Les assureurs ne veulent pas prendre davantage de risques

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La majorité des assureurs interrogés dans le cadre de l’enquête annuelle de BlackRock ne veulent plus prendre de risques supplémentaires pour la gestion de leur portefeuille.

Le gestionnaire américain BlackRock vient de publier son étude annuelle sur la stratégie d’investissement des compagnies d’assurance, portant sur un échantillon de 300 sociétés (dont 144 européennes) représentant environ 50% du marché mondial.

"Le premier enseignement est que près de la moitié des assureurs (44%) soulignent avoir la même rentabilité qu’il y a cinq ans, déclare Riccardo Stucchi, membre du département European Insurance Asset Management chez BlackRock, preuve que le secteur fait face à des nombreuses pressions. Ils sont pas moins de 64% à déclarer que la réglementation est actuellement la contrainte la plus forte pesant sur le développement de leur activité (contre 46% en 2016). Les assureurs européens ont joué sur plusieurs leviers comme la prise d’un risque plus qualitatif ou une amélioration du ‘product mix’ au profit des produits de branche 23, mais ces éléments ne pourront pas être répétés."

Une grande majorité d’assureurs doit également entamer un processus de baisse des coûts, en renégociant les frais de gestion (ou en utilisant davantage d’ETF), en baissant les coûts de production ou en proposant de nouveaux produits susceptibles d’apporter un meilleur équilibre entre leur actif et leur passif.

Risquer et investir

Le deuxième enseignement est qu’une grande majorité (72%) des assureurs affirme avoir atteint un niveau de risque dont ils sont satisfaits, et seulement 9% se disent prêts à vouloir prendre plus de risque, dans un climat où le risque géopolitique est cité par sept investisseurs sur dix comme étant un facteur d’attention pour 2017. "L’heure est davantage à mieux modéliser les prises de risque dans les portefeuilles. Or, c’est un domaine dans lequel les assureurs ont pris beaucoup de retard après une période de sous-investissement qui a duré des décennies, ce qui devrait favoriser les grands groupes."

Enfin, Riccardo Stucchi souligne qu’une très grande majorité des assureurs cherche à optimaliser leur politique d’investissement. Ils sont notamment 84% à démontrer un appétit pour les actifs réels comme l’immobilier ou l’infrastructure. "Ils se rendent compte que le rendement proposé par le marché obligataire ne leur permettra pas de faire face à leurs engagements futurs." Le private equity et les classes alternatives sont également très recherchés, en dépit de leur coût réglementaire élevé. Enfin, la partie du portefeuille exposée aux liquidités (y compris les obligations d’état) est en forte baisse, avec un recul de 12% en 2016 qui fait suite à une baisse de 33% l’année précédente. "Il faut maintenant investir cette montagne d’argent qui ne rapporte pas grand-chose."

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