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analyse

Les actions belges les mieux positionnées pour le second semestre

La saison des annonces de résultats de sociétés arrive à son terme à Bruxelles. Il peut être intéressant de décortiquer les propos tenus par leurs dirigeants sur le futur de leurs affaires.

C’est la rentrée. Les vacances font partie du passé pour la plupart d’entre nous. Les inconditionnels de la Bourse vont, à n’en pas douter, repartir à la chasse aux actions sur les marchés. Et cette année, ça tombe bien. L’été a été quelque peu chaotique en Europe. Au début de la semaine, les principaux indices avaient pratiquement effacé tous leurs gains accumulés depuis le début de cette année.

La Bourse de Bruxelles n’a pas échappé à ce retour en arrière. Les pertes subies par son indice All Shares Return depuis son point le plus élevé de l’année atteint le 16 mai, accusait mardi passé un repli de 7%.

"Le deuxième semestre de 2017 s’annonce prometteur."
Carlos Brito
CEO d'ab InBev

Justifié, ce recul? Oui et non à la fois. Oui, parce que la hausse de l’euro face au dollar, qui s’est accélérée depuis le mois de mai, a fait craindre que les bénéfices des entreprises soient mis sous pression dans les mois à venir. Non, car les résultats enregistrés au premier semestre, et que viennent de publier les sociétés cotées à Bruxelles, sont de bonne facture. À ce jour, 18 sociétés de l’indice Bel 20 ont publié leurs chiffres. Ensemble, elles totalisent des profits en hausse de 46% par rapport à la période correspondante de 2016. Ceux-ci frôlent pour la première fois depuis 2015 la barre des 10 milliards d’euros. 11 sociétés avaient fait part d’une baisse de leur profitabilité l’an dernier. Cette fois, il n’y en a aucune!

De toute évidence, l’environnement économique est porteur pour les entreprises et devrait, sauf imprévu, le rester. Dans un rapport publié au milieu de la semaine sur les perspectives macroéconomiques mondiales, Moody’s indiquait avoir rehaussé ses prévisions de croissance pour la zone euro. L’agence de notation prévoit désormais une hausse du PIB de 2,1% cette année et de 1,9% en 2018.

"Les perspectives de croissance de l’Ebitda sous-jacent sont relevées à high single digit."
Jean-Pierre Clamadieu
CEO de Solvay

Que disent les patrons pour le second semestre?

Les tenants du "non" pourraient donc l’emporter. D’autant que l’euro qui était monté jusqu’à 1,207 dollar mardi, donne depuis de sérieux signes de faiblesse. La monnaie européenne est revenue à la veille de ce week-end sous 1,19 dollar. Les marchés respirent. On peut penser que, si cette situation devait se jouer aux prolongations, les investisseurs en actions en profiteraient pour débusquer des opportunités d’investissements pour la seconde partie de l’année.

Comment opérer une sélection d’actions? Les moyens sont évidemment multiples. La saison des annonces de résultats de sociétés pour le premier semestre est proche de son terme. Cela peut être justement l’occasion de se concentrer sur ce que les patrons d’entreprises racontent sur l’évolution de leurs affaires pour la seconde partie de l’année. À travers les propos qu’ils ont tenus, on pourrait déceler les actions qui compteront parmi celles qui satisferont leurs détenteurs d’ici la fin de cette année. Les investisseurs futés auront à coup sûr pensé procéder de la sorte.

"Barco est bien placé pour une hausse des ventes et de la marge Ebitda au second semestre par rapport au premier."
Jan De Witte
CEO deBarco

Les optimistes et les autres

Le sentiment général qui ressort des perspectives communiquées par les dirigeants d’entreprises, c’est la confiance dans l’évolution de leurs affaires au cours des prochains mois. À l’instar de celui de Hans Stols, CEO de Fagron, qui a dit "rester optimiste pour l’ensemble de 2017". Ou de Marc Grynberg, CEO d’Umicore, qui entrevoit que "la croissance des affaires devrait se poursuivre au second semestre de 2007 dans toutes ses divisions. Umicore s’attend à ce que son Rebit annuel se situe dans le haut de la fourchette annoncée précédemment de 370 à 400 millions d’euros".

La plupart des patrons d’entreprises confirment les prévisions qu’ils avaient émises il y a quelques mois. John Porter, pour qui "Telenet est toujours sur les rails pour réaliser les prévisions pour 2017", Jean-Edouard Carbonnelle qui réitère sa prévision "d’un résultat net des activités clés de 6,49 euros par action" pour la société immobilière Cofinimmo qu’il dirige, Matthew Taylor de chez Bekaert qui croit toujours possible "d’atteindre une marge opérationnelle de 10% dans les prochaines années", sont quelques-uns de ceux-là. Dans ce registre, on peut encore ajouter des noms comme Thierry Janssen de chez Realdolmen, Charles Bouaziz de chez Ontex, ou Jean-Louis Bouchard aux commandes d’Econocom qui confirme "son objectif de croissance organique de plus de 5% et une croissance à 2 chiffres du résultat opérationnel courant". Même topo chez Barco qui table sur "une amélioration de son Ebitda par rapport à celui du premier semestre". Sans doute trouverons-nous dans ce registre les actions de l’une ou l’autre des sociétés qui performeront bien d’ici Noël.

"Nous confirmons notre objectif d’une croissance à deux chiffres du résultat opérationnel."
Jean-Louis Bouchard
CEO d'Econocom

Celles qui pourraient encore avoir plus de chances de bien se comporter sont celles dont les CEO se sont risqués à rehausser leurs prévisions. Quelques dirigeants se sont prêtés à ce jeu. Parmi eux, Jean-Pierre Clamadieu qui dirige Solvay a "relevé ses perspectives de croissance de l’Ebitda (excédent brut d’exploitation) sous-jacent à ‘high single digit’" contre plus ou moins 5% précédemment.

Chez UCB aussi, le CEO Jean-Christophe Tellier a revu à la hausse ses perspectives. "Le chiffre d’affaires devrait progresser jusqu’à 4,35 4,45 milliards d’euros" contre 4,25 – 4,35 milliards jusqu’ici, et "le bénéfice de base par action à 3,70 4,15 euros" contre 3,70 – 4 euros. Autre dirigeante à avoir affiné à la hausse ses estimations pour 2007, Françoise Chombar, de chez Melexis, ambitionne notamment d’atteindre une croissance des ventes comprises entre 11 et 15%. Sans donner de chiffres, Carlos Brito indique que "le 2e semestre de l’année s’annonce prometteur" pour AB InBev.

De leur côté, Dominique Leroy pour Proximus et Koen Van Gerven pour bpost ont confirmé que leurs résultats resteront proches de ceux réalisés en 2016. Les actions de ces deux opérateurs ne feront fort probablement pas des étincelles en Bourse dans les prochains mois. Celles dont les sociétés ont abaissé leurs perspectives pour la seconde partie de l’année, à l’instar d’EVS et de Tessenderlo, risquent fort de rester à la traîne. Tout comme celles qui, à l’instar de Roularta, avouent manquer de visibilité.

"La croissance des affaires devrait se poursuivre dans la seconde partie de l’année dans toutes les divisions."
Marc Grynberg
CEO d'Umicore

Devises, matières premières

Bien sûr, les seuls propos des responsables d’entreprises ne suffisent pas toujours pour réussir une sélection d’actions. Il y a lieu de tenir compte de certains éléments comme l’évolution des devises internationales et des prix des matières premières. Plusieurs sociétés n’ont pas manqué de souligner ces points lors de la publication de leurs résultats. Chez Ontex, Charles Bouaziz s’attend à ce que "les changes restent volatils dans la deuxième partie de l’année et à ce que les prix des principales matières que le groupe utilise continueront à évoluer en sens divers". Sioen aussi s’est plaint de la hausse des prix des matières premières et cherche "à la compenser".

La livre turque compte pour 30% dans les affaires de Deceuninck. Sa chute de 30% face à l’euro ces 12 derniers mois pèse sur ses résultats. Chez Bekaert, les variations de change ont eu par contre un impact positif de 36 millions d’euros sur le chiffre d’affaires consolidé. Chez Solvay, elles ont contribué pour 1,9% à la croissance du chiffre d’affaires.

Une baisse du dollar par rapport à l’euro affecte d’ordinaire l’orientation des actions telles qu’AB InBev, Ahold Delhaize qui réalise 50% de ses ventes aux Etats-Unis, UCB 48% et Barco 37%, pour ne citer que ces noms. L’inverse favorise leur évolution en Bourse.

"La fourchette du bénéfice de base par action est relevée de 3,70 4 euros à 3,70 -4,15 euros."
Jean-Christophe Tellier
CEO d'UCB

Rachats d’actions

Autre élément qui peut exercer un impact sur les cours des actions, c’est le rachat d’actions opéré par les sociétés. Ageas, Ackermans & van Haaren, Ahold Delhaize, Colruyt et Umicore sont quelques-unes des entreprises à racheter en Bourse leurs propres actions. Elles conduisent, en cas de leur annulation définitive, à une amélioration des ratios financiers des actions.

"Au cours des six dernières années, nous avons procédé au rachat de l’équivalent de 22% des actions en circulation, conduisant ainsi à une augmentation de 28% notre résultat et dividende par actions", indique Bart de Smet, CEO d’Ageas.

Enfin, et ce n’est pas négligeable non plus, les moyens financiers dont disposent les sociétés ne sont pas à négliger. À fin juin, Barco disposait d’une trésorerie nette de 203 millions d’euros. Cette cagnotte qui correspond au cinquième de sa valeur en Bourse (1 milliard), lui permettra d’investir… ou de distribuer un dividende exceptionnel à ses actionnaires.

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