nous ne pouvions évidemment pas demander aux analystes d’anticiper la fraude…. Le choix d’ArcelorMittal (-58%) est également malheureux. Le géant sidérurgique est une des principales victimes de la débâcle du secteur des matières premières et du ralentissement de l’économie chinoise. Syngenta (+31%) est la société qui s’en sort le mieux, grâce notamment à la force du franc suisse.

Comme c’est désormais la tradition, les professionnels privilégient des actions d’horizons très différents, allant des sociétés de biotechnologie aux valeurs industrielles, en passant par les institutions financières. Malgré tout, on retrouve un dénominateur commun: très souvent, il s’agit d’entreprises qui sont prêtes à franchir un pas décisif dans leur développement, qu’il s’agisse d’une acquisition importante, d’une nouvelle stratégie, ou de nouveaux résultats de recherche susceptibles de propulser leur cours de Bourse vers des sommets.

1. Ablynx

Au cours de ces vingt années d’enquête, nous avons rarement rencontré une action faisant une telle unanimité. Le groupe gantois de biotechnologie a obtenu deux fois plus de points que le numéro deux de la liste. Pourtant, le cours d’Ablynx a déjà augmenté de 55% cette année. Mais il semble que la fête soit loin d’être finie.

"2016 devrait être une année riche en nouvelles, estime BNP Paribas Fortis. Au cours des prochains mois, les investisseurs pourront prendre connaissance des résultats d’une étude sur l’efficacité d’un médicament contre le virus RSV (Respiratory Syncytial Virus), un médicament contre les rhumatismes et le lupus, ainsi que d’un produit destiné au traitement d’une maladie sanguine rare, la TTP (purpura thrombotique thrombocytopénique). Par ailleurs, nous pensons qu’Ablynx dispose encore d’un beau potentiel de hausse grâce à sa collaboration avec Merck dans le cadre d’un projet permettant aux patients de lutter contre le cancer en faisant appel à leur propre système immunitaire."

Cette large gamme de nouveaux produits permet de réduire les risques par rapport à d’autres sociétés de biotechnologie, soulignent les analystes de Société Générale Private Banking. Une forte position de trésorerie – plus de 260 millions d’euros – et le soutien financier de différents partenaires permettent à Ablynx d’autofinancer plusieurs projets, ajoute la banque. "Nous trouvons l’action digne d’intérêt. Les futures annonces pourraient donner un nouveau coup de pouce au cours de Bourse."

La banque privée Puilaetco Dewaay place également Ablynx tout en haut du classement, même si elle émet certaines réserves. "Cela peut être très rentable d’investir dans la biotechnologie, avec comme corollaire un niveau de risque élevé."

©Patrick dhaeyere

2. Euronav

La première action du classement de l’an dernier a perdu du terrain après la vente inattendue d’un gros paquet d’actions par Peter Livanos, le magnat du transport maritime. Les investisseurs ont commencé à spéculer sur un différend entre Livanos et l’actionnaire principal d’Euronav, la famille Saverys. Cette dernière a rapidement démenti l’existence de tout "problème" et insisté sur le fait qu’elle restait actionnaire.

D’ailleurs, l’incident ne semble pas influencer les analystes que nous avons consultés. Ces derniers voient Euronav surtout profiter de la baisse du prix du pétrole. "La production record de pétrole provoque une forte demande de services de transport, souligne Dierckx Leys. Une partie de la capacité d’Euronav est dédiée au stockage, secteur dans lequel les tarifs sont à leur plus haut niveau depuis 2008."

Combinés au prix plancher du pétrole, ces tarifs permettent à Euronav d’atteindre plus rapidement son seuil de rentabilité avec ses navires, souligne la Banque Nagelmackers. "La hausse du dollar et la récente introduction d’Euronav en Bourse de New York constituent d’autres points positifs."

Tous ceux qui sélectionnent Euronav parmi leurs favoris mentionnent également que le groupe pourrait, au cours des prochaines années, devenir une valeur par excellence sur le plan du rendement du dividende. Euronav a promis de distribuer au moins 80% de son bénéfice net à ses actionnaires. "Les trois prochaines années, les dividendes devraient être attrayants", se réjouit l’équipe de Test-Achats Invest.

3. Solvay

Cette année, en 152 ans d’histoire, le groupe chimique a lancé sa première augmentation de capital pour financer la reprise de la firme américaine Cytec. Suite à cette opération, prévue de longue date, l’action Solvay a perdu du terrain. L’Investisseur estime qu’il s’agit de "reculer pour mieux sauter".

"L’arrivée de Cytec dans le groupe devrait réduire la cyclicité de Solvay. Et avec Rhodia, Solvay a démontré sa capacité à intégrer les acquisitions de manière rentable. L’action est moins chère que les autres entreprises du secteur, et après l’augmentation de capital, le bilan de l’entreprise restera solide. Par ailleurs, le dividende est plus qu’acceptable et n’a jamais été réduit depuis trente ans."

Le gestionnaire de patrimoine Value Square est positif à propos de Solvay, mais conseille de ne pas investir directement dans le groupe chimique. Value Square lui préfère Solvac, qu’il place tout en haut de sa liste. Il s’agit du holding faîtier de Solvay, dont le seul actif est composé de 30,2% du capital de Solvay. "Au cours actuel de Solvay, la valeur intrinsèque de Solvac est actuellement de 114,30 euros, explique Value Square. Or, d’après nos calculs, la valeur intrinsèque de l’action se situe en réalité à 138,30 euros. Solvac présente donc une décote de quelque 28% par rapport au cours actuel."

4. Delhaize

2016 sera l’année de la vérité pour Delhaize: la fusion avec son confrère néerlandais Ahold est désormais acquise. "Cette fusion donnera naissance à un groupe de distribution fortement exposé au marché américain, et donc au dollar, analyse la société de Bourse Leleux. Les synergies et les réductions de coûts devraient avoir un impact positif sur les résultats. D’autres fusions et acquisitions sont moins probables, étant donné que l’entreprise distribuera vraisemblablement un généreux dividende. Par ailleurs, le futur groupe devrait bénéficier d’une trésorerie solide."

Tant les analystes de KBC Securities que de BNP Paribas Fortis soulignent que Delhaize présente une valorisation attrayante. "Nous croyons que l’entreprise se montre prudente dans son évaluation des possibilités de synergies, explique-t-on chez KBC Securities. De plus, Delhaize affiche encore une décote par rapport au prix proposé par Ahold. Le momentum reste important, à la fois pour Delhaize et Ahold, suite à diverses initiatives prises au sein des deux entreprises. Une autre raison qui explique cette valorisation attrayante, c’est que le marché ne prend pas en compte l’ensemble des synergies."

"En effet, le cours actuel ne tient pas suffisamment compte des 500 millions d’euros de synergies dont devrait bénéficier le nouveau groupe entre 2017 et 2019, ajoute BNP Paribas Fortis. Actuellement, le cours de Delhaize reflète essentiellement la bonne santé du dollar. Nous pensons que le billet vert devrait continuer à monter, et que le cours de Delhaize devrait fluctuer autour de 100 euros dans les douze prochains mois. Nous trouvons cette évaluation conservatrice et nous envisageons d’augmenter notre objectif de cours à 108 euros."

5. Umicore

L’entreprise de matériaux de haute technologie a eu la vie dure ces dernières années. Un environnement économique incertain, et surtout la chute du prix des matières premières, ont pesé fortement sur le cours d’Umicore. Mais 2016 devrait être une année charnière.

Tant Leleux que l’Initié de la Bourse estiment que le marché des matières premières a atteint un niveau plancher et qu’une reprise est en vue. "Un des thèmes de l’an prochain est le retour des métaux précieux", estime Initié de la Bourse. Ce serait évidemment une bonne nouvelle pour la division spécialisée d’Umicore, qui recycle les appareils électroniques pour en extraire l’or, l’argent, le platine et d’autres métaux précieux. Pour Test-Achats, Umicore est à la veille d’une période de forte croissance des bénéfices. "Nous pensons que les investisseurs ont réagi de manière exagérée au ralentissement de l’économie chinoise. L’ambition du groupe de doubler son bénéfice d’exploitation d’ici 2020 nous semble trop conservatrice."

À 17,7 fois le bénéfice attendu pour 2015, l’action Umicore n’est pourtant pas la moins chère du Bel 20. "Mais les estimations de forte hausse du résultat d’exploitation justifient cette valorisation", réagit l’équipe de Degroof Petercam. La société de Bourse voit Umicore surtout comme une manière de miser sur trois tendances à long terme. "Avec la reprise du marché automobile et le renforcement des réglementations en matière d’émissions de gaz d’échappement, nous nous attendons à une hausse sensible du chiffre d’affaires et du bénéfice de la division qui fabrique des catalyseurs pour l’automobile", argumente Degroof Petercam. "Avec la raréfaction des métaux précieux, la branche de recyclage d’Umicore va gagner en importance. Le groupe enregistre par ailleurs des marges particulièrement élevées. La troisième et dernière activité, c’est la production de matériaux destinés aux électrodes des batteries rechargeables, utilisées entre autres dans les smartphones et tablettes. À l’avenir, Umicore fournira également des éléments pour les batteries des voitures électriques."

6. EVS

La société spécialisée en serveurs vidéo se retrouve régulièrement sur la liste des actions préférées. Au cours des dernières années, elle n’a cependant pas été à la hauteur de ce statut. "Depuis l’été 2015, le carnet de commandes se remplit à nouveau, constate Initié de la Bourse. Cela permet à l’entreprise d’augmenter ses objectifs de chiffre d’affaires annuel malgré la faiblesse du premier semestre."

Pour BNP Paribas Fortis, "EVS a atteint son plancher. La politique de réduction des coûts commence à porter ses fruits, et l’an prochain, les ventes devraient être soutenues par de grands événements sportifs comme la Coupe d’Europe de football et les Jeux Olympiques. Par ailleurs, EVS est intéressante comme cible potentielle d’une reprise."

7. UCB

Un choix étonnant, car le groupe pharmaceutique belge cote aujourd’hui tout juste en-dessous de son record historique de 84,84 euros, qu’elle a atteint au début de ce mois. Mais la qualité a un prix, estiment les analystes qui ont voté pour cette entreprise. "L’action cote aujourd’hui à 31,8 fois le bénéfice attendu pour 2016, et c’est beaucoup, reconnaît Société Générale Private Banking. Mais il faut tenir compte de la valeur du pipe-line de nouveaux produits."

"Avec son traitement de l’ostéoporose chez les femmes ménopausées, UCB dispose d’un blockbuster potentiel, estime Candriam. UCB possède aussi un important trio de médicaments qui devraient encore connaître de belles années de croissance: le Cimzia (traitement de l’arthrite rhumatoïde), le Vimpat (médicament anti-épileptique), et le Neupro (traitement de la maladie de Parkinson). Le chiffre d’affaires de ces produits devrait sensiblement augmenter dans les années à venir. En 2017, UCB ambitionne également d’augmenter ses marges sur fonds de roulement, ce qui devrait également soutenir le cours de l’action."

Banque Delen estime que Tubize, le holding faîtier coté qui chapeaute UCB, recèle un potentiel plus important. "L’action du holding affiche une décote de 40% par rapport à la valeur réelle de son portefeuille, qui ne comprend que sa participation dans UCB. Les importants achats récents d’actions UCB constituent un signal fort de sa confiance dans le potentiel haussier du groupe pharmaceutique."

8. KBC

Ce n’est pas l’action la moins chère de la Bourse de Bruxelles. "Mais KBC est une des banques les plus solides d’Europe, réagit Puilaetco Dewaay. Elle dispose d’un modèle opérationnel très performant, d’une réserve de capitaux plus que confortable, et d’une solide position sur ses marchés domestiques que sont la Belgique et la République tchèque."

Fin novembre, l’action KBC a bénéficié d’un coup de pouce supplémentaire lorsque la banque a annoncé son intention de rembourser avant la fin de l’année une "part importante" de l’aide qu’elle avait reçue du gouvernement flamand. Pour les analystes qui ont repris KBC sur leur liste d’actions préférées, cela signifie une chose: lorsque la banque sera libérée du soutien des autorités flamandes, elle aura les mains libres pour distribuer plus de cash à ses actionnaires. "Nous pouvons donc anticiper le retour de beaux dividendes", confirment les analystes. "À terme, nous nous attendons à ce que KBC soit en mesure de distribuer un dividende de 3 euros par action", conclut Degroof Petercam. Vendredi, KBC a annoncé le remboursement de la dernière tranche d’aides publiques avant la fin de l’année (lire en page 3).

9. Ontex

"Ce groupe implanté en Flandre orientale fabrique des couches pour bébés, des produits d’hygiène féminine jetables et des couches destinées à l’incontinence adulte, explique Candriam. Dans tous ces segments, Ontex peut profiter de tendances démographiques porteuses, comme le vieillissement de la population, d’une hausse de ses parts de marché dans les pays occidentaux, et d’un renforcement de sa position sur les marchés émergents." Grâce à une récente acquisition au Mexique, Ontex a désormais accès à l’Amérique latine et aux États-Unis.

"Pour les années à venir, nous prévoyons une hausse moyenne du chiffre d’affaires de l’ordre de 5%, pronostique Degroof Petercam. Avec les économies d’échelle, cela pourrait se traduire par une nouvelle croissance du bénéfice. Pour 2016, nous prévoyons un impact limité du prix des matières premières."

10. Sofina

"Beau palmarès pour le holding de la famille Boël, commente Dierickx Leys. Ces dix dernières années, Sofina a affiché des résultats comparables aux principaux indices boursiers européens. Des signes nous font penser que ce pourrait être bientôt la fin de cette période bénie.

Le holding met de plus en plus l’accent sur les entreprises de croissance, les pays émergents et les activités de private equity. Cela offre sans doute des perspectives à plus long terme. La décote de plus de 30% de l’action par rapport à la valeur intrinsèque de son portefeuille, nous semble injustifiée."

"N’oublions pas l’historique de Sofina en matière de dividende, ajoute Value Square. Depuis 1956, ce dernier a augmenté sans discontinuer."

Presque dans le top 10

Barco, le groupe spécialisé en imagerie, n’a pas réussi à atteindre le top 10 pour 2016. "La faible valorisation permet d’espérer une reprise de l’action, explique L’Investisseur. La présence d’un actionnaire relativement nouveau, qui achète régulièrement des actions, peut être encourageante. Après une période d’hibernation de près de trois ans, l’action pourrait se réveiller en 2016."

Autre candidate malheureuse: l’action Bekaert. "Le marché sous-estime les marges que l’entreprise pourra afficher au second semestre, suite à la prise en compte de dépenses exceptionnelles antérieures qui, par définition, ne se présenteront plus, explique ING. De plus, Bekaert pourra encore profiter – du moins temporairement – des bas prix des matières premières."

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés